Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les sanglots de l'aigle pêcheur. Nouvelle-Calédonie : la guerre kanak de 1917, avec 1 CD audio
Bensa Alban ; Goromoedo Kacué Yvon ; Muckle Adrian
ANACHARSIS
30,00 €
Épuisé
EAN :9782914777971
En avril 1917, des Kanak du Nord de la Grande Terre se lancent dans une guerre contre les autorités françaises et leurs soutiens locaux. Refusant le recrutement de nouveaux "volontaires" pour aller se battre en Europe et exaspérés par le déni d'existence que leur opposait la colonie, ils luttent douze mois durant, jusqu'à épuisement. Vaincus par les armes, décimés, dispersés et pourtant toujours là, c'est à la parole et à l'écriture qu'ils confièrent le soin de garder mémoire de ce temps. Ce livre met en scène les voix qui, de 1919 à 2011, portent avec elles l'histoire de la Guerre kanak de 1917, son souvenir et son actualité. Liant histoire et anthropologie, articulant récits et épopées versifiées ici publiés en bilingue et commentés, cet ouvrage déploie une polyphonie par laquelle ses auteurs et des écrivains, poètes et narrateurs kanak de jadis et d'aujourd'hui composent ensemble une oeuvre engagée dans la prise de souveraineté intellectuelle des Kanak.
Résumé : En 1774, le capitaine britannique James Cook découvre, dans son exploration du Pacifique, une île paradisiaque, qu'il nomme Nouvelle-Calédonie. Au siècle suivant, la France du Second empire annexe le " Caillou " et noue les fils d'une histoire violente et tragique... Terre natale d'une civilisation kanak longtemps repoussée et méconnue. Terre d'exil de milliers de bagnards devenus colons malgré eux. Terre d'aventure pour les éleveurs, planteurs, ouvriers et autres pionniers du nickel. Le cheminement de ces destins douloureusement entrelacés débouche aujourd'hui sur une originale expérience de décolonisation : l'invitation à construire une " nouvelle citoyenneté ", la préparation d'une transition vers une " souveraineté pleine et entière ". Alban Bensa convoque ethnologie, histoire et politique pour donner à comprendre l'archipel calédonien, ses contradictions et ses mutations.
La nationalité française et les voies de son acquisition constituent en France un enjeu politique majeur depuis une vingtaine d'années. Cet ouvrage cherche à saisir ce que signifie être français "par acquisition">, à partir de l'expérience qu'en ont ceux qui se soumettent à la naturalisation. Il s'agit ici d'articuler des trajectoires d'étrangers devenus français, ou en passe de le devenir, aux cadres historiques de la constitution de l'Etat et de son action, dont le droit est un outil essentiel. A quelles logiques et à quels projets la naturalisation répond-elle ? Que faire du passé, des héritages familiaux, culturels et sociaux ? Comment peut-on être français lorsqu'on ne l'est pas de naissance ? Est-on alors un Français comme les autres ? La naturalisation se mérite : le contrôle de son octroi souligne une interrogation sur le mode d'être français. Ce soupçon inaugural ne fait qu'anticiper la future condition : parce qu'il n'est pas possible de dissimuler tous les signes de l'étranger que l'on fut (la "gueule", le nom ou l'accent), l'interrogation récurrente sur "l'origine" signale un Français extraordinaire. Cette interrogation sur l'origine révèle les effets de distinction que la naturalisation opère entre Français : ceux qui ne sont que français, qu'on dit aussi "de souche" et qui n'auront jamais à justifier leur nationalité, et ceux qui le sont par acquisition, d'une nature irréductiblement singulière. Effet de distinction qui conduit à repenser les frontières de la nation à la lumière de ses impensés et à entrevoir un groupe paradoxal de "nationaux étrangers".
Les écrits d'Alban Bensa rassemblés dans cet ouvrage déploient ses réflexions autour des pratiques et des enjeux de l'anthropologie. Délaissant les grands ensembles théoriques surplombants véhiculés par la pensée routinière, attentif aux mutations des mondes sociaux comme aux acteurs et à leurs paroles, il ne cesse de revenir aux multiples effets des enquêtes de terrain. Les questions de la réciprocité des échanges, de la profondeur des temporalités, de l'apprentissage d'un monde autre et de sa mise en récit le poussent à se pencher plus particulièrement, leitmotiv de ce livre, sur la part subjective, réflexive, dans la production du savoir anthropologique. On retrouvera ici le verbe tonique de l'anthropologue, son humour décapant aussi bien que la pénétration de ses méditations. Qu'il s'agisse de textes à portée épistémologique ou de comptes rendus de lectures, ses écrits sur la fabrique de l'altérité et ses enjeux politiques demeurent un stimulant dont notre époque a grand besoin.
Sam Kenoi, Apache Chiricahua interrogé dans les années 1930 sur la réserve de Mescalero, se souvient du Geronimo de son enfance. Il n'appréciait guère cet "emmerdeur [...] trouillard comme un coyote". L'épopée du célèbre chef apache s'en trouve écornée, mais c'est aussi le moyen de faire entendre - malgré a dévastation apportée par les Blancs - la voix du peuple chiricahua, qui survécut à une déportation de vingt-cinq ans avant de pouvoir retrouver ses terres ancestrales. Un récit vif, dense et poignant, parcouru d'un humour cabotin - signe de vie. Ce livre, apparenté aux documents tels que les Lettres à sa fille de Calamity Jane, forme un contrepoint aux célèbres Mémoires de Géronimo.
White Richard ; Desbarats Catherine ; Cotton Frédé
Immense fresque narrative, l'ouvrage de Richard White a bouleversé la conception que l'on se faisait de l'histoire de l'Amérique du Nord. Il rapporte comment, du XVIIe au début du XIXe siècle, Indiens et Européens établirent les pratiques d'un monde commun, le Middle Ground, fondé sur des accommodements précaires, traversé de conflits et néanmoins mutuellement compréhensible. Mais il raconte aussi comment ce monde partagé a pris fin dès lors que les jeunes Etats-Unis d'Amérique ont refoulé une fois pour toutes les Indiens dans les limbes de l'exotisme, les figeant dans une altérité radicale qui ouvrait la voie à la "Conquête de l'Ouest". Un livre fondateur, palpitant, qui possède le souffle dévastateur des chefs-d'oeuvre de la littérature historique.
Résumé : Nicholas Thomas propose dans ce livre une histoire à la fois accessible et neuve de la colonisation du Pacifique au XIXe siècle - chapitre méconnu de l'histoire mondiale. Plutôt que de mettre en avant la progression implacable des puissances occidentales, il fait le récit des itinéraires croisés de dizaines d'individus sillonnant le grand océan. Cette histoire au ras des flots restitue aux Océaniens de Tahiti, d'Hawaï i, des Fidji ou du Vanuatu leur place d'acteurs parmi les baleiniers, explorateurs, militaires, missionnaires et autres négociants venus conquérir les populations insulaires. A suivre les tribulations des uns et des autres, on découvrira un monde plongé dans la dévastation, riche pourtant de dynamiques qui ont configuré le Pacifique d'aujourd'hui.