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Revue d'histoire de la Shoah N° 200, Mars 2014 : "Et la terre ne trembla pas". La Shoah dans les liv
Bensoussan Georges ; Hazan Katy ; Kichelewski Audr
CALMANN-LEVY
28,05 €
Épuisé
EAN :9782916966090
Les Livres du souvenir ne sont pas le fruit de la seule catastrophe même si, à l'évidence, ils sont portés par elle. Inscrit dans une longue tradition juive, le nom de Livre du souvenir (yizker buch en yiddish) fut forgé après la Seconde Guerre mondiale, accolant le mot hébreu Yzkor, le souvenir (mais aussi l'intitulé de la prière à la mémoire des morts), et le mot allemand Buch, livre. Dans le monde ashkénaze, ces Livres de la mémoire (memorbuecher) commémoraient les victimes des pogroms, présentées comme ayant péri pour la sanctification du nom (Kiddouch Hashem). Le processus de modernisation qui va faire de la judéité une religion seule va voir le Livre de la mémoire devenir le Livre du souvenir, plus axé sur un souci historien. Il ne s'agit plus seulement d'inscrire sous forme de liste les noms des victimes du pogrom, de décrire le déroulement de ce massacre, mais aussi de raconter le passé de la communauté et ce que sont devenus, plus tard, ses habitants. Les Livres du souvenir nés du génocide s'inscrivent dans cette lignée. Ils reprennent les noms des victimes dont l'immense majorité n'a pas eu de sépulture. À l'origine du Livre, des commissions d'histoire mises en place en 1944-1946 dans les camps de personnes déplacées (en Allemagne et en Autriche), mais aussi en Pologne et dans les territoires soviétiques libérés. C'est à partir de ce travail d'enquête où la parole fut donnée à tous que l'on a commencé à prendre conscience de l'ampleur du massacre. C'est aussi à des initiatives individuelles et à des associations, en diaspora (aux États-Unis surtout) et en Israël que l'on doit ces livres, rédigés en yiddish ou en hébreu. Tous sont construits sur un même schéma ternaire (l'avant/l'extermination/l'après) et chaque témoin fait revivre les aspects et personnages de la vie d'avant-guerre. Pour la seule Pologne, on compterait 540 Livres du souvenir, sans oublier ceux des communautés juives de Tchécoslovaquie, des Pays baltes, de Yougoslavie, de Roumanie, de Hongrie, d'Union soviétique et d'Allemagne. Au-delà du besoin de se souvenir, le but du Yizkerbuch est de casser la culpabilité du survivant. Et de laisser une trace écrite aux enfants et aux petits-enfants. En ce sens, ce sont davantage des tombeaux que des livres. Ils manifestent un acte de piété mémorielle et de piété filiale vis-à-vis des disparus que l'énoncé du nom fait entrer dans l'éternité parce que c'est par leur nom seul qu'ils existent. De là, ce Mémorial de papier puisque la mémoire ne peut plus s'inscrire dans un lieu. Un acte de combat aussi contre la volonté d'anéantissement de l'existence juive. Sauver, non pas seulement du néant de la mémoire, mais du néant tout court puisqu'il n'y eut aucun rite funéraire d'inhumation. Ces Livres du souvenir disent en creux l'immensité de la perte.
Entre 1939 et 1945, l'Allemagne nazie, secondée par de nombreuses complicités, a assassiné entre 5 et 6 millions de Juifs européens dans le silence quasi complet du monde. Le temps lui a manqué pour détruire le peuple juif tout entier, comme elle l'avait décidé. Telle est la réalité brute du génocide juif, en hébreu : shoah. La décision de " faire disparaître " le peuple juif de la terre signait la spécificité d'une entreprise, unique à ce jour, de modifier la configuration même de l'humanité. En ce sens, depuis Auschwitz, au-delà du seul peuple juif, notre statut même d'être humain est en question.
