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Origine du drame baroque allemand
Benjamin Walter ; Muller Sybille ; Wohlfarth Irvin
FLAMMARION
12,00 €
Épuisé
EAN :9782081232174
La vie de Walter Benjamin aura été marquée par une sorte d?ironie de l?histoire, des aléas de sa carrière aux circonstances tragiques de sa mort. Ironie parce que les événements historiques ont plus d?une fois joué des tours à ce philosophe qui n?a jamais cessé de les penser dans leur singularité. Dans son Origine du drame baroque allemand qui, malgré son titre, est moins un ouvrage d?esthétique qu?une réflexion sur l?histoire, Benjamin développe en effet une pensée de l?événement, construite contre l?historicisme et l?idée d?un auto-mouvement de l?histoire. Cette philosophie, complexe et parfois vertigineuse, ne saurait être expliquée en quelques lignes. On peut cependant s?attarder sur un point fondamental, qui éclaire, sans l?épuiser, le c?ur de l?ouvrage. Benjamin part d?une distinction entre un art du symbole, qui fonctionne sur un rapport harmonieux entre un ordre divin et un ordre phénoménal, et un art reposant sur des allégories, qui manifeste un éloignement de l?idée. Le propre de l?allégorie d?une vanité, par exemple, est de mettre en évidence le caractère éphémère de la beauté. Les polarités s?y inversent, la nature devient objet, elle se pétrifie, l?allégorie présente au spectateur ?un paysage primitif pétrifié?. Les objets fonctionnent comme des hiéroglyphes, ils ne signifient pas directement l?idée (avec laquelle le lien est perdu), le langage est codé, l?harmonie disparue. La théologie de l?histoire en fait un champ de ruines où ne subsistent que des traces. Pour comprendre la dynamique de ce champ de ruines, il faut comprendre que ce champ n?a de sens que par rapport à une éternité avec laquelle on a perdu le lien. La dialectique de la vanité est donc la suivante : d?un côté on réifie, on pétrifie, de l?autre on accède néanmoins à un sens ; d?un côté on annule un sens, de l?autre on le récupère. Dans cette dialectique de l?ambiguïté, qui est l?essence du drame baroque allemand, il y a un processus de sauvetage des phénomènes. Pour cela, il faut les rassembler au sein d?une idée. Un phénomène n?a de sens que lorsque les phénomènes sont rassemblés, et que l?on peut les raccorder à une idée. Benjamin transpose dans l?histoire le rapport intelligible / sensible de la réminiscence platonicienne : il faut se remémorer le lien intrinsèque qui existe entre le phénomène et l?idée, en recourant à une théorie du langage, qui possède un pouvoir de nomination. Ce raisonnement, qui encore une fois ne peut rendre compte de la richesse du livre, contient pourtant les germes d?une philosophie à venir, une pensée messianique du salut qui par-delà l?histoire et ?la perte de l?aura?, en appelle à l?éveil du lecteur, sommé de se souvenir de l?éternité pour recoller les morceaux d?une histoire éclatée sous peine d?en être expulsé. Vaste programme.--J-Ph.Tessé--
Tous ces écrits appartiennent à la dernière période de la vie de Walter Benjamin: son exil en France, de 1933 jusqu'à son suicide en 1940, quand il ne put obtenir de visa pour passer en Espagne. Ces textes - tantôt des écrits que Benjamin rédigea en français; tantôt des traductions auxquelles il collabora directement comme les cinq fragments d'Enfance berlinoise - dressent précisément une image de la relation riche et complexe que Walter Benjamin entretint avec la langue et la littérature françaises, de Baudelaire à Proust, de Paul Valéry aux surréalistes. Benjamin ayant été conduit à modifier en français l'expression de sa pensée, cet ensemble constitue un complément original aux trois volumes des ?uvres (Folio essais n°s372, 373 et 374). Quatrième de couverture Tous ces écrits appartiennent à la dernière période de la vie de Walter Benjamin: son exil en France, de 1933 jusqu'à son suicide en 1940, quand il ne put obtenir de visa pour passer en Espagne. Ces textes - tantôt des écrits que Benjamin rédigea en français; tantôt des traductions auxquelles il collabora directement comme les cinq fragments d'Enfance berlinoise - dressent précisément une image de la relation riche et complexe que Walter Benjamin entretint avec la langue et la littérature françaises, de Baudelaire à Proust, de Paul Valéry aux surréalistes. Benjamin ayant été conduit à modifier en français l'expression de sa pensée, cet ensemble constitue un complément original aux trois volumes des ?uvres (Folio essais n°372, 373 et 374).
Résumé : Ce volume prend sa place naturelle après Trois pièces radiophoniques déjà parues dans la même collection. Il regroupe en effet les émissions destinées à la jeunesse réalisées par Benjamin avant la mainmise des nazis sur la radio. Que Benjamin ait aussi été un conteur, on le savait déjà. Mais ici, à travers le prisme de l'enfance, et dans la profusion labyrinthique de récits hantés par le merveilleux, c'est le projet d'une pédagogie libre qui s'énonce familièrement, à la façon des devinettes. Tant dans le "je me souviens" berlinois qui ponctue le livre que dans l'évocation d'événements lointains, ces "lumières" pour enfants clignotent pour tous comme le butin enjoué de ce collectionneur d'histoires qu'était Benjamin.
