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Eclats du romantisme. Femmes (littérature, cinéma)
Bellour Raymond
POL
27,00 €
En stock
EAN :9782818062180
Eclats, parce que le romantisme se reconnaît au feu de ses regards. Et que, comme dans l'atelier de l'ébéniste où des copeaux continuellement volent, les exemples retenus ici en composent une constellation, prélevée sur la masse du bois ouvragé figurant la matière illimitée du romantisme. Tant il s'avère que le regard romantique se déploie, par-delà le romantisme proprement historique, sur près de deux siècles, informant des oeuvres innombrables, et se survit encore. L'assemblage des textes composant ce livre se fonde sur l'insistance d'une logique sous-jacente mêlant ainsi ouvertement deux domaines entre lesquels mon travail s'est toujours partagé. A travers la littérature comme à travers le cinéma, j'ai suivi depuis plus de cinquante ans la façon dont la différence sexuelle s'est déployée à la fois comme motif et comme principe structurant dans un certain nombre d'oeuvres. D'un côté, pour l'essentiel, la littérature romantique, au sens large du terme, jusque dans ses survivances modernes ; de l'autre, l'âge d'or du cinéma allemand et le cinéma classique américain, dont l'inspiration a été revisitée par la vidéo dans une rêverie moderne de Jean-Luc Godard (Puissance de la parole). Dans l'espace littéraire, les relations de couple (mari / femme ; frère /soeur) viennent souvent au premier plan, innervant les processus de la création (ainsi Michelet et sa femme Athénaïs, Henry James et sa soeur Alice, les quatre enfants Brontë). Alors qu'au cinéma (chez Alfred Hitchcock et Fritz Lang par exemple, mais aussi bien dans The Wax Museum ou dans The Westerner avec Gary Cooper), c'est plutôt la logique interne des récits qui assure la répartition symbolique entre les hommes et les femmes. Entre esthétique et anthropologie, ce livre fragmentaire et subjectif cherche ainsi à dessiner les contours passés-présents de la condition romantique RB
Résumé : A Copenhague, l'hiver, à l'occasion d'un congrès, Michel Cordier rencontre EIse Gerstein. L'attirance qu'ils éprouvent l'un pour l'autre est liée à la fascination d'un décor : c'est à travers les parcs enneigés, dans la géométrie brumeuse de la ville, devant les tableaux du musée qu'ils se découvrent peu à peu. "L'époque a fait de nous des rêveurs", écrit Michel. Tout rêveur regarde, le rêve est image. Plus qu'une histoire d'amour, c'est donc une description de l'amour où la passion se donne à elle-même en spectacle. Sentiments, souvenirs, photographies, peintures, c'est tout un pour l'oeil exercé du rêveur que visite le démon de l'analogie. Aussi bien la séparation favorise-t-elle double réflexion : tandis qu'à Paris, Michel s'efforce en vain de cerner un visage, une Else, de retour à Munich, dans sa maison, auprès de sa fille, raconte les menus incidents de sa vie quotidienne dans ses lettres. L'été, Else et Michel se retrouvent en France pour deux semaines. Plus tard, EIse demande à Michel de venir la revoir à Munich. Mais Michel se dérobe. Et quand il aura l'occasion d'aller la retrouver, c'est elle qui cette fois renoncera au rendez-vous de Copenhague.
Résumé : L'analyse du film, ou comment la passion du cinéma en vient à se choisir comme objet. Prenant délibérément le parti de traiter le film comme un texte susceptible d'analyses rigoureuses, Raymond Bellour s'emploie, dans ce livre fondateur, à débrouiller l'écheveau des significations et des formes, dans ces grands films que sont Les Oiseaux, La Mort aux trousses, Psychose, Marnie. L'Analyse du film est d'abord un livre sur Hitchcock. Mais c'est aussi un livre sur le fonctionnement narratif du cinéma hollywoodien et sur la place qu'il réserve à la femme. C'est, enfin, un livre qui ne cesse de s'interroger sur l'analyse comme pratique singulière. Ces livres se rassemblent et se relancent en un volume unique tournant tout entier autour de l'éblouissement qui le provoque : l'amour du cinéma.
Quel est le privilège du poète sans privilège ? Raconter, simplement, "l'aventure d'être en vie". Faire de la langue non pas l'instrument d'un salut ou d'une prophétie, mais une sauvegarde. Une exploration. Une activité extraordinaire et banale. "N'importe qui peut écrire Mes propriétés." Michaux invite son lecteur à effectuer sur soi un trajet identique à celui qu'il opère par rapport à lui-même. Travail de la conscience confrontée à tout ce qui, plus fort qu'elle, l'innerve, la nourrit, la meurtrit, la contredit, la détruit. Michaux explore ainsi une possibilité salubre, parfois allègre, et forcément désespérée : l'épopée individuelle.
Résumé : "Un crime a été commis et c'est passionnant, on voudrait savoir qui a fait ça, qui a pris sur soi pour faire ça parce que ce n'est pas un acte banal, même pour un assassin, de tuer quelqu'un. Et dans une scène pornographique aussi, on est avide de se tenir au courant, qui fait quoi et pour quel bénéfice. Et dans un conte de fées, qui des fées, des princesses ou des animaux tire le plus de plaisir et de souffrance ? Et ma place au milieu de ça, moi, qui que je sois ? "
Résumé : "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps. Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras¿ Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition". Bertrand Schefer.
