Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Génération tonique. L'Occident est complètement à l'Ouest
Baverez David
PLON
14,00 €
Épuisé
EAN :9782259230414
Le nouveau monde né de la crise de 2008 n'est pas un monde qui s'écroule, comme on le croit trop souvent en France, c'est juste un monde qui tourne. Comme dans toutes les révolutions, s'offriront des opportunités uniques à ceux qui sauront les saisir. Bienvenue à la "Génération tonique" ! L'année 2008 se révèle celle d'une rupture historique, dont nous n'avons pas encore saisi toute l'ampleur, illustrée par l'accélération du retour de la Chine face à l'Occident et l'avènement d'un nouveau monde multipolaire. En découlent de nouveaux enjeux, soulignant comment les tendances des dix dernières années sont amenées à s'inverser durant les dix prochaines. En résulte une nouvelle manière de vivre et de penser. Période d'autant plus excitante que ces nouvelles interactions se devront d'intégrer la nouvelle donne asiatique, notamment chinoise, qui surprendra par ses capacités d'innovation, telles que déjà observées depuis Hong-Kong, la New York du XXIe siècle. A chacun d'entre nous d'inventer sa propre grille de lecture d'un futur inversé : nécessité d'abandonner "la pensée unique" de la génération précédente pour la " pensée tonique ", remettant en cause nombre de nos convictions acquises.
Paris, mai 2017 : le nouveau Président de la République prend ses fonctions. Il sait qu'il faut engager la France vers des réformes radicales. Il l'a promis durant la campagne et c'est pour cela qu'il a été élu. Comment frapper les esprits d'emblée, marquer la rupture avec les politiques menées par ses prédécesseurs ? Lui vient alors une idée : au lieu d'effectuer sa première visite officielle à Berlin, comme le veut la coutume, pourquoi ne pas se rendre à Pékin ? Il sait que sa démarche va paraître choquante, mais de quel meilleur exemple de réformes radicales et réussies pourrait-il s'inspirer ? Pour se faire une idée plus précise des changements à l'oeuvre dans l'empire du Milieu, il demande à être accompagné durant son voyage par quelqu'un qui y vit, y travaille et côtoie les Chinois au quotidien. Au cours du vol Paris-Pékin dans l'avion présidentiel s'engage alors un dialogue " express " : vif, surprenant, loin des idées reçues et qui révèle la vraie nature de la nouvelle révolution culturelle chinoise, nourrie par les technologies, les services et la soif de consommation. Elle pourrait constituer une source d'inspiration inattendue pour réformer la France.
Et si la démocratie disparaissait sous nos yeux. Impensable ? Pourtant, elle se trouve aujourd'hui en état d'urgence, menacée par ses propres citoyens tentés par la démagogie et l'autoritarisme. Loin de prendre la mesure du danger, nous détournons le regard sur la corruption insidieuse de nos institutions et de notre vie publique. Nous nous rassurons à bon compte en moquant les dirigeants populistes ou en les réduisant à une simple parenthèse qui se refermera vite. L'histoire du XXe siècle nous rappelle que la démocratie est fragile ; qu'à tout moment, l'Etat de droit et l'esprit de modération sur lesquels elle repose peuvent s'effondrer ; que les régimes liberticides s'installent pour durer. Il est donc grand temps de nous attaquer aux maux qui rongent nos sociétés : la montée des inégalités, le désarroi identitaire, la contagion de la violence. Les nations libres doivent reprendre en mains leur destin. Non par l'emballement des passions protectionnistes ou nationalistes mais par un travail patient pour réengager les citoyens dans la vie publique, conforter les classes moyennes, transformer le capitalisme, répondre aux défis de la révolution numérique et du changement climatique, reconstruire un ordre international. Le seul antidote efficace à la crise de la démocratie, c'est la liberté politique !
