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Le scepticisme
Bénatouïl Thomas
FLAMMARION
10,00 €
Épuisé
EAN :9782081363496
Le sceptique voudrait bien souffrir, comme le reste des hommes, pour les chimères qui font vivre. Il n'y parvient pas : c'est un martyr du bon sens", écrivait Cioran. Entendu par les Anciens comme une sagesse de la suspension du jugement et par les modernes comme une mise en cause radicale de la certitude de nos connaissances, le scepticisme, qui a traversé l'histoire de la pensée en empruntant des formes diverses, repose avant tout sur la non-assertion. Contre les dogmatiques, qui considèrent que se garder de toute opinion rend la vie et l'action impossibles, les sceptiques nous invitent, à l'instar de Montaigne, à "faire profession de notre ignorance", et nous rappellent que les convictions, peut-être autant que les mensonges, sont ennemies de la vérité et de la philosophie.
Musonius (30 ? 95 / 100?), Epictète (50/60? - ca 130) et Marc Aurèle (121 - 180), représentants du stoïcisme impérial, souffrent d'être les derniers d'une longue et fameuse lignée. Leur pensée est souvent réduite à une répétition scolaire des doctrines des premiers stoïciens, ou à une philosophie purement éthique voire moralisatrice, alors qu'elle est centrée sur la dimension pratique de la philosophie dans son ensemble. Que signifie concrètement « être stoïcien »? S'agit-il seulement d'adhérer à certaines thèses? Comment s'en imprégner et les appliquer? On tâche ici de mettre en évidence les principes, concepts et techniques que Musonius, Épictète et Marc Aurèle élaborent pour résoudre, théoriquement et pratiquement, le problème de la mise en oeuvre de la philosophie: dans sa partie éthique, mais aussi dans ses dimensions politique, épistémologique, dialectique, pédagogique, psychologique, cosmologique et théologique. Prenant pour guide l'« usage », notion-clé, on examine successivement comment les derniers stoïciens conçoivent celui des choses et des événements, d'autrui, des représentations, des facultés morales, enfin de notre vie par Dieu au sein de l'ordre du monde.
Le dossier de ce numéro porte sur le scepticisme antique et associe des articles de jeunes chercheurs et de chercheurs confirmes pour faire le point sur ce courant philosophie paradoxale, et plus particulièrement sur le néopyrrhonisme d'Enesideme et de Sextus Empiricus. Ce courant se présente comme une philosophie originale, sans doctrine. Peut-il être reconstruit à partir d'autres sources que Sextus Empiricus? Pourquoi cet acharnement a se distinguer de toutes les autres philosophies ? Le scepticisme se considère-t-il même comme une philosophie ? Les sceptiques peuvent-ils utiliser sans contradiction un "critère" pour connaître ou agir ou se réclamer de la seule vie quotidienne contre la philosophie ? Pourquoi Sextus critique-t-il les mathématiques et qu'en accepte-t-il ? Les articles hors-dossier de ce numéro abordent les rapports entre le cynisme et Platon, la nature de la reflexion antique sur l'économie chez Xenophon et Platon, la question controversée des rapports entre épicurisme et géométrie ou la réception de la notion héraclitéenne de contradiction chez Holderlin et Heidegger.
Les mathématiques tiennent une place importante dans la pensée de Platon, tant par la nature de leurs objets que par leur puissance démonstrative. Quel était le degré de développement des mathématiques à son époque ? Quelle a été leur influence sur le type de raisonnement employé en philosophie ? La postérité de Platon a-t-elle donné autant d'importance aux mathématiques ? Les mathématiques ont-elles eu le même privilège épistémologique dans les autres écoles ? Telles sont les questions auxquelles ce numéro propose des réponses.
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)