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LA FABRIQUE DES CONCEPTS. RECHERCHES SUR L'INVENTION CONCEPTUELLE CHEZ ROUSSEAU.
BERNARDI BRUNO
CHAMPION
80,00 €
Épuisé
EAN :9782745329066
Cet ouvrage tente de renouveler la lecture de Rousseau en interrogeant la façon dont il constitue ses propres thèses. Décrire ce qu'on peut appeler son laboratoire, la fabrique de ses idées, permet de cerner ce qu'est pour lui "raisonner en philosophe" (une attention soutenue est pour cela accordée aux brouillons, qui donnent à voir le travail de la pensée, et à la succession des textes sur une même question, qui en porte les effets). La problématique de l'invention conceptuelle ordonne cette enquête, parce que Rousseau constitue ses orientations essentielles en remaniant, déplaçant, transformant les concepts qu'il reçoit des traditions théoriques auxquelles il entend se confronter, en formant ceux que la constitution de son propre horizon de pensée requiert. Chaque chapitre est ainsi consacré à un concept déterminé. Après avoir souligné la place occupée chez lui par les référents conceptuels scientifiques, particulièrement chimiques, on montre que Rousseau ; usant d'une véritable technique de l'héritage paradoxal, se situe dans une relation d'écart central avec les courants dominants du siècle des Lumières. L'examen circonstancié de l'invention du concept de volonté générale permet de croiser les résultats ainsi obtenus et de caractériser la méthode d'invention de Rousseau. On montre enfin que la réflexion conduite par toute l'oeuvre sur le statut anthropologique, cognitif, politique, de la généralité éclaire la problématique de la volonté générale. Au cours de cette étude, on est conduit à lever la double hypothèque constituée, dans l'historiographie rousseauiste, par la surévaluation des références à Malebranche, en amont, et à Kant, en aval. On souligne enfin en quoi cette mise en lumière des voies suivies par l'invention conceptuelle doit modifier notre compréhension des orientations de pensée de Rousseau.
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) n'a jamais rien fait que par passion. Musicien, philosophe, romancier, pédagogue, ou encore botaniste, il s'engage corps et âme dans une multitude de domaines auxquels il apporte à chaque fois un éclairage nouveau. Avec audace et conviction, il critique une société profondément inégalitaire, livrée aux excès du luxe et de la vanité, peuplée d'hommes constamment aux prises avec leurs passions égoïstes. Porté par une vision optimiste de l'humanité, il rompt avec l'idée commune selon laquelle toutes les passions sont à combattre. Ses prises de position souvent jugées provocatrices suscitent des critiques virulentes dont les échos sont parvenus jusqu'à nous. En réponse à des attaques qui visent l'homme autant que son oeuvre, Rousseau trouve refuge dans l'écriture autobiographique pour se justifier. Auteur de confessions parfois très intimes et du plus illustre roman d'amour du 18e siècle, il est en quête d'une passion amoureuse réciproque qu'il ne connaîtra jamais. Voué à une existence tourmentée, il trouvera cependant dans la musique et la botanique deux passions consolantes. Ce catalogue accompagne l'exposition Rousseau, passionnément, organisée au Musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency pour le tricentenaire de la naissance du philosophe. Il propose de découvrir ou de redécouvrir à travers le prisme des passions, l'oeuvre et le destin exceptionnels de ce citoyen de Genève qui a choisi la France comme seconde patrie. Il réunit, autour des collections présentées, une iconographie très riche et les articles de six spécialistes renommés et passionnés. Il invite à porter un autre regard sut un homme qui n'a cessé d'en appeler à la postérité pour lui rendre justice.
La Profession de foi du vicaire savoyard, que Rousseau a insérée au coeur du livre IV de l'Emile, est le principal texte qui, dans l'ensemble de son oeuvre, aborde la question de Dieu et de la religion. Elle fut aussi capable de dresser contre elle la quasi-totalité de ce que l'époque comptait de penseurs et d'hommes d'Eglise : d'Holbach à Voltaire, en passant par l'archevêque de Paris et les ministres réformés de Genéve, tous se scandalisèrent de cette Profession de foi qui valut à l'Emile d'être interdit. Critiquant les religions révélées et refusant toute autorité aux Eglises, Rousseau en appelle à la religion naturelle, croyance raisonnable et raisonnée que chacun peut découvrir dans l'intimité de son coeur.
Troeltsch Ernst ; Guénard Florent ; Bernardi Bruno
Le numéro s'ouvre par la traduction et la présentation, dues à A. Berlan, d'un texte d'Ernst Troeltsch datant de 1913 et intitulé "Le XIXe siècle". Ce texte conceptualise pour la première fois une catégorie alors courante en Allemagne, celle de Kulturkritik : prenant acte de l'accélération de la révolution industrielle en Allemagne et des transformations socioculturelles qu'impliquait cette dernière, la "critique culturelle" ne présentait pas une critique sociale cherchant à dénoncer l'oppression dont souffrait un prolétariat grandissant, mais développait une réflexion plus générale sur l'aliénation et la déshumanisation qui semblaient menacer l'humanité moderne. Il est tentant de penser que pour Tocqueville, l'amour de l'égalité qui anime les citoyens dans les démocraties dégénère en envie générale qui les pousse à préférer, aux plus petites différences dans la liberté, l'égalité uniforme dans la servitude. Or, si l'on s'attache à comprendre la nature de l'individualisme américain et les dispositions à la sympathie qui en découlent, on parvient à la conclusion inverse. Ainsi, mettant en évidence le rôle des passions démocratiques chez l'auteur, F. Guénard montre, dans "Désir d'égalité et envie", que l'amour de l'égalité est régulé par le désir de communauté et la sociabilité spécifique qu'il engendre. Dans "Guerre, État, état de guerre", B. Bernardi analyse la lecture faite par Cari Schmitt de Rousseau. S'il crédite Rousseau d'avoir formulé le principe du jus publicum europaeum - selon lequel la guerre est une relation interétatique -, Schmitt met en question la manière dont il le légitime. L'auteur tente de cerner ce que Schmitt ne peut lire chez Rousseau, et montre que les conceptions rousseauistes de l'appropriation et de la propriété, de la souveraineté et de l'obligation, de la guerre et de l'état de guerre, s'opposent point par point au concept schmittien du nomos de la terre, ainsi qu'aux positions de Locke - ce qui modifie la lecture communément admise de ces auteurs.Vu l'énergie considérable vouée au traitement des paradoxes logicomathématiques et sémantiques, on s'est souvent demandé pourquoi les logiciens n'aimaient pas les contradictions, pour répondre en général qu'une contradiction invalide la théorie au sein de laquelle elle surgit, vu qu'ex falso quodlibet sequitur. L'idée de la paraconsistance consiste à rejeter ce principe, et à admettre que l'on doit pouvoir poser à la fois A et non-A sans être contraint d'en déduire n'importe quelle proposition. Pour justifier un tel rejet, différentes stratégies sont possibles, qui vont d'une réforme de la notion de conséquence logique à l'affirmation que, dans certains cas, A et non-A sont vrais simultanément. Dans "La logique du paradoxe", G. Priest défend et formalise cette position, dont F. Rivenc présente une critique dans son introduction au texte.