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Les fondements de l'autorité
Baziou Jean-Yves
ATELIER
25,40 €
Épuisé
EAN :9782708237926
La remise en cause des modèles d'éducation, la perte de légitimité des institutions politiques et religieuses reflètent la crise de l'autorité qui affecte les sociétés occidentales. Comment interpréter ce phénomène ? Dans les sociétés démocratiques, la requête d'autonomie de chacun dissoudrait-elle fatalement l'expression de toute volonté générale ? Peut-on, dans ce contexte, refonder l'autorité ? S'il est clair que Dieu ne gouverne plus la cité, le monothéisme chrétien contribue-t-il à redéfinir le lien social ou doit-il être définitivement relégué dans le domaine privé ? Historien des religions, Jean-Yves Baziou propose, en s'inscrivant dans le débat sur la démocratie, de revisiter les fondements de l'autorité. Il esquisse une passionnante histoire politique et théologique du pouvoir durant l'ère chrétienne et met à jour trois modèles d'autorité de Dieu. Le premier, de type monarchique, insiste sur l'unité nécessaire des sociétés confrontées au risque de fragmentation ethnique, sociale ou culturelle. Le second modèle met l'accent sur la reconnaissance des différences contre toute tentative de pouvoir sans partage de l'État sur les personnes. Le troisième type d'autorité fonde sa pertinence sur la relation et le dialogue qui permettent de conjuguer unité et pluralité. Ainsi, la référence à l'autorité de Dieu, à la fois Autre et Unique, bien loin de vouloir imposer des règles à la cité, dessine un horizon pour une action des chrétiens à l'âge de la démocratie : le salut de l'autre et le plaisir de la rencontre, la construction d'une communauté humaine où les individus et les peuples se parlent dans l'estime. L'autorité y serait alors comme un trait d'union des différences humaines.
Résumé : Les esprits éclairés aiment à se moquer de Donald Trump. Il serait le symbole d'une forme de stupidité politique qui n'attendrait que le réveil des gens de bonne volonté pour s'évanouir comme un mauvais rêve. Mais rien n'est plus faux. Plutôt qu'un symbole, Trump est un symptôme : celui de la disparition progressive de la politique dans un gigantesque processus d'unification, où les camps en apparence les plus hostiles se tiennent en réalité la main. Pour en finir avec Trump, c'est cette disparition qu'il convient de combattre, en restaurant les possibilités d'une opposition qui résiste au consensus fondamental de notre temps. Ce consensus porte un nom : capitalisme démocratique. Son opposition aussi : idée du communisme. Toute la difficulté tient donc dans la façon dont Trump et ses semblables rendent chaque jour plus impossible de la rendre effective - au moment même où nous en avons le plus besoin.
Badiou Alain ; Milner Jean-Claude ; Petit Philippe
Ils sont issus de la même génération. Ils ont tous les deux traversés les années rouges à la fin des années 1960. Alain Badiou est né en 1937 à Rabat, Jean-Claude Milner en 1941 à Paris. Mais s'ils furent l?un et l?autre maoïstes, le premier fixait toute son attention vers la Chine quand l?autre s?en détournait déjà. Cette polémique originaire sur le destin du gauchisme s?est nourrie de nouvelles et profondes divergences à propos du rôle de la philosophie et de la politique au fil des années. La controverse oppose deux grands penseurs que tout rapproche et que tout éloigne. Qu?ils évoquent l?ère des révolutions, et en particulier la Commune et la Révolution culturelle chinoise; qu?ils se penchent sur les grands massacres de l?Histoire; qu?ils discutent de l?infini, de l?universel, du nom Juif, de l?antisémitisme, de la violence, du rôle des intellectuels, du progrès, du capitalisme, de la gauche, de l?Europe. Le scepticisme bon teint de Jean-Claude Milner se heurte constamment à la passion doctrinale d?Alain Badiou. L?amoureux de Lucrèce se frotte à la cuirasse de l?héritier de Platon. Les arguments minimalistes de Jean-Claude Milner croisent les propositions maximalistes d?Alain Badiou. Et ce débat hors normes débouche finalement sur de nouvelles interrogations. Car il n?est de meilleur remède à la puissance écrasante de la raison médiatique que la reviviscence des grandes disputes de l?esprit.
Il n'y a d'éthique que des vérités. Ou plus précisément : il n'y a que l'éthique des processus de vérité, du labeur qui fait advenir en ce monde quelques vérités. L'éthique doit se prendre au sens supposé par Lacan quand il parle, s'opposant ainsi à Kant et au motif d'une morale générale, d'éthique de la psychanalyse. L'éthique n'existe pas. Il n'y a que l'éthique-de (de la politique, de l'amour, de la science, de l'art).
On a dit tout et n'importe quoi à propos du maoïsme d'Alain Badiou, mais qui a lu Théorie de la contradiction, De l'idéologie et Le Noyau rationnel de la dialectique hégélienne? Les Années Rouges, qui réunit pour la première fois ces trois ouvrages, propose de revenir sur ce moment méconnu de la carrière de Badiou. À présent que l'auteur est pleinement entré dans l'histoire de la philosophie, il convenait de combler une lacune en permettant aux lecteurs contemporains de comprendre la trajectoire qui l'a conduit du Concept de modèle à l'élaboration de Théorie du sujet. Mais il s'agissait surtout de montrer que, dans oeuvre de Badiou, la polémique n'a jamais été séparable de la philosophie et travaille la philosophie de l'intérieur. La pérennité du maoïsme réside sans doute ici: dans un engagement de la philosophie au présent, visant à en dégager la nouveauté et les lignes de fracture. A l'opposé des divers retours de la philosophie politique qui ont dominé les dernières décennies, Badiou montre que la philosophie, y compris la plus spéculative et la plus métaphysique, est en soi politique. Revenir sur les années rouges et le moment maoïste, c'est donc aussi renouer avec un geste, réactiver une époque que les défenseurs de l'ordre néolibéral auraient préféré ne voir jamais reparaître.
