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ETHIQUE DE LA NATURE ORDINAIRE
BEAU REMI
PUB SORBONNE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782859449940
Faut-il que la nature soit vierge ou intacte pour se voir reconnaître une valeur ? C'est l'idée que les premières philosophies environnementales, apparues dans les années 1970 et centrées sur la nature sauvage ou la notion de wilderness, semblaient conforter. Ce faisant, elles laissaient penser que, sur les terres habitées ou transformées par les hommes - qui couvrent la majorité de la surface de la planète -, il fallait renoncer à penser la nature. Dépassant cette approche dualiste opposant préservationnistes et modernistes, l'auteur explore une voie médiane : contre l'idée que la nature résiderait seulement dans quelques lieux remarquables, il propose d'appréhender la gamme différenciée de nos rapports à la nature quotidienne. Car il y a bien de la nature dans les sociétés humaines et, en regard, nous faisons société avec elle. C'est en immersion dans les mondes agricoles et en avançant une description des pratiques multiples qui, dans les champs, les friches et les jardins, nous mettent en relation avec des partenaires non humains, que cet ouvrage propose donc l'élaboration d'une éthique de la nature ordinaire.
Compagnone Claude ; Caron Patrick ; Beau Rémi ; Hu
Quel peut être le regard des Sciences Humaines et Sociales (SHS) sur les questions touchant à la Grande Transition ? Quels types d'analyse ces sciences fournissent-elles pour comprendre la situation présente ainsi que les événements qui y ont conduit ? C'est au traitement de ces questions que s'attelle le présent ouvrage, dans le prolongement du Manuel de la grande transition. Il s'agit ici, en associant librement le regard de différentes disciplines des SHS, de prolonger, discuter et compléter la réflexion conduite dans ce Manuel. La géographie, l'histoire, la sociologie, les sciences politiques et la philosophie sont ainsi convoquées pour contribuer à donner une vision "indisciplinée" de ce que peut être ce processus de Grande Transition. L'importance du point de vue des SHS dans la compréhension et l'engagement d'une Grande Transition réside à la fois dans leur capacité à décrire et comprendre des situations passées et présentes, à dessiner des possibles vers lesquels s'orienter et à fournir des leviers d'action afin de pouvoir se diriger vers les possibles souhaitables.
L'Anthropocène a fait une entrée tonitruante dans la pensée contemporaine. Pour la première fois dans l'histoire de la planète, une époque géologique serait définie par l'action d'une espèce : l'espèce humaine. Mais que l'on isole l'humanité en tant qu'acteur unique ou que l'on pointe le rôle récent de la révolution industrielle, c'est toujours une vision occidentale que l'on adopte pour décrire le basculement annoncé, au risque de tenir à l'écart le reste du monde, humain et non humain. Issu d'un colloque organisé par Philippe Descola et Catherine Larrère au Collège de France, à l'initiative de la Fondation de l'écologie politique, cet ouvrage réunit les contributions de chercheurs d'horizons multiples sur un sujet qui par défi nition traverse toutes les disciplines. Sans négliger les controverses entre géologues, il prend le parti de la pluralité des récits anthropocéniques, en privilégiant le point de vue des peuples sur un changement qu'ils subissent et que l'on nomme à leur place, et en tenant compte de la dimension sociale, genrée et inégalitaire de la question climatique. Ouvrant la réflexion à d'autres manières d'habiter la terre, aussi improbables paraissent-elles, il montre que l'avenir n'est pas que le prolongement linéaire du présent.
Résumé : La transition nous concerne tous, elle engage tous les domaines de notre existence. C'est pourquoi ce manuel propose un ensemble de connaissances et de compétences fondé sur une grande variété de disciplines et d'expertises. Elles constituent une approche robuste et efficace pour comprendre et agir à la hauteur des enjeux écologiques, économiques, sociaux et politiques de la Grande Transition. Raccorder l'enseignement supérieur aux enjeux écologiques et sociaux de notre époque : telle est l'ambition du collectif d'enseignants-chercheurs FORTES qui a produit cet ouvrage. Le collectif a été assemblé par le Campus de la Transition, dont la mission est de former pour transformer l'enseignement supérieur et les acteurs d'aujourd'hui et de demain en vue d'une transition écologique et solidaire.