En une centaine de cartes et d'infographies, cet atlas inédit retrace l'histoire de l'une des plus grandes tragédies du XXe siècle, la Shoah. - Les racines intellectuelles du génocide : le rôle joué par la diffusion de l'antisémitisme et du darwinisme racial en Europe au XIXe siècle. - Une approche géographique originale qui met en évidence la concentration spatiale des centres de mise à mort, les accélérations, la concomitance et la coordination des phases du génocide, et qui souligne ainsi son caractère planifié. - Une analyse à différentes échelles : du théâtre mondial à l'épicentre européen, des politiques d'Etat aux trajectoires individuelles. La cartographie permet une appréhension plus globale de cet événement historique sans précédent. Elle invite à interroger autrement ses origines, sa chronologie, son déploiement géographique et ses conséquences démographiques.
Résumé : Lors d'une émission de radio en 2015, l'historien Georges Bensoussan eut le malheur de dénoncer la recrudescence d'un antisémitisme arabo-musulman en France. Il citait un sociologue et s'appuyait surtout sur ses nombreuses enquêtes de terrain. Qu'avait-il donc fait ! Il fut aussitôt attaqué en justice par plusieurs associations anti-racistes, lâchement soutenues par le Ministère public, l'accusant, lui qui a dédié sa vie professionnelle à la mémoire de la Shoah, de racisme. Identifier l'antisémitisme d'extrême-droite est une nécessité mais lorsque la haine du Juif émane d'individus issus de l'immigration musulmane, serait-ce interdit ? Ce procès, le fait même qu'il ait eu lieu, en dit long sur notre société. Sur les passions policières qui animent certains, sur le contrôle de plus en plus étroit de la liberté d'expression et sur la puissance du courant islamiste qui traverse le pays. La frilosité de quelques institutionnels de la communauté juive et plus encore la mise à l'écart dont fut ensuite victime Georges Bensoussan doivent aussi interroger. Il fallait faire taire cet homme puisqu'il faisait s'effondrer les certitudes qui rassurent, celles qui ménagent l'ordre établi et la position des "puissants". Qu'est devenu ce pays, le nôtre, où celui qui dénonce le mal doit être condamné et où, à force de vouloir à tout prix cacher le danger qui menace les Juifs, élites et médias s'aveuglent volontairement sur le péril qui guette la nation tout entière ?
L'histoire du XXe siècle, c'est-à-dire celle d'un grand désastre qui s'est manifesté par deux grands effondrements meurtriers d'une ampleur inédite et massive, la Grande Guerre, puis la Shoah reste inintelligible si elle est déroulée comme une chaîne d'événements et de faits. Pourquoi est-il advenu que soit formulé cet ordre : « Tuez les tous » ? La réponse échappe. Notre présent est tissé en filigrane des mythes sécularisés et laïcisés qui ont fait la vie psychique des peuples dont nous sommes issus. Nier cette partie immergée au profit de la seule raison émergée, c'est se condamner à demeurer muet face aux événements traumatiques du siècle dernier. Il nous faut désapprendre le monde pour nous pénétrer de vérités enfouies qui parlent en nous à notre insu. Après la Seconde Guerre mondiale, l'accent mis exclusivement sur l'antijudaïsme a contribué à brouiller les logiques de l'extermination. Les pratiques d'« euthanasie », l'élaboration des concepts de « vie sans valeur de vie » ou d' « existence-fardeau » (ballastexistenzen) furent laissées de côté. Les massacres ethnocidaires perpétrés en Afrique avant 1914, comme l'eugénisme négatif déclaré ou sous-jacent de l'Europe d'avant 1939, semblaient n'avoir jamais eu de réalité. Les crimes de masse du XXe siècle obligent à tenter d'établir une généalogie du désastre, une exploration des soubassements culturels et politiques de l'Occident au risque, sinon, de mettre en scène un passé déréalisé parce que demeuré déconnecté du terreau qui l'a rendu possible. La guerre donna libre cours à ces pulsions archaïques, elle mit en lumière un stupéfiant décalage entre la normalité pacifiée et le déchaînement de la violence.