Trente ans après la chute du Mur, assiste-t-on au retour d'un affrontement entre blocs ? Depuis 2022, le monde fait face à une rupture d'une ampleur insoupçonnée : la guerre menée par la Russie en Ukraine marque le début d'une seconde guerre froide au détriment de l'Europe, tandis que le XXe Congrès du Parti communiste chinois a vu l'entrée de la Chine dans une nouvelle ère économique et géopolitique. Ces deux évènements produisent des conséquences en chaîne. Sur le plan économique, " l'économie de guerre " succède à " l'économie de paix " ; sur le plan géopolitique, la planète se transforme en une " demeure du chaos ". Dans ce contexte, l'équilibre fait place au rapport de forces, le droit se mue en arbitraire, de nouvelles frontières émergent et le conflit à haute intensité devient le mode de résolution des problèmes. Dès lors, une question demeure cruciale : nos démocraties occidentales sauront-elles s'adapter à cette nouvelle situation, alors que la Chine s'y prépare depuis dix ans ? Dans cet essai limpide, novateur et stimulant, enrichi d'un chapitre inédit sur l'année écoulée, David Baverez ausculte avec brio l'état du monde et appelle à une urgente prise de conscience collective.
Cent-cinquante ans après sa mort, Alexis de Tocqueville reste un mystère. Trop libéral pour la droite, trop aristocrate pour la gauche, il est un démocrate de raison et non de coeur. Son génie est d'avoir pensé la démocratie dans toutes ses dimensions, notamment sa face sombre - la tyrannie de la majorité et sa passion pour l'égalité - qui peut la faire basculer dans le despotisme. Voilà pourquoi il est d'une actualité saisissante au moment où les nations libres traversent une crise sans précédent depuis les années 1930. Nul mieux que lui n'a montré que la démocratie peut s'effondrer de l'intérieur, sous l'effet de l'individualisme, des émotions collectives et de la fascination pour la violence. Nul mieux que lui n'a souligné qu'elle dispose de formidables ressources pour relever les défis nés des transformations du capitalisme, des régimes ou des idéologies qui entendent la détruire. Car Tocqueville est aussi un combattant de la liberté, qui a lutté pour l'abolition de l'esclavage, la réforme du système pénitentiaire et l'enracinement de la République. Un combattant de la liberté qui nous rappelle qu'elle dépend de l'engagement de chacun à la défendre.
Résumé : Lors d'une conférence à la Sorbonne, le 9 avril 2005, ayant pour thème "Qu'est ce que la philosophie ?", Luc Ferry définit celle-ci comme une sotériologie, c'est-à-dire une "doctrine du salut". Il entend par doctrine du salut l'ensemble des réponses proposées aux grandes questions existentielles : quel est le sens de la vie puisque nous sommes mortels ? Comment, "sauver sa peau", non en évitant la mort puisqu'elle est inéluctable, mais en vivant, pour le temps qui nous est donné, de manière satisfaisante ? Et dans ce cas, quelle est cette manière satisfaisante et comment la trouver ? La philosophie est en cela concurrente, voire adversaire des grandes religions, puisqu'elle nous invite à trouver par nous-mêmes la réponse à cette question existentielle au lieu d'accepter l'enseignement d'autorité des religions. Selon Luc Ferry, une philosophie commence à être pleine et entière lorsqu'elle s'éloigne de Dieu. Plus une philosophie est athée, plus elle correspond à la définition de la philosophie. Mais dans ce cas amputée volontairement d'une direction de pensée. La philosophie n'est donc pas seulement une réflexion critique, car la démarche scientifique par exemple requiert aussi ce type de réflexion, la philosophie n'est pas non plus seulement une rhétorique séduisante, mais bien une recherche de la sagesse.
Extrait Extrait du préambule Ma vie n'aurait pas le même sens si je ne m'étais pas initié à la vision des pianistes, tentant inlassablement de percevoir comment ces grands fous ont réfléchi, construit et incarné des oeuvres aussi belles et profondes que la dernière sonate de Schubert ou les Préludes de Debussy. Courageuse ascension solitaire vers une vérité inaccessible qui se révèle par fulgurances, l'art des valeureux interprètes éclaire le mystère de l'existence et apaise le désordre du monde. L'instrument piano me fascine en ce qu'il suffit pour contenir toute la musique, mais plus encore la prodigieuse littérature écrite à travers lui au cours des siècles. Je ne serais pas non plus le même si je n'avais pas écouté les sonates de Beethoven avec la même passion qu'en lisant À la recherche du temps perdu pour tenter de saisir les forces essentielles, souterraines et impalpables qui conduisent toute destinée humaine. À peu près ