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Les Animals
BAYON BRUNO
GRASSET
27,95 €
Épuisé
EAN :9782246435211
Les héros de ce roman à rebrousse-poil s'appellent margouillat, cachalot, scarabée, mouette et biquette... chien Milou ou bien Pouny-chat. Parmi eux, l'auteur ; c'est à une véritable autobiographie à quatre pattes que le lecteur est tout bêtement convié ; la composition, littéralement fourmillante, fait alterner chaud et froid, fable et chronique, rire et malaise, langue de vipère ou pattes de mouche. Sautant du coq à l'âne, de Massy-Verrières aux colonies françaises, du croquis à la fresque, nouveau chapitre hyperréaliste des Plus belles histoires de bêtes d'antan, le récit peut être outrageant mais avec délicatesse, lyrisme, voire ferveur. Ce que les Animals tend à être, c'est un livre de prières à l'heure des puces informatiques : action de grâces à la Méduse mythologique, stances barbares à un Guépard. D'ailleurs, ce qu'on devrait dénicher, au fond du terrier des peurs primitives, le motif inavouable de cette expédition dans nos jungles domestiques, remontée au Déluge ou aux jours du Serpent, c'est le Paradis perdu.
Résumé : "Les choses patientent. Choses détournées de l'usage fixé, converties en motifs. L'installation, toute provisoire, paraît, dès qu'elle est peinte, un témoignage. La bouteille, l'assiette, la poire, le homard, le couteau, le bol, le verre marquent un passage. Quelqu'un a semé la zizanie ou refait de l'ordre. Mais qui ?J'ai commencé à aimer les natures mortes avec un goût policier des choses vraisemblables, montrées dans la lumière de l'inventaire ; avec foi en l'authenticité des traces ; par amour des traces, peut-être, qui sont les rives de l'émotion, niaisement émouvantes, comme au lever de la lune l'empreinte de tes pas sur le chemin enneigé, que tu étais, vers le début de l'après-midi, le premier à grimper". Bruno Bayen.
Résumé : Depuis 1976, au fil de ses rééditions (1980, 87, 92), le roman de formation le Lycéen est devenu un genre de classique. Avec le Grand Meaulnes rectifié Scipion l'Africain qui lui sert de sujet, entre Guerre des Boutons et Désarrois de l'élève Törless, cette épopée frénétique des préaux a pu être ainsi célébrée : " Les Chants de Maldoror réécrits par Pim-Pam-Poum ". L'action, abracadabrante comme la narration, c'est la lutte des classes. Chant de bataille libertaire, le Lycéen immortalise avec un réalisme minutieusement éprouvant la lutte à mort éternelle que se livrent autorité et immaturité. Chahut et colles font rage ; triche, vol et sabotage, onomatopées contre équations, foutoir contre conseil de discipline. Face aux inquisiteurs professoraux ou parentaux, les héros réels de l'histoire sont les vandales transcendants : Zingaro le messie du méfait ou Jean-Marien l'aîné enragé. De 400 coups en baffes et renvoi, de la rentrée 1965 à mai 1968, d'Henri-IV à Michelet ou Sèvres en passant par l'Afrique noire, sur un mode funèbre enjoué, le Lycéen déploie, tout en véhémence langagière, une fantastique galerie de portraits en situation et une fresque de mémoire authentiquement ethnologique, entre imbécillités et mythe. Cet anti-Panthéon pubertaire, indisponible depuis cinq ans, est présenté aujourd'hui, épuré et étoffé de chapitres inédits, en édition monumentale définitive.
Bayon est journaliste et écrivain. Auteurs de plusieurs livres, il a remporté le prix Interallié en 1990, avec Les Animals, paru chez Grasset. Ce livre d'entretiens avec Serge Gainsbourg, avec qui le face à face a eu lieu en 1981 et en 1984, surprendra par sa liberté de ton. Le quotidien Libération avait publié ces deux rencontres-choc, sous le titre de La Mort sublime de Serge Gainsbourg puis de Gainsbourg bombe sexuelle. Autant dire que c'est la dernière phase de la vie du chanteur que révèle ce livre, qui reprend quasi in extenso les entretiens parus dans le quotidien de Serge July. Un Serge Gainsbourg qui se fait appeler Gainsbarre et se prépare à passer de vie à trépas. De manière masochiste, pourrait-on presque dire. Il se suppose même déjà mort pour mieux jeter un coup d'?il amusé sur le monde des vivants. Les propos de l'artiste sont crus, sans concessions au bon goût, mais à bien y regarder non dénués d'une certaine poésie. Gainsbourg est-il sincère ou cultive-t-il l'image qu'on lui a forgée ? Nul ne le saura vraiment. La deuxième partie de cet ouvrage relève ses pensées sur la sexualité et ses déviances multiples. Il va sans dire que ses réflexions s'adressent à un public averti. Gainsbourg y est provocateur à souhait. Ses admirateurs les plus zélés apprécieront. Les autres prendront vite leurs distances face à ce livre à c?ur ouvert. --Pierre Guillaume
On sait ce qu'il en coûte, d'ouvrir la chambre de Barbe bleue. C'est la proposition de Mezzanine. Là, dans son antre aux maléfices lascifs, l'auteur jeune homme en 1980 se livre aux démons de la chair, au septième ciel de Pigalle. Séductions, compulsion, transgressions, combinaisons: à la croisée des figures de femmes et de style, ce roman de formation amoureuse, mi-conte mi-vaudeville, se révèle à force une spéculation vertigineuse sur le sexe et ses excès. Mise en garde. Biographie de l'auteur Né outre-mer en 1951, Bayon, est journaliste. Avec le libertin Mezzanine. il signe son cinquième roman autobiographique. ranchs que Haut fonctionnaire, son livre du père, entre en collection Cahiers Rouges.
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
L'idée générale de ce livre est qu'on apprend des choses sans s'ennuyer, j'espère. Sur des écrivains, des oeuvres, des personnages, des notions, sur la littérature, en un mot, et même à côté : que la France doit la laitue et le platane à Rabelais, par exemple ; tous les écrivains n'en ont pas fait autant. Et leurs "morts inhabituelles" ! J'ai essayé de varier les façons de raconter : plutôt que d'exposer ce qu'est A la recherche du temps perdu, j'ai cherché ce que ce roman n'est pas. Un article est progressif afin de montrer comment on entre dans un écrivain ("Green"), un autre sert à dire pourquoi on ne lit pas certains chefs-d'oeuvre ("Les Misérables"). Il y a des pour et des contre ("Céline", "La Princesse de Clèves"), certains articles servent à parler d'autre chose que de l'auteur même ("Bourges"), on y rencontre "un des romans célèbres les plus mal écrits de la littérature française". La grande majorité des auteurs est du XXème siècle ; le plus ancien est Villon, le plus récent, Françoise Sagan.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".