L'immigration algérienne des années 1950-1970 est souvent associée à un stéréotype, celui d'hommes seuls, débarqués par bateau à Marseille, logés dans des foyers Sonacotra ou des bidonvilles, à proximité de l'usine où ils travaillent. Ce cliché repose largement sur l'idée que le regroupement familial n'a été instauré qu'en 1976, après avoir mis fin à l'immigration de travail, et a conduit les partisans d'une politique migratoire restrictive à présenter l'immigration familiale comme l'origine des difficultés sociales qui affectent les banlieues populaires au début des années 1980. Pourtant, plus de 80000 familles algériennes vivaient déjà en France à cette époque. Au croisement de l'histoire coloniale, urbaine et des migrations, cet ouvrage retrace les trajectoires des premières familles algériennes installées en France, principalement à Nanterre et dans l'ouest de la région parisienne. Il mobilise à la fois des archives administratives, pour appréhender les politiques publiques mises en place à l'égard de ces familles, mais aussi des dossiers de regroupement familial, des entretiens ainsi que les archives privées de Monique Nerva ? une figure militante qui s'est installée dans le bidonville de la Folie à Nanterre dès 1959 ?, pour saisir l'expérience vécue par ces populations. Ces matériaux, en partie inédits, dessinent une autre image de l'immigration algérienne, où se côtoient les familles des bidonvilles, qui font pour certaines partie intégrante de la société de consommation, et les familles "invisibles", lesquelles, comme les ouvriers français, connaissent les logements trop petits, les taudis, mais aussi, parfois, les logements sociaux. Malgré tout, l'existence même des bidonvilles et de quelques segments du parc social concentrant des Algériens a servi de prétexte au développement d'une politique d'immigration spécifique, qui limite l'arrivée des familles algériennes après l'indépendance. A la fin des années 1970, les tentatives visant à exclure les Algériens du territoire échouent, mais le contexte de la crise économique, les discours hostiles et les pratiques discriminatoires à leur égard entraînent une rupture du processus d'intégration socio-économique amorcé au cours des années 1960.
Dans cette étude, De l'esprit des lois est abordé sous l'angle théorique d'une science nouvelle ayant pour objet les institutions humaines, puis sous l'angle politique d'un recensement des moyens disponibles pour freiner le passage au despotisme.
Hobbes nous dit que le mot "liberté" est spécieux. Il existe de fait un contraste frappant entre la plénitude que peut donner l'énonciation du mot, comme dans le célèbre poème d'Eluard, et le sentiment de vide provoqué par la désolante diversité des usages concrets, parfois ouvertement contradictoires. Tôt ou tard, la réflexion bute sur la polarité de la liberté comme affirmation de l'ordre censé nous protéger de la licence, de l'anarchie ou du nihilisme, c'est-à-dire de la "fausse" liberté, ou comme négation de l'ordre dont les contraintes sont suspectées d'être oppressives et incompatibles avec la "vraie" liberté. Les contradictions entre les conceptions de l'ordre associées à la liberté donnent une justification à la conception de la liberté comme négation. Mais celle-ci est également difficile à tenir car elle risque de nier son objet en basculant dans la licence illimitée. Le conflit entre la liberté comme affirmation et la liberté comme négation n'est pas un défaut du concept. Il faut plutôt dire : la liberté est l'un des concepts qui servent à penser la production historique d'objets par l'activité collective et conflictuelle des hommes. L'oscillation entre ces deux pôles, qui peut être embarrassante au point d'inciter à n'en plus parler, montre que de tels concepts ont une structure ludique, au sens de ce qui fait l'intérêt de jeux intellectuels aussi futiles que les échecs. Ce livre peut se lire comme une introduction au jeu conceptuel de la liberté.