Résumé : Bertrand Schefer, qui est aussi cinéaste, a longtemps travaillé sur le scénario d'un film dans lequel il voulait raconter l'histoire d'un cher ami d'enfance qui s'était peu à peu coupé du monde et vivait en marge de la société, errant sans domicile fixe et sans travail. Son destin hantait Bertrand Schefer et sa figure grandissait en lui avec les années, absorbant ses forces. Il vivait avec ce qui était devenu comme un double obscur, une part d'ombre qui le dévorait de remord et de culpabilité. Grâce au cinéma il espérait en finir avec ce fantôme et se libérer du passé. Le film n'a pas pu se faire, mais de cet échec est sorti un texte, ce récit d'un homme hanté par un double dont la figure et les choix de vie radicaux ont fixé à jamais l'époque de la jeunesse. Entre le temps de l'éloignement et celui du retour, le narrateur retrace sous la forme d'un rapport factuel, comme pour donner de la réalité à sa mémoire trouée, l'histoire réelle et fantasmée d'une amitié fondatrice.
Ces "essais sur le roman" constituent la première manifestation théorique de l'école du "nouveau roman". Nathalie Sarraute y expose ses propres conceptions qui ont exercé une influence profonde sur les jeunes auteurs. De Dostoïevski à Kafka, de Joyce à Proust et Virginia Woolf, Nathalie Sarraute scrute l'oeuvre des grands précurseurs du roman moderne et examine leur contribution à la révolution romanesque de nos jours.
La lecture n'a pas toujours été une activité solitaire : elle s'est longtemps pratiquée à voix haute, de manière collective, et, partagée dans les salons ou les jardins, fut un élément majeur de la sociabilité. La lecture est une rencontre : entre un lecteur, un texte et un auteur ; mais aussi entre plusieurs lecteurs qui confrontent leurs interprétations. La frontière entre l'écrit et l'oral s'estompe : la lecture vocalise le texte écrit et le prolonge par la conversation, voire la relation amoureuse. Cette anthologie regroupe une soixantaine de textes (très connus comme rares, français et étrangers) illustrant les différentes manières de lire : les rapports à l'objet-livre, à l'activité de lecture (rêverie, réflexion, méditation...) et au corps du lecteur. Car le plaisir de lire n'est pas seulement intellectuel mais aussi sensuel. On passe progressivement d'une lecture sacrée à une lecture profane, et d'une lecture édifiante à une lecture dangereuse — celle des romans, longtemps accusés de favoriser le vice de la curiosité. A l'heure où la lecture subit de profondes mutations, ces textes sont autant de témoignages d'une activité qui traverse les siècles et questionne notre rapport à la tradition et à l'altérité.
Entre le monde cristallin de la féerie et les dérèglements de la science-fiction s'étend un territoire brumeux, crépusculaire, aux reliefs dangereux et aux frontières incertaines, où le voyageur risque fort de se perdre... Fondé sur l'irruption du surnaturel dans la réalité, le fantastique manipule, choque, voire terrifie le lecteur à travers un récit tendu, comme une corde raide, vers une issue aux allures de précipice. Contrairement au merveilleux, où le surnaturel va de soi, et à l'étrange, qui s'explique, le texte fantastique reste une énigme. Pour quelles raisons le lecteur cherche-t-il à tout prix à ressentir le frisson de l'effroi ? Doit-on perdre nos repères pour mieux comprendre la réalité qui nous entoure ? Ou s'agit-il d'explorer les zones les plus secrètes de notre inconscient ? Démon, vampire, spectre... Derrière la peur de l'Autre, n'est-ce pas moi, en fin de compte, que je reconnais ?
Résumé : "Cette littérature a commencé avec la négritude. Des idéologues de chez eux (les Occidentaux), pour justifier l'esclavage et la colonisation, avaient décrété que le nègre n'avait pas d'histoire parce que son histoire n'était pas écrite. Il s'est trouvé des Africains de chez nous pour le désir d'Afrique, qui se sont armés de la plume. Ils ont démontré que l'Afrique, le premier continent de l'humanité, avait ? écrites ou non écrites ? de multiples traces de son passé multimillénaire. Ils (les idéologues de chez eux) avaient arrêté que nous étions sans culture. On leur a répondu que les Africains de la plus longue histoire de l'humanité avaient la culture la plus riche de l'univers [Mongo-Mboussa] rappelle qu'au début nous savions à peine écrire le français, nous étions un tirailleur sénégalais. Puis ce furent des étudiants, la faim au ventre, qui reprirent le flambeau. Et quand ils quittèrent les universités, devinrent des intellectuels, prirent la relève des étudiants, ce fut pour aller à l'exil. C'est l'exil qu'ils ont continué à écrire. [...] M. Mongo-Mboussa a écrit un livre important sur la littérature africaine, un livre important pour l'Afrique." Ahmadou Kourouma On attend de la littérature africaine qu'elle soit à la fois exotique, porteuse d'une certaine oralité et conforme aux canons classiques du marché européen. Cet essai permet de comprendre un des paradoxes qui pèsent sur les auteurs africains.