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La fin de l'exotisme. Essais d'anthropologie critique
Bensa Alban
ANACHARSIS
21,00 €
Épuisé
EAN :9782914777247
L'anthropologie se laisse souvent bercer par le rêve exotique. En projetant ses présupposés théoriques sur un Autre fantasmé, elle procède à une magnifique fossilisation du temps, de la parole, des cultures et finalement des personnes. Dans cette série d'essais, remaniés et rassemblés pour la première fois, Alban Bensa interroge ces dérives qui ont pu conduire l'anthropologie à se détourner des réalités sociales pour construire des mondes improbables et fortifier l'utopie primitiviste. Ses critiques très étayées, acerbes ou amusées, prennent source diversement dans son expérience d'enquêtes de terrain en Nouvelle-Calédonie, son engagement politique en faveur des indépendantistes kanak, son travail avec l'architecte Renzo Piano ou ses réflexions sur la muséographie, l'écriture ethnologique et, fil rouge de ce livre, sur la dimension nécessairement historique des rapportssociaux. Il propose ainsi une approche novatrice de la différence, qui décale la notion d'altérité et lie la fin de l'exotisme et de ses drôles de tropiques au retour de l'anthropologie vers le réel.
Résumé : S'il fut jamais un temps où l'ethnographie allait de soi, tel n'est certainement plus le cas aujourd'hui. C'est de celle illusion perdue qu'est née l'idée de ce livre. Non pour regretter une époque qui a surtout existé dans l'imaginaire des anthropologues, ni pour ébaucher une chronique de la mort plusieurs fois annoncée de l'anthropologie. Plutôt pour en saisir les enseignements épistémologiques, éthiques, politiques, et, peut-être aussi, pour s'en réjouir. Car, au fond, qui pourrait douter que ce qui constitue le socle de l'enquête mais aussi de l'expérience ethnographique, à savoir l'immersion dans une altérité volontiers lointaine et souvent exotique, est éminemment problématique ? Fruit d'une réflexion collective conduite à partir de recherches empiriques menées sur trois continents, dans des lieux aussi variés que peuvent l'être un quartier vénitien et un village néocalédonien, un cabinet de psychanalyste et une brigade des moeurs, une zone aéroportuaire d'attente pour des étrangers et un meeting politique de partisans xénophobes, l'ouvrage explore des questions qui se posent de plus en plus aux chercheurs. Comment le genre de l'enquêteur, ses préjugés, ses émotions, ses engagements influent-ils sur la compréhension que l'un peut avoir des sociétés ou des mondes sociaux que l'on étudie ? Comment les attentes, les exigences, les contestations de celles et ceux qui font l'objet de ces enquêtes informent-elles ou, même, transforment-elles le savoir anthropologique et sociologique ? Ce livre plaide ainsi pour une manière réflexive et critique de répondre de sa recherche, dans un contexte où la place des sciences sociales est devenue un enjeu crucial, mais souvent menacé, pour les sociétés contemporaines.
Les écrits d'Alban Bensa rassemblés dans cet ouvrage déploient ses réflexions autour des pratiques et des enjeux de l'anthropologie. Délaissant les grands ensembles théoriques surplombants véhiculés par la pensée routinière, attentif aux mutations des mondes sociaux comme aux acteurs et à leurs paroles, il ne cesse de revenir aux multiples effets des enquêtes de terrain. Les questions de la réciprocité des échanges, de la profondeur des temporalités, de l'apprentissage d'un monde autre et de sa mise en récit le poussent à se pencher plus particulièrement, leitmotiv de ce livre, sur la part subjective, réflexive, dans la production du savoir anthropologique. On retrouvera ici le verbe tonique de l'anthropologue, son humour décapant aussi bien que la pénétration de ses méditations. Qu'il s'agisse de textes à portée épistémologique ou de comptes rendus de lectures, ses écrits sur la fabrique de l'altérité et ses enjeux politiques demeurent un stimulant dont notre époque a grand besoin.
