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Le théâtre dada et surréaliste
Béhar Henri
GALLIMARD
5,30 €
Épuisé
EAN :9782070354061
Entre "ce besoin de réalité qui nous tourmente", caractérisant l'esthétique naturaliste, et la "scène libre au gré des fictions" postulée par le symbolisme, la scène de notre siècle a choisi une troisième voie, non de compromis mais de dépassement, représentée par le théâtre dada et surréaliste, faisant place à la surprise, à la poésie, au rêve, au merveilleux. L'aventure commence avec Ubu roi d'Alfred Jarry (1896) pour s'épanouir mondialement avec Le Regard du sourd de Bob Wilson (1971). Etudiant des oeuvres peu connues, montées par des théâtres de fortune en France entre les deux guerres, cet essai met en lumière les traits essentiels d'une esthétique dramatique Qui ne cesse de féconder la création actuelle. La première partie est consacrée aux précurseurs et marginaux : Alfred Jarry, Apollinaire, Albert-Birot, Yvan GolI, le Douanier Rousseau, Raymond Roussel. La deuxième analyse quelques pièces dada d'Erik Satie, Ribemont-Dessaignes, Tristan Tzara, etc. Enfin la troisième partie évoque le théâtre surréaliste d'André Breton, Aragon, Artaud, Vitrac, Desnos, Huidobro, Georges Neveux, Georges Hugnet, Picasso ; et, pour la nouvelle génération, Julien Gracq et Georges Schehadé.
Passé l'éclair du magnésium, les traits d'André Breton (1896-1966) se figent à jamais. Visage décidé, menton en avant, cheveux assez longs, il conduit la horde changeante des surréalistes. Dans la tourmente du siècle, marqué par deux guerres mondiales et la plus vaste révolution que la terre ait connue, c'est lui qui désigne le chemin. Son autorité s'exerce sur beaucoup, des plus grands aux plus obscurs. Aragon, Éluard, Soupault, Péret, Char, Tzara même, lui obéissent. A son corps défendant, le voilà hissé sur un piédestal, quelque part entre les statues de Rousseau et de Chateaubriand. Ecartant les images simplistes, cette biographie montre comment s'est formée la personnalité du poète à travers son admiration puis son rejet de Valéry, Gide, Apollinaire. Elle le suit pas à pas dans sa quête de l'esprit moderne et son enthousiasme pour Dada, son invention de l'écriture automatique, son adhésion critique au parti communiste. Elle reconstitue l'avènement du surréalisme, son aventure quotidienne, ses débats et ses combats, à travers cet homme qui a toujours pris le parti de la vie. Plus complexe, sensible, hésitant et angoissé qu'on ne le croit généralement, l'auteur de Nadja s'est efforcé de mettre en pratique une morale exigeante de l'existence, dominée par la très haute idée qu'il se faisait de l'amour, la poésie, la révolution. Il y est parvenu au prix de bien des difficultés, avec une constance et une inflexibilité qui l'ont fait classer, définitivement, au nombre des "grands indésirables". Cette nouvelle édition d'une biographie qui a fait date est mise à jour et augmentée de notes et références. Elle a bénéficié des ouvrages et documents publiés depuis 1990, et notamment de la vente de l'atelier André Breton.
Ce livre de cuisine vise à faire apprécier la littérature d'Albert Cohen à partir des nombreuses références à la nourriture et particulièrement aux plats d'origine judéo-balkanique qu'elle contient. Ce projet a pour principe qu'on ne peut goûter un texte (c'est le cas de le dire) que si l'on en possède les clés, les sources culturelles dans lesquelles l'auteur baigne, inconsciemment parfois. Dans le cas présent, il s'agit de faire entrer la littérature par l'estomac ! Henri Béhar a donc recensé tous les fragments mentionnant cette nourriture, en ne retenant que ceux qui se réfèrent à la culture séfarade (à laquelle Cohen appartenait corps et âme) et, pour en marquer la spécificité, on y joint des recettes. L'ouvrage contient 40 recettes. En regard de chaque recette, on trouve les citations les mentionnant dans l'oeuvre d'Albert Cohen. Ces recettes sont celles de l'époque évoquée par Albert Cohen dans ses romans, conformes aux règles alimentaires de sa communauté. Ainsi, est indiqué la manière de cuire les aubergines au feu de bois, comme faisait la mère d'Albert Cohen, ce qui leur donne un fumet qu'on ne retrouve pas dans les recettes actuelles du caviar d'aubergine.
Créé en 1896, Ubu roi est devenu désormais une œuvre classique, qui ne quitte plus la scène contemporaine, en France et dans le monde. Il convenait d'en faire une analyse dramaturgique afin d'expliquer les raisons de son succès. Mais, tout en essayant de se débarrasser du Père Ubu, ce gros bonhomme qui lui collait à la peau, Jarry a éprouvé le besoin de l'insérer dans plusieurs cycles, à l'image des héros de nos chansons de gestes. Complémentairement, il s'est adonné à l'écriture de nombreuses pièces pour marionnettes, ce qu'il nommait le " théâtre mirlitonesque ". De telle sorte que, massive comme Ubu ou légère comme une marionnette défiant les lois de la pesanteur, la théâtralité a envahi toute sa création, sous le signe de la 'Pataphysique. Les principes dramaturgiques ainsi dégagés ont influencé tout le " Nouveau Théâtre ", d'Arrabal à Weingarten, en passant par Ionesco et Beckett. Dans cet ouvrage, revu et actualisé, qui fit autorité dès sa première publication en 1980, Henri Béhar réhabilite l'étude dramaturgique et sonde les mystères de la théâtralité. Il fournit une grille d'analyse applicable à toute création dramatique contemporaine.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.