Walter Benjamin (1892-1940), l'un des rares penseurs contemporains qui comptent dans le monde international de la pensée, échappe aux querelles d'écoles, survit aux modes, passe pour une référence obligée. Cette résistance au temps tient à la fois aux qualités littéraires de ses écrits, à sa biographie exceptionnelle - tragiquement représentative du destin de l'intelligentsia judéo-allemande au XXème siècle - et à un sens aigu des enjeux théoriques de l'époque. Ces trois volumes d'Oeuvres, soit devenues inaccessibles au public français depuis presque vingt ans, soit, pour un tiers d'entre elles tout à fait inédites, ont pour ambition de débarrasser Benjamin des mythes qui l'entourent, de le donner à lire, de le faire entendre.
Origine du drame baroque allemand : sous ce titre d'allure érudite, se cache, on le sait, le plus important des ouvrages que Walter Benjamin put mener à terme. Il le publia en 1928, après l'avoir porté plus de dix ans, et après que l'université de Francfort eut refusé de l'accepter comme thèse d'habilitation. Ce n'est pas un livre d'histoire littéraire. C'est un livre qui subvertit la "science littéraire" - après le romantisme et après Nietzsche, mais au nom d'une "autre philosophie à venir" - pour ouvrir à une pensée inédite de la provenance et de la destination de l'art dans le monde moderne.
Par envie de se divertir, Irene Wagner, épouse d'un riche avocat, entretient une liaison avec un musicien, jusqu'au jour où, en sortant de chez son amant, elle est bousculée par une femme qui la reconnaît. Dès lors, Irene vit dans la peur. Victime d'un odieux chantage, elle paie des sommes de plus en plus folles, sans savoir comment expliquer ces dépenses inconsidérées à son mari, et perd tout ce qui fait son existence. Par souci à la fois de modernisation et de fidélité à la version originale, la collection " Pavillons Poche " publie ce chef-d'oeuvre de Stefan Zweig dans une traduction inédite en poche.
Résumé : Aux confins de la nuit, une femme âgée découvre le corps sans vie de son fils. Le sachant condamné par la maladie, elle l'avait invité à venir s'installer chez elle, où elle s'est occupée de lui jusqu'à son dernier souffle. Posant la tête du défunt sur ses genoux, la mère s'adresse à lui une dernière fois et remonte le temps, dans une oraison funèbre déchirante. Tant que l'aube ne point pas, elle demeure auprès du gisant et lève peu à peu le voile sur ce qui jusqu'alors était resté tu. A la fois discours d'adieu à l'être aimé et enquête pointilliste sur les conséquences intimes de certains événements historiques, Au point du jour est un bouleversant portrait de mater dolorosa, dont la subtile gravité donne à voir une facette supplémentaire de l'admirable talent de Hans-Ulrich Treichel.
Résumé : Alors qu'elle travaille à un nouveau livre, Lieve Joris apprend que son frère Fonny est dans le coma après un accident de voiture. Enième épisode du drame familial tissé autour de la trajectoire de cet aîné magnétique et tourmenté qui, par ses égarements et son énergie (auto)destructrice, a toujours occupé une place à part. Mue par le besoin d'écrire ce nouveau bouleversement, peut-être pour conjurer les distances, les tensions, les manquements, l'auteur décide de consigner les conversations, visites et péripéties occasionnées par l'événement, qui mobilise toute la famille ? un véritable grand huit émotionnel. En contrepoint du récit de ce rassemblement au chevet du blessé, elle livre ses souvenirs d'enfance dans la commune flamande de Neerpelt, esquissant les étapes de son itinéraire, amorcé comme une évasion. Et convoque également les histoires que lui a transmises sa grand-mère, notamment le destin de ses oncles missionnaires, figures tutélaires de sa jeunesse. Avec lucidité et courage, Lieve Joris, qui n'a cessé d'arpenter des contrées lointaines pour recueillir et transcrire la parole de l'autre, s'aventure ici sur le territoire de l'intime, portant son regard clair sur son propre cheminement ? un retour sur ses racines après une vie de voyages.
Bernhard Schlink, né en 1944 près de Bielefeld, est juriste. Il est l'auteur de nouvelles et de romans traduits dans le monde entier, et du succès international Le liseur (1996), adapté au cinéma par Stephen Daldry.4e de couverture : L'est de l'empire allemand à la fin du XIXE siècle. Olga est orpheline et vit chez sa grand-mère, dans un village coupé de toute modernité. Herbert est le fils d'un riche industriel et habite la maison de maître. Tandis qu'elle se bat pour devenir enseignante, lui rêve d'aventures et d'exploits pour la patrie. Amis d'enfance, puis amants, ils vivent leur idylle malgré l'opposition de la famille de Herbert et ses voyages lointains. Quand il entreprend une expédition en Arctique, Olga reste toutefois sans nouvelles. La Première Guerre mondiale éclate, puis la Deuxième. À la fin de sa vie, Olga raconte son histoire à un jeune homme qui lui est proche comme un fils. Mais ce n'est que bien plus tard que celui-ci, lui-même âgé, va découvrir la vérité sur cette femme d'apparence si modeste. Bernhard Schlink nous livre le récit tout en sensibilité d'un destin féminin marqué par son temps. À travers les décennies et les continents, il nous entraîne dans les péripéties d'un amour confronté aux rêves de grandeur d'une nation.