En 1878, les Kanak de Nouvelle-Calédonie, écrasés par la machine coloniale française, se révoltent. La France fait donner la troupe et c'est ainsi que Michel Millet, simple artilleur, se retrouve à pousser, tirer, porter, hisser son pesant canon dans les forêts tropicales. Il consigne dans ses Carnets de campagnes ses marches et contre-marches dans la tourmente de cette Grande insurrection noyée dans le sang. Mais les carnets de Michel Millet sont davantage qu'un simple document. Tout juste alphabétisé, il entre en littérature par effraction. Ignorant toutes les conventions il se fabrique une écriture sans équivalent, qui parvient, à force de volonté, à une puissance évocatrice saisissante. Et ses phrases, en touches impressionnistes, souvent pleines d'humour, peignent une armée française en campagne évoquant comme par inadvertance le Casse-pipe de Céline. La Guerre d'Ataï est encore aujourd'hui dans les mémoires ; la traduction d'un récit contemporain kanak face au texte de Millet révèle, en contrepoint de l'écriture au ras du sol du soldat français, une tout autre mémoire de ces événements.
Capturé en mer au mois de mai 1597 par des corsaires de Malte, Ma?cûncizâde Mustafa Efendi, cadi ottoman de Chypre, passa deux années pleines dans le bagne de La Valette. Il y composa un ouvrage racontant son quotidien, à travers des lettres de suppliques adressées au Sultan de Constantinople ou à des dignitaires ottomans en vue d'obtenir son rachat. L'ouvrage qui en résulte est un témoignage rare sur les nombreux captifs musulmans dans les geôles des grands ports de la Méditerranée chrétienne à l'époque moderne ; il nous renseigne également sur la politique de La Porte vis-à-vis de la captivité de ses sujets en Europe. Fin lettré, Ma?cûncizâde compose en outre une pièce littéraire dont la traduction permet de saisir les saveurs fleuries de l'ottoman, si bien méconnu France.
Résumé : Surgis du fin fond du décor, Lee Lightouch et Pato Conchi, le grand maigre et le petit gros, se rendent à Booming pour raison sentimentale. " Personne ne va à Booming " ; " Prenez un bonbon, je ne crois pas qu'ils en aient " : on les avait pourtant prévenu. Kid Padoon et sa bande font régner la terreur à Booming, le shérif à leur botte, le bordel à leur service, le saloon à leur disposition, le croque-mort aux petits soins. Mais ça n'est encore rien : il y a quelque chose de détraqué à Booming, un truc qui coince, qui débloque, qui recoince et qui vous rend cinglé. Accrochez-vous : Booming est un western quantique qui se joue des balles et du temps qui passe.
Hämäläinen Pekka ; Cotton Frédéric ; White Richard
L'Empire comanche, paru en 2008 aux États-Unis, est devenu un grand classique de la littérature historique. Il montre comment les Comanches instituèrent un empire prédateur fondé sur l'élevage des chevaux, la chasse aux bisons et le pillage, qui inversa radicalement le mouvement de l'expansion européenne en Amérique du Nord ? jusqu'à son effondrement brutal dans les années 1870.En un récit palpitant, Pekka Hämäläinen parvient ainsi à restituer leur place d'acteurs de l'histoire aux peuples autochtones, et invite à repenser l'histoire coloniale grâce à une approche novatrice des dynamiques à l'?uvre dans les mondes frontaliers. En ce sens, L'Empire comanche est plus encore qu'un chapitre inédit de l'histoire universelle.4e de couverture : L'Empire comanche, paru en 2008 aux États-Unis, est devenu un grand classique de la littérature historique. Il montre comment les Comanches instituèrent un empire prédateur fondé sur l'élevage des chevaux, la chasse aux bisons et le pillage, qui inversa radicalement le mouvement de l'expansion européenne en Amérique du Nord ? jusqu'à son effondrement brutal dans les années 1870.En un récit palpitant, Pekka Hämäläinen parvient ainsi à restituer leur place d'acteurs de l'histoire aux peuples autochtones, et invite à repenser l'histoire coloniale grâce à une approche novatrice des dynamiques à l'?uvre dans les mondes frontaliers. En ce sens, L'Empire comanche est plus encore qu'un chapitre inédit de l'histoire universelle.
Sam Kenoi, Apache Chiricahua interrogé dans les années 1930 sur la réserve de Mescalero, se souvient du Geronimo de son enfance. Il n'appréciait guère cet "emmerdeur [...] trouillard comme un coyote". L'épopée du célèbre chef apache s'en trouve écornée, mais c'est aussi le moyen de faire entendre - malgré a dévastation apportée par les Blancs - la voix du peuple chiricahua, qui survécut à une déportation de vingt-cinq ans avant de pouvoir retrouver ses terres ancestrales. Un récit vif, dense et poignant, parcouru d'un humour cabotin - signe de vie. Ce livre, apparenté aux documents tels que les Lettres à sa fille de Calamity Jane, forme un contrepoint aux célèbres Mémoires de Géronimo.