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Oeuvres et inédits. Tome 11, Chronique berlinoises / Enfance berlinoise vers mil neuf cent. Pack en
Benjamin Walter ; Métayer Michel ; Lindner Burkhar
KLINCKSIECK
79,00 €
Épuisé
EAN :9782252047439
Les textes publiés dans le présent volume ont été rédigés sur une période de plus de six années. Cette longue durée est due au fait que Benjamin s'est vainement efforcé durant ces années d'obtenir la publication d'Enfance berlinoise en un livre. Dans une lettre à Thankmar von Münchhausen du 14 mai 1933, il écrit : "Je continue de travailler à mon nouveau livre qui, à vrai dire, est déjà terminé, Enfance berlinoise vers mil neuf cent. Les circonstances qui semblent lui refuser un éditeur lui offrent un supplément de maturation dont je ne suis pas fâché". La genèse de ce livre sur l'enfance est complexe car Benjamin remania plusieurs fois ses courts textes en prose - c'est ainsi que lui-même caractérisait ses pièces. Comme Benjamin ne datait pas ses manuscrits, il est impossible d'établir une chronologie exacte entre les différentes pièces. Dans les brouillons de chacune, il a été en revanche possible de suivre dans nombre de cas leur progression temporelle en partant des biffures et des insertions. Des raisons inhérentes à l'oeuvre ont également contribué à la longue durée de cette genèse. L'impossible clôture de la remémoration et la rédaction des souvenirs sont étroitement intriquées. Chronique berlinoise et les premiers brouillons d'Enfance berlinoise vers mil neuf cent comportent de nombreuses réflexions sur les conditions de la remémoration. Au cours du remaniement, ces réflexions théoriques sur le souvenir sont émondées, les pièces gagnant ainsi en densité. Le travail de l'écriture s'accomplit dans un champ de tensions : il est déterminé par la décision de publier et en même temps par l'expression du "désir" d'appeler en lui "de manière délibérée les images qui, dans l'exil, ont l'habitude de susciter le plus fortement le mal du pays - celles de l'enfance" . Benjamin est conscient de cette ambivalence lorsque le 8 août 1933 il écrit à Carl Linfert que le livre sur l'enfance "techniquement est à vrai dire dès aujourd'hui achevé, virtuellement jamais" .
Origine du drame baroque allemand : sous ce titre d'allure érudite, se cache, on le sait, le plus important des ouvrages que Walter Benjamin put mener à terme. Il le publia en 1928, après l'avoir porté plus de dix ans, et après que l'université de Francfort eut refusé de l'accepter comme thèse d'habilitation. Ce n'est pas un livre d'histoire littéraire. C'est un livre qui subvertit la "science littéraire" - après le romantisme et après Nietzsche, mais au nom d'une "autre philosophie à venir" - pour ouvrir à une pensée inédite de la provenance et de la destination de l'art dans le monde moderne.
Walter Benjamin (1892-1940), l'un des rares penseurs contemporains qui comptent dans le monde international de la pensée, échappe aux querelles d'écoles, survit aux modes, passe pour une référence obligée. Cette résistance au temps tient à la fois aux qualités littéraires de ses écrits, à sa biographie exceptionnelle - tragiquement représentative du destin de l'intelligentsia judéo-allemande au XXème siècle - et à un sens aigu des enjeux théoriques de l'époque. Ces trois volumes d'Oeuvres, soit devenues inaccessibles au public français depuis presque vingt ans, soit, pour un tiers d'entre elles tout à fait inédites, ont pour ambition de débarrasser Benjamin des mythes qui l'entourent, de le donner à lire, de le faire entendre.
Ce volume rassemble la plupart des textes autobiographiques de Walter Benjamin. De 1906 à sa mort, Benjamin, sans avoir, semble-t-il, tenu régulièrement de journal, obéit à sa propre injonction: "Ne laisse passer aucune pensée incognito, et tiens ton carnet de notes avec autant de rigueur que les autorités tiennent les registres des étrangers." Ce registre, Benjamin l'ouvre à l'occasion de voyages (Italie), d'une rencontre importante (Brecht) ou lorsque affluent les souvenirs d'enfance: c'est alors la Chronique berlinoise, d'autant plus précieuse qu'elle n'est rythmée que par l'épiphanie du souvenir. On sait que Benjamin proscrivait le "je" de ses textes s'il semble déroger à cette règle ici, c'est au moyen de la note, où celui qui écrit se tait pour laisser parler les choses et fixer les idées au moment où elles surgissent. Ces textes, souvent fragmentaires, témoignent par leur diversité de la cohérence d'une pensée; ils ne livrent pas seulement les matériaux infatigablement recherchés des chantiers à venir, il donne à lire le parcours d'une vie où les crises personnelles font souvent entendre leur écho.
Tous ces écrits appartiennent à la dernière période de la vie de Walter Benjamin: son exil en France, de 1933 jusqu'à son suicide en 1940, quand il ne put obtenir de visa pour passer en Espagne. Ces textes - tantôt des écrits que Benjamin rédigea en français; tantôt des traductions auxquelles il collabora directement comme les cinq fragments d'Enfance berlinoise - dressent précisément une image de la relation riche et complexe que Walter Benjamin entretint avec la langue et la littérature françaises, de Baudelaire à Proust, de Paul Valéry aux surréalistes. Benjamin ayant été conduit à modifier en français l'expression de sa pensée, cet ensemble constitue un complément original aux trois volumes des ?uvres (Folio essais n°s372, 373 et 374). Quatrième de couverture Tous ces écrits appartiennent à la dernière période de la vie de Walter Benjamin: son exil en France, de 1933 jusqu'à son suicide en 1940, quand il ne put obtenir de visa pour passer en Espagne. Ces textes - tantôt des écrits que Benjamin rédigea en français; tantôt des traductions auxquelles il collabora directement comme les cinq fragments d'Enfance berlinoise - dressent précisément une image de la relation riche et complexe que Walter Benjamin entretint avec la langue et la littérature françaises, de Baudelaire à Proust, de Paul Valéry aux surréalistes. Benjamin ayant été conduit à modifier en français l'expression de sa pensée, cet ensemble constitue un complément original aux trois volumes des ?uvres (Folio essais n°372, 373 et 374).