Pourquoi la station Javel a-t-elle pris le nom d'un industriel quand tant d'hommes et de femmes ont fait bouger les lignes lors des grèves de 1936 dans les usines Citroën ? Qui se souvient, aujourd'hui, des noms des neuf victimes de la police de Papon au métro Charonne, en 1962 ? Comment ne pas s'amuser de voir une station de Levallois-Perret nommée en hommage à Louise Michel, enterrée dans la commune qui était alors à mille lieux du fief des Balkany ? En nous proposant un voyage dans le Paris populaire via le métro parisien, Laurence De Cock et Mathilde Larrère se réapproprient la porte d'entrée proposée par Loran Deutsch dans son Métronome, mais en remettant l'histoire sur ses pieds. Contre les chantres du roman national et des " grands hommes ", elles proposent de montrer comment les rues et les monuments de la capitale ont été le théâtre de la lutte des habitant-e-s, anonymes et ordinaires. Une histoire que les manuels scolaires et les discours officiels négligent, mais qui prend force et vie lorsque l'on se donne la peine d'y regarder de plus près. Redécouvrir cette histoire singulière, faite de tranches de vie et de combats acharnés, c'est non seulement puiser dans les engagements d'hier pour inventer les nôtres, mais c'est aussi se réapproprier l'espace public pour ne pas laisser la rue aux falsificateurs de l'histoire...
Dans sa lutte pour la survie dans les camps des Khmers rouges au Cambodge, Claire Ly, née boudhiste, entame une conversation avec le "Dieu des Occidentaux" auquel elle demande des comptes. Un apprivoisement qui la conduira vers la voie étonnante de la conversion. Avril 1975, les Khmers rouges deviennent les maîtres du Cambodge. Une femme, sa mère et ses deux enfants prennent la route pour la Thaïlande. Leur fuite est bientôt stoppée par les soldats de Pol Pot. Commence alors un long calvaire : camp de travail à la campagne, exécutions sommaires, endoctrinement des enfants, malnutrition, chasse aux bourgeois et aux intellectuels. Dans un récit bouleversant et rare, Claire Ly raconte sa lutte obstinée pour la survie. Que peut faire une jeune femme contre la folie génocidaire de soldats et de militants qui ont sciemment décidé d'éliminer les ennemis du peuple ? Les principes de l'éducation cambodgienne fondés sur une certaine conception du bouddhisme enseignent l'impassibilité, "la voie du milieu" , le détachement à l'égard des souffrances endurées. Pourtant, pour survivre Claire Ly ne peut plus taire sa haine et sa révolte. Bousculant ces valeurs ancestrales, elle choisit de demander des comptes au Dieu des Occidentaux. Pourquoi a-t-il permis ces horreurs ? Peu à peu, ce Dieu étranger devient un compagnon qui le conduira vers une voie étonnante. A travers cette nouvelle édition, Claire Ly amène le regard du public sur sa blessure, pour donner le courage à autrui de regarder ses propres traumatismes. Elle nous démontre que l'épanouissement personnel de chacun ne s'accomplit que lorsque nous faisons face à nos blessures et interrogations tel un lotus émergeant de la boue.
En Amérique latine, les années 2000 sont marquées par un boom de l'extraction des matières premières. Les populations riveraines de ces projets extractivistes (forages pétroliers, mines, coupes de bois et cultures intensives...) "paient pour d'autres" : elles ne bénéficient en rien des ressources naturelles extraites ou des grands travaux réalisés, destinés à des entreprises ou des consommateurs situés à des milliers de kilomètres, mais doivent par contre en supporter les conséquences désastreuses. Ce boom extractiviste a provoqué une multiplication des résistances et mobilisations des populations affectées - peuples indiens, petits paysans et habitants des zones rurales - pour défendre leurs espaces de vie. Rassemblant des textes des meilleurs spécialistes de la question ainsi que d'acteurs et d'actrices de ces luttes, cet ouvrage documente les deux versants de ce phénomène central de l'Amérique latine contemporaine : projets de "développement" et résistances, extractivisme et écologie populaire.
Robert Guédiguian est un des cinéastes majeurs du cinéma français de ces quarante dernières années. Sa participation au jury du festival de Cannes 2018 a confirmé la notoriété internationale de son oeuvre. Pourtant son univers reste encore trop méconnu. Il est pourtant d?une grande richesse, du point de vue des idées, des formes et des émotions qu?il suscite. En allant à la rencontre de l?homme, de ses films et de son engagement, Christophe Kantcheff, qui côtoie le cinéaste depuis très longtemps, propose d?explorer, en texte et en images, cet univers passionnant. Largement illustré de photos de films, de tournage et de collections privées, ce beau livre offre une vision inédite de Robert Guédiguian en tant que cinéaste et en tant qu?artiste engagé dans le débat public. Très peu d?artistes s?expriment avec autant de force en termes politiques. Ce livre présente les fondations biographiques, toujours très influentes, de Robert Guédiguian. Puis, au gré d?un entretien, le réalisateur de Marius et Jeannette aborde son rapport de spectateur au cinéma et de citoyen face à la politique. C?est l?occasion pour lui de préciser un certain nombre de ses positions sur la gauche, le libéralisme, la démocratie, la révolution, l?accueil des réfugiés, la question des identités? Dans une seconde partie, l?ouvrage explore la richesse des thématiques que déploie l?oeuvre de Guédiguian, soulignant la singularité et la grandeur artistique des films réalisés.