En démocratie, savoir est un droit fondamental. Normalement. Mais quand le sujet devient trop sensible, quand il touche à des intérêts protégés, il constitue un problème. C'est, souvent, l'assurance pour le journaliste de s'attirer des ennuis : menaces, surveillances, censure qui ne dit pas son nom. Pire, informer devient parfois un délit. Nous ne pouvons nous y résoudre. Vingt journalistes d'investigation français ont décidé de faire cause commune pour raconter dans un livre choral les dessous de leurs enquêtes interdites. Comment ils sont suivis et écoutés. Comment les pressions économiques s'exercent sur eux. Comment le droit est régulièrement contourné pour criminaliser le journalisme, entre secret défense et secret des affaires. Comment leurs sources sont traquées ou menacés. Comment le harcèlement judiciaire est organisé par de puissantes multinationales. Oui, la France est une démocratie. Non, on n'y meurt pas d'être journaliste. Ce n'est pas une raison pour accepter les nouvelles censures qui affectent insidieusement les principes de liberté d'informer et de transparence, ingrédients indispensable d'une République vivante et fière d'elle-même. Ce livre est un livre de journalistes pour des citoyens éclairés.
Le judaïsme libéral trouve-t-il une place légitime au sein du judaïsme? La tradition juive est-elle, par essence, immuable ou est-elle évolutive? Comment le judaïsme libéral comprend-il et interprète-t-il les textes de la tradition? Où trouve-t-il ses racines? Dans quelle mesure les lois ont-elles été influencées par l'Histoire? Un homme, une femme peuvent-ils s'identifier et se référer à une tradition ancestrale et la vivre aujourd'hui? En répondant à soixante-dix questions, Pauline Bebe présente les principes du judaïsme libéral, retrace son histoire, ses origines et ses perspectives, traite des questions de responsabilité et de commandements, de l'égalité des droits et des devoirs entre hommes et femmes, et enfin des rites et des pratiques du judaïsme libéral.
Début du xxe siècle, dans le pays nantais. A l'ombre des arbres centenaires du parc du château de Malavielle, Cécile grandit entourée de femmes : sa grand-mère, qui tient les rênes du domaine, sa mère, une douce bourgeoise effacée, sa grande soeur, qui se destine à la vie monacale. Protégée, trop peut-être, la jeune fille a tout pour être heureuse, jusqu'au jour où elle se décide à poser des questions sur les hommes de la famille. De son père, on lui dit qu'il est mort dans un incendie à Paris, de son grand-père, qu'il était inconséquent et qu'il aurait disparu après avoir honteusement ruiné Malavielle. Mais Cécile ne trouve aucune photo, aucune trace tangible de leur existence. Quand elle s'entête, sa grand-mère l'expédie dans un internat accueillant la jeunesse dorée nantaise, où elle subit quotidiennement rebuffades et humiliations. Révoltée, Cécile fugue et débarque seule à Paris, bien décidée à éclaircir le mystère de ses origines. Avec sensibilité et réalisme, Eric Le Nabour brosse le portrait bouleversant d'une jeune femme forte et fragile aux prises avec sa famille pour conquérir son droit au bonheur.
Il n'est pas facile de parler de Shoah. Il y a de la magie dans ce film, et la magie ne peut pas s'expliquer. Nous avons lu, après la guerre, des quantités de témoignages sur les ghettos, sur les camps d'extermination ; nous étions bouleversés. Mais, en voyant aujourd'hui l'extraordinaire film de Claude Lanzmann, nous nous apercevons que nous n'avons rien su. Malgré toutes nos connaissances, l'affreuse expérience restait à distance de nous. Pour la première fois, nous la vivons dans notre tête, dans notre coeur, notre chair. Elle devient la nôtre. Ni fiction ni documentaire, Shoah réussit cette re-création du passé avec une étonnante économie de moyens : des lieux, des voix, des visages. Le grand art de Claude Lanzmann est de faire parler les lieux, de les ressusciter à travers les voix, et, par-delà les mots, d'exprimer l'indicible par des visages. [...]. La construction de Claude Lanzmann n'obéit pas à un ordre chronologique, je dirais - si on peut employer ce mot à propos d'un tel sujet - que c'est une construction poétique.Jamais je n'aurais imaginé une pareille alliance de l'horreur et de la beauté. Certes, l'une ne sert pas à masquer l'autre, il ne s'agit pas d'esthétisme : au contraire, elle la met en lumière avec tant d'invention et de rigueur que nous avons conscience de contempler une grande oeuvre. Un pur chef-d'oeuvre.
Harding Thomas ; Taudière Isabelle D. ; Peckre Clé
Résumé : A partir de documents d'archives, l'auteur retrace les existences de Rudolf Hoss, commandant du camp d'Auschwitz, et d'Hanns Alexander, un Juif allemand, qui se croisent lorsque ce dernier s'engage dans une traque des criminels de guerre nazis.
Résumé : "Pendant longtemps, pour se souvenir des nombreux enfants qui n'ont pas pu grandir, il n'y avait rien. Rien pour dire qu'ils avaient été tués parce que nés juifs, ni même pour dire qu'ils avaient vécu, qu'ils avaient ri, joué et pleuré... Comme s'ils n'avaient jamais été là". Rachel Jedinak a survécu à la première rafle du Vél'd'Hiv, en juillet 1942. Ses voisins, ses cousines ou ses camarades de classes, eux, n'ont pas eu sa chance. Après s'être battue pendant des années pour faire apposer, dans les écoles, collèges et lycées, des plaques aux noms de ces élèves oubliés, elle leur rend ici un dernier hommage. Dans ce récit, tendre et délicat, elle raconte les parties interminables d'osselets sur les trottoirs, puis les camarades de classe qu'on regarde jouer dans le jardin public où l'on n'a plus le droit d'entrer. Et enfin, les traques, les rafles, les petits qui hurlent de chaud dans la Bellevilloise puis la fuite. Rachel Jedinak nous dit finalement la guerre de la plus universelle des langues : celle des enfants.
« À présent que les témoins sont morts, victimes comme bourreaux, il reste le souvenir de leurs mots et de leurs visages, les monuments et les livres. J'ai voulu tisser les fils de la grande histoire avec ceux de la petite, jusqu'à ce que jaillisse un tableau d'antan, avec ses parts d'ombre et de lumière, ses vies écrasées par la mégalomanie des hommes ; celles de Lydia et Karl Schwarz qui eurent la malchance de naître à l'orée d'un siècle maudit. » Découvrant les arrangements de son grand-père allemand avec le régime nazi, Géraldine Schwarz met au jour la responsabilité des Mitläufer dans une dictature : ceux, si nombreux, qui « marchent avec le courant ». Suivant sa famille sur trois générations, elle retrace le travail de mémoire mené en Allemagne, qui fait la force de sa démocratie. En le comparant aux lacunes mémorielles en France et ailleurs en Europe, elle soulève une question cruciale : faire des citoyens des victimes de l'Histoire au lieu de les responsabiliser n'a-t-il pas ouvert la voie au populisme et fragilisé nos démocraties?Notes Biographiques : Géraldine Schwarz est une journaliste franco-allemande vivant à Berlin. Ancienne correspondante de l'AFP, elle collabore entre autres avec Le Monde, Arte et une émission politique de la télévision allemande Deutsche Welle. Elle enquête depuis quelques années dans les archives des services secrets allemands BND et a réalisé plusieurs documentaires pour France Télévisions.