Au contact des instruments de musique anciens, au début de sa carrière, Nicolas Meeùs a développé un goût spécifique pour l'interrogation empirique des matériaux, menée de manière scientifique, qui s'ouvre ensuite à des considérations systématiques de première importance pour la compréhension des systèmes musicaux, gammes, tempéraments, échelles et tonalité occidentale. C'est dans ce dernier domaine que ses conclusions sont devenues progressivement les plus centrales, en même temps qu'elles invitaient d'autres musicologues à interroger de même leurs traditions, et à développer leur synthèse personnelle dans une perspective systématique. Au travers de ses publications et des contributions de ses docteurs et collègues, l'ouvrage reflète ces différents domaines qui sont appelés à compléter l'image du musicologue tour à tour organologue, spécialiste de musique ancienne, de théorie latine, de sémiologie musicale, de systèmes modaux, et analyste de la tonalité occidentale. Dans chacun de ces domaines, à un moment ou un autre de sa carrière, Nicolas Meeùs a lui-même livré des études marquantes qui sont ici rassemblées cour la première fois.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.