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Fragments mécréants. Sur les mythes identitaires et la république imaginaire
Bensaïd Daniel
NOUVELLES LIGNE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782355261794
La nécessité de ce livre est plus grande encore que lors de sa première édition, en 2005. D'autant plus grande que la "croyance" s'accroît partout et qu'elle a pris depuis un tour de plus en plus violent. Ces Fragments mécréants dessinent des lignes de résistance qui ne cèdent pas à la niaiserie du retour au giron de l'Eglise, de la mosquée ou de la yeshiva. Ce travail de déniaisement suppose une relance et un approfondissement de la mécréance, un corps à corps profane avec nos fétiches cachés, une critique implacable de la tentation de croire. Homme de doute opposé à l'homme de foi, le mécréant parie sur les incertitudes du siècle, sans les rassurantes rigueurs de la règle. Il met une énergie absolue au service des certitudes relatives. C'est aussi son dilemme. Résister, lutter, ne pas céder à la lassitude ou à la résignation. Brosser l'histoire à rebrousse-poil, inlassablement.
Résumé : Un mal hante l'époque : la manie compulsive de juger. Tout le monde semble vouloir juger tout le monde, comme si cette escalade judiciaire était de nature à pallier l'obscurcissement de la politique et l'affaissement du civisme. Pourtant, qu'il s'agisse des grands procès pour crime contre l'humanité ou de l'expérience des tribunaux pénaux internationaux, le jugement sonne faux. Sa justice manque de justesse. Des événements récents à fort retentissement médiatique permettent de prendre la mesure du problème. L'affaire Pinochet : à quelles conditions l'humanité peut-elle devenir source de droit et comment juger les dictateurs ? Les procès pour crime contre l'humanité : quel usage en faire, quand sa définition évolue tant ? Le procès Papon : comment, cinquante ans après, démêler les faits, distinguer les responsabilités individuelles de celles de l'Etat ? La table ronde des historiens organisée par le journal Libération pour soumettre à l'examen les accusations de Gérard Chauvy contre Lucie et Raymond Aubrac : peut-on éviter que l'expertise historique dégénère en instruction ? Ce malaise n'est pas seulement celui du droit, il est tout autant celui de l'histoire : plutôt que d'accepter la fragile incertitude du jugement humain, la tentation reste forte en effet d'en appeler à de vieux fétiches majuscules, l'Histoire ou l'Humanité, de glisser du jugement historique toujours en appel au tribunal définitif de l'Histoire. Contre cette tentation, je me suis efforcé tout au long de ce livre de définir les conditions politiques d'un juste exercice du jugement en matière historique, où mémoire, deuil et oubli contribuent chacun à sa façon à l'institution d'une société consciente et responsable. D. B.
De la guerre du Golfe à celle des Balkans, apparaît un nouveau discours de la guerre que dénonce ici Daniel Bensaïd. L?intervention militaire au Kosovo a été saluée comme un événement fondateur: La victoire de l?Humanité sans frontières. Une grande première donc, la « guerre éthique » désintéressée! Une histoire à dormir debout! Pour l?auteur, cette guerre qui refuse de dire son nom se présente comme une simple descente policière de maintien de l?ordre mondial. Le droit est-il désormais soluble dans la morale? Les souverainetés politiques dans la souveraineté éthique? Sous prétexte du «droit du plus faible», c?est en réalité la morale du plus fort qui prend le relais du droit du plus fort. Un discours aux relents de guerre sainte.
En 1842, Karl Marx publie une série d'articles concernant les débats à la Diète rhénane à propos du vol de bois. Droit de propriété, liberté de la presse, rapport du délit à la peine : tels sont les enjeux de ces articles. L'essor du capitalisme entraînait alors un déplacement de la ligne de partage entre le droit coutumier des pauvres (glanage ou ramassage du bois mort) et le droit de plus en plus envahissant des propriétaires. Deux ans plus tôt, le fameux pamphlet de Proudhon Qu'est-ce que la propriété? avait fait scandale en s'en prenant aux justifications libérales de l'appropriation privée. Plus d'un siècle et demi plus tard, les controverses en cours sur le brevetage du vivant, la propriété intellectuelle, le droit opposable au logement, etc., donnent aux questions théoriques et juridiques soulevées à l'époque une troublante actualité. A partir d'une lecture des articles de Marx, Daniel Bensaïd revient sur les sources philosophiques du débat pour en dégager les enjeux actuels. Aujourd'hui comme hier, les dépossédés se soulèvent contre la privatisation du monde et la logique glaciale du calcul égoïste. . . Daniel Bensaïd enseigne la philosophie à l'université Paris VIII Saint-Denis. Il a récemment publié à La Fabrique une présentation de Sur la Question juive, de Karl Marx.
Deux philosophes que tout semble opposer (l'âge, l'histoire, l'engagement) dialoguent. Raymond Aron vient de faire paraître Les Etapes de la pensée sociologique. C'est sur ce livre que devait porter l'entretien radiophonique diffusé le 8 mai 1967. Or c'est au contraire autour de l'ouvrage que vient de publier Michel Foucault, Les Mots et les Choses, que s'organise une conversation où les points d'accord apparaissent plus nombreux que l'on n'aurait pu le penser d'abord. Transcription inédite, suivie d'une analyse de Jean-François Bert. . . Jean-François Bert est sociologue. Ses principaux travaux portent sur l'histoire de la sociologie et de l'anthropologie et sur l'édition militante des années 1960 et 1970.
Entre nous, ce n'est pas parce qu'un président est élu que, pour des gens d'expérience comme nous, il se passe quelque chose. J'en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s'il s'est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s'agit dans le registre de la pure succession électorale. [...] On s'expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pose alors que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer, quand même ! Donc, ce qui vous déprime, c'est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur. Alain Badiou . . Ecrivain, philosophe, professeur de philosophie à l'Ecole Normale Supérieure, Alain Badiou a récemment publié Logique des mondes (Le Seuil, 2006). Le présent volume est le quatrième de la série Circonstances , dans la collection Lignes.
Le présent volume présente l'inventaire, composé et commenté par Félix Guattari, des soixante-cinq rêves présents dans le Journal et les correspondances de Kafka, ainsi que de plusieurs textes rares ou inédits sur l'oeuvre de celui-ci. Ultérieurs à la publication (avec Gilles Deleuze) de Kafka. Pour une littérature mineure (Éditions de Minuit, 1975), ils témoignent de la passion inchangée de Félix Guattari pour l'une des oeuvres majeures du XXe siècle.