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Le bruit du sensible
Benoist Jocelyn
CERF
22,00 €
Épuisé
EAN :9782204101530
Qu'est-ce que la perception ? Par elle, que nous disent les sens du monde, de l'autre et de nous-mêmes ? Rien ! Les sens sont muets. Ils n'ont rien à nous dire ! Telle est la réponse de Jocelyn Benoist. Il est essentiel, pourtant, que nous puissions en parler. Seulement c'est nous qui parlons, non eux. Et si, voulant faire droit à la réalité de notre expérience sensible. nous commencions par renoncer à la traiter d'abord comme un discours ? Le mutisme des sens demeure traversé de bruits. Jocelyn Benoist, envers et contre un certain traitement philosophique de la perception - qui la confond avec la connaissance que nous pouvons en tirer ou le sens que nous pouvons lui donner -, nous invite à écouter en elle le bruissement du sensible. Selon lui, pour rendre celui-ci pleinement audible. il faut congédier ce que la philosophie aujourd'hui appelle le "problème de la perception" et, peut-être, renoncer au concept même de "perception" tel que nous l'héritons de la philosophie moderne, au profit d'une enquête sur la texture réelle et poétique du sensible.
En 1990, s'est tenu a Lyon le premier colloque explicitement consacré à Henri Maldiney. L'idée était de lui donner la parole, mais seulement après avoir entendu quelques-uns de ses anciens étudiants et de ses plus proches amis (Jacques Schotte, André du Bouchet, Roland Kuhn), réunis autour de questions centrales pour chacun d'eux. Encre Marine a publié les meilleures pages provenant de ces journées dans Existence : crise et création. En 2012, Henri Maldiney a eu cent ans. L'Association Internationale Henri Maldiney (AIHM) a réuni un colloque d'une journée à Lyon organisé avec la Faculté de Philosophie de l'Université Jean-Moulin, là où Henri Maldiney a longtemps enseigné (dont les actes sont à paraître) et un autre de deux journées à Paris, rue d'Ulm, là où Henri Maldiney a été étudiant, organisé avec les Archives Husserl. Les contributions ici réunies montrent comment l'oeuvre de Maldiney est aujourd'hui lue à la fois par quelques-uns qui accompagnent son travail depuis longtemps déjà et par de tout nouveaux lecteurs - ce qui témoigne de la diffusion de sa pensée. Certains ont pu dire que, désormais, on peut lire Henri Maldiney "comme un classique". La reprise du texte de Maldiney Existence : crise et création " montre que décidément, même dans le retrait lié au grand âge, Henri Maldiney continue, à travers son oeuvre, d'exercer une singulière présence.
Depuis un siècle, un certain nombre de philosophies, du mouvement phénoménologique au sens doctrinal du terme au pragmatisme et aux tentatives de " phénoménologies linguistiques " développées par un Austin ou un Wittgenstein, ont pu, en des sens différents, caresser l'idée que penser était une expérience - ce qui ne veut pas dire qu'il y ait expérience de la pensée pour elle-même, ce serait une autre question. Jocelyn Benoist essaie ici de tirer toutes les conséquences d'une telle conception expérimentale de la pensée, explorant les voies multiples selon lesquelles celle-ci peut être otage du monde. Il esquisse ainsi une dialectique de l'intentionalité, aux prises avec la délimitation de son contexte : une tâche qui s'avère toujours en définitive interminable, le monde s'y révélant toujours à la fois familier et indifférent. Le sens donné aux choses auxquelles la pensée est, selon cette conception, essentiellement rapportée n'annule en effet jamais complètement le silence constitutif de leur être de choses.
Qu'est-ce qu'un concept? Cette question concerne au premier chef ceux qui ont fait du concept une profession: chercheurs dans les diverses sciences. humaines ou non, et travailleurs intellectuels en général. Plus largement. elle exprime cette curiosité naturelle, non dénuée d'inquiétude, à laquelle toute pensée, commune ou savante, semble exposée et qui nous pousse à souhaiter. sans savoir sans doute exactement ce que nous recherchons par là, une détermination plus exacte de ce que nous entendons par "pensée". Que veut dire pour la pensée que celle-ci, en un certain sens, passe par la mise en oeuvre de ce que nous appelons "concepts"? Quelle est la nature exacte de cette discrimination faite alors entre le conceptuel et le non-conceptuel? Les concepts, étymologiquement, sont censés nous ménager une prise sur quelque chose. Cette chose, est-ce bien la réalité même? Sommes-nous ainsi capables de penser "les choses telles qu'elles sont"? Et, si c'est le cas, à quel prix? Quelles limites faut-il accepter à l'efficacité de nos pensées? Telles sont les questions recouvertes par leur caractérisation en ternies de "concepts". et celles que ce livre, au fil des exemples et mises en situation, s'attache à résoudre.
Il existe une littérature immense en langue française sur Husserl qui rend la pensée de cet auteur accessible au lecteur, même novice. Toutefois, les travaux de recherche se sont surtout focalisés sur le dernier Husserl, ses découvertes et ses apories, peu d'études replacent la première pensée de Husserl, et donc l'invention de la phénoménologie, dans son contexte, sujet de ce livre.