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L'impatience des langues
Bensussan Gérard ; Cohen-Levinas Danielle
HERMANN
43,75 €
Épuisé
EAN :9782705668181
Extrait Des pensées échappées Danielle Cohen-Levinas : Nous n'avons pas commencé ce livre par le début. La question du commencement ne nous a pas effleuré. Jusqu'au jour où nous nous sommes dit qu'il fallait bien que le livre s'ouvre sur un commencement. Question légitime lorsque l'écriture d'un livre s'achève et que sa genèse nous apparaît plus explicite. Alors je fais un effort de mémoire. Un espacement temporel fait que ce livre n'a pas commencé par un commencement, un «il était une fois» si tu préfères, parce que, si je me souviens bien, il s'est présenté d'emblée à nous comme le prolongement d'un entretien que nous avons réalisé autour de ton livre, Marx le sortant. Chemin faisant, une ligne de pensée s'est détachée, une brèche déjà ouverte dans la langue de Marx, ou plus précisément, dans ses langues et dans la manière dont tu les fais résonner au travers d'autres philosophèmes. Cette ligne de pensée a fait ressurgir leur puissance de protestation contre l'historicité acquise et les savoirs qui en scellent le destin. Le refus de l'histoire et d'une vision synthétique du monde représente un des aspects récurrents de notre projet. D'où l'importance fédératrice accordée à l'idiome «langue» et «langage», le lieu où se signifie et se constitue l'existence et l'expérience. Les noms de Rosenzweig, Benjamin, Levinas, Derrida se sont agglutinés à celui de Marx, comme transportés d'un seul tenant dans le présent immédiat de notre réflexion, devenant le passage à une langue qui se déborde elle-même, à une incessante Sprache qui s'accomplit au moment même où elle se retire pour céder la place à une parole vivante (das Sprechen) ; comme si tu nous renvoyais à une spectralité antérieure, déjà contenue dans cette antériorité. Une infinition de langues dans une infinition de temps, inséparable d'une sensibilité politique. Une infinition de langues dans une infinition de temps, inséparable d'une sensibilité politique. Idée que le messianisme, en son incessant commencement et recommencement, n'épuise ni le sens de l'histoire ni celui des langues. Et puis, une brèche s'est ouverte qui ne pouvait en rien constituer un début, dans la mesure où, avec le tuilage des langues philosophiques, le temps historique est rompu, sa puissance diachronique précède toute tentative de synthèse. Il me semble que c'est là, à cet endroit précis où la question du temps accroît la défaillance d'une langue métaphysique saturée de totalisation, qu'a émergé de notre plume l'idiome messianique. Ce dernier parle une langue qui ne répond plus à une trajectoire horizontale venant à son terme, mais une langue disruptive, au-delà de l'histoire. Certes, et nous en avons parlé dans cet entretien, tu n'abordes pas explicitement dans Marx le sortant l'horizon messianique qui affleure à la surface et dans les plis des langues de Marx. Cet idiome absent ourdit malgré tout, non seulement ta démonstration et ce que tu entends par Ausgang (sortie), mais également et avant tout la manière dont la philosophie prospective de Marx tente de se déprendre de la fatalité du présent, en affirmant que l'homme est capable de penser un horizon futur qui concerne la collectivité humaine dans son essence. Il y va d'une utopie messianique qui éveille l'homme à la conscience de sa propre faim et au souffle contestataire et révolutionnaire du desiderium grâce auquel il s'arrache à elle, ainsi qu'à la crainte et à l'idolâtrie de l'histoire et du passé.
Le livre retrace une trajectoire qui va de la doxa, qu'il convient de réhabiliter, à la transaction, qui sanctionne cette réhabilitation. Cette trajectoire se confond avec l'exposition philosophique de la question de la démocratie, laquelle ne va pas de soi. Le sens commun est adresse et partage. Il demande à la philosophie de faire accueil à ce qui l'excède, ce commun qu'on savait sans le savoir. La transaction, elle, décrit opérativement les fonctions de médiation entre des figures sociales, politiques, symboliques en conflit. Elle invente des formations de compromis avec le réel, lesquelles s'affirment et s'éclipsent en même temps ou successivement. La transaction est à la fois dans l'objet transactionnel lui-même, un accord, une convention, voire une institution, aléatoires et provisoires, et dans l'action que porte en elle la transaction, interminable.
Résumé : " Autour de 1800, la philosophie a résolu la tâche qu'elle s'était elle-même proposée, connaître par la pensée la totalité. En se comprenant elle-même dans l'histoire de la philosophie, il ne lui reste plus rien à comprendre. Parvenue au but, elle se structure en un système idéaliste unidimensionnel. Si de ce sommet un pas de plus doit s'accomplir sans entraîner la chute dans l'abîme, il faut déplacer les fondements, il faut qu'un autre concept de la philosophie vienne au jour ", écrit Rosenzweig dans son maître-livre, l'Etoile de la Rédemption. C'est cet " autre concept de la philosophie " que circonscrit le présent ouvrage, c'est de ce " déplacement des fondations " qu'il examine les conséquences. Il ne s'agit pas seulement pour Rosenzweig de critiquer l'ancienne métaphysique, mais aussi de questionner ses substituts modernes, l'histoire, la société, la politique, en travaillant à les réinscrire dans la temporalité, le langage et l'existence.
Que serait la modernité sans Hegel ? Rien. Mais comment alors sortir de son système ? Ses critiques seraient-ils hégéliens sans le savoir ? Ou inaugurent-ils un autre mode de pensée ? Un livre en deux versants, avant et après, en miroir par l'un des meilleurs connaisseurs des philosophies modernes et contemporaines. En quoi ce livre sur Hegel est-il original ? En ce qu'il fait usage de deux images : la nuit et le miroir, à partir de Hegel lui-même, pour en lire de façon inédite la philosophie et, en particulier, mieux saisir la naissance de l'Esprit : car dans la nuit la plus noire un miroir, à force de réfléchir le néant, suscite incompréhensiblement une lumière. Le secret de Hegel est ici : le spéculatif à venir est un mode de pensée qui questionne l'émergence de la lumière à partir de ce qui ne devrait pas l'autoriser, la nuit. Si, dans sa seconde partie, le livre propose une lecture historique de l'après-Hegel, soit des façons de sortir de Hegel : Schelling, Marx, Nietzsche, Rosenzweig, dans sa partie principale : les miroirs dans la nuit du négatif, et leur nocturne conspiration spéculative, il lit la philosophie de l'Esprit de Hegel comme une histoire faustienne, comme on lirait un roman, un texte littéraire, ou une longue épopée poétique. Cette façon d'approcher et de comprendre une philosophie en son style propre bouleverse nos habitudes herméneutiques et nos modes académiques.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Une brève histoire de la philosophie : De sa naissance en Grèce antique aux mouvements de pensée postmodernes, en passant par le courant de l'humanisme ou celui des Lumières. Les grands débats de la philosophie, avec 50 grandes questions : Les classiques : l'homme est-il un loup pour l'homme ? En quoi le langage est-il spécifiquement humain ? L'Etat est-il l'ennemi de la liberté ? Les actuelles : l'embryon est-il une personne ? Y a-t-il un devoir de mémoire ? Peut-on dire qu'une civilisation est supérieure à une autre ? Faut-il protéger ou respecter la nature ? La morale a-t-elle sa place dans l'économie ? Un dictionnaire des auteurs et des concepts : Plus de 700 entrées consacrées aux philosophes, de Hannah Arendt à Ludwig Wittgenstein, et aux notions philosophiques majeures, d'absolu à vivant.
Résumé : Ce n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres constituant le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la vie nue (1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : Etat d'exception (2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (2015), Le Sacrement du langage (2009), Le Règne et la Gloire (2008), Opus Dei (2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, 2011, L'Usage des corps, 2015).
Résumé : Des écoles grecques à la philosophie contemporaine, plongez dans un monde réputé difficile et qui n'aura bientôt plus aucun secret pour vous ! Grâce à la Philosophie pour ceux qui ont tout oublié, partez à la découverte du savoir de façon simple, accessible et amusante. Laissez-vous conter la vie et l'oeuvre de près de 100 philosophes, de Socrate à Adorno, en passant par Platon, Pascal, Montaigne, Rousseau, Kant, Nietzsche, Freud, Sartre, Ricoeur, Baudrillard, et bien d'autres encore ! Abandonnez vos idées reçues, vivez et voyez les choses sous un angle inattendu grâce à plus de 30 concepts qui vous aideront à comprendre et à construire des problématiques. L'art obéit-il à des règles précises ou ne relève-t-il que de l'inspiration et du génie ? Le bonheur est-il seulement possible ? Puis-je avoir conscience de moi sans avoir conscience de l'autre ? Comment concilier l'autorité de l'Etat et la liberté des individus ? Peut-on être responsable sans être libre ni conscient ? La politique est-elle un art ou une science ? Les animaux ont-ils des droits ? Enrichi d'anecdotes, d'encadrés insolites, de citations mémorables et de dessins humoristiques, ce livre permet à tous de s'initier à la philosophie, de l'Antiquité à nos jours.