Ethnomusicologue, Jean-Michel Beaudet publie ses carnets rassemblant quarante-cinq ans de souvenirs sonores, recueillis entre l'Amazonie et la Nouvelle-Calédonie. Ces carnets nous emmènent écouter la forêt aux côtés des Wayapi sur l'Oyapock, le fleuve qui trace la frontière entre le Brésil et la Guyane. Ils nous ramènent en 1984, chez les Kanaks, à la recherche d'un hymne d'indépendance. Ils nous réveillent en pleine nuit, pour faire l'expérience d'un rite initiatique chez les A'uwé-Shavante. Ils testent notre endurance en Amazonie bolivienne, où s'affrontent le corps des danseuses et le souffle des musiciens chacobo. Leurs pleurs nous gardent éveillés lors d'une cérémonie de deuil pour un jeune homme mordu par un serpent... Loin des lumières de la grande ville occidentale, Jean-Michel Beaudet raconte ces peuples engagés dans une lutte pour leur survie, leur indépendance et la qualité de leur parole.
Dans un récit digne d'un roman, où l'on voit l'esprit humain s'acharner à trouver des indices pour comprendre la structure de la matière, où l'on suit pas à pas les chercheurs inventant des dispositifs pour pénétrer au coeur des substances, où l'on découvre comment a recherche, partie d'hypothèses hasardeuses, aboutit petit à petit à une description extraordinairement détaillée et précise de la centaine d'éléments qui composent le monde, Jean Baudet nous conduit au coeur du célèbre système périodique des éléments chimiques. De Thalès de Milet à Démocrite et à Aristote, de Zosime à Paracelse, de Lavoisier à Pierre et Marie Curie, et bien au-delà encore, nous sommes entraînés dans une véritable aventure commencée voici... 2600 ans! Cette grande aventure de l'esprit humain - passionnante n elle-même mais surtout éblouissante par ses conséquences théoriques et pratiques - a fourni un soubassement à toutes les sciences, symbolisé par le célèbre tableau de Mendeleïev. En effet, de l'astronomie à la zoologie, toutes les disciplines scientifiques doivent désormais en tenir compte. De même, tout un chacun devrait aujourd'hui savoir évaluer l'importance de ce tableau et connaître l'histoire qui y a mené.
Travaillant comme intermédiaires dans le commerce des fourrures, les coureurs des bois sont plongés au sein de cultures où la " religion " est omniprésente. La chasse et le désir d'acquérir des pouvoirs pour devenir meilleur chasseur sont au coeur de cet univers spirituel. Loin d'être contradictoire avec leurs visées commerciales, cette vision du monde exerce sur eux beaucoup d'attraction. Une force contraire s'oppose toutefois à leur intégration : la présence de missionnaires catholiques. Pour ces derniers, les croyances et les pratiques autochtones sont d'inspiration maléfique. En les adoptant, les coureurs des bois tombent dans " les filets du Diable " et font obstacle à leur mission d'évangélisation. Ce livre raconte l'expérience de ces hommes qui, tout au long de l'histoire du commerce des fourrures, soit une période de plus de 250 ans, sans cesse tiraillés entre la nécessaire intégration aux communautés autochtones et l'opposition des missionnaires, ont dû apprendre le difficile art de vivre à la frontière de deux cultures. Un regard nouveau et dépaysant sur l'histoire de l'Amérique française !
Résumé : Il n'y a pas de meilleure introduction aux mathématiques que l'étude de son histoire. Résumant vingt-six siècles de découvertes sur les figures et sur les nombres, cette histoire des mathématiques ne demande aucune connaissance préalable. Le lecteur y retrouvera l'intérêt qu'ont porté aux mathématiques des savants comme Euclide, Descartes ou Pascal. Il y verra aussi comment elles ont permis à Einstein de bouleverser notre vision du monde ou encore comment elles ont rendu possible les plus récents développements de l'informatique et des télécommunications.
Résumé : Il n'y a pas de meilleure introduction aux techniques que l'étude de leur histoire. Des premiers pas de l'Homme jusqu'à nos jours, voici un panorama de l'évolution des techniques, des outils les plus primitifs aux systèmes les plus complexes. Une explication simple et précise de l'élaboration des plus grandes applications scientifiques qui ne cessent de transformer le monde dans lequel nous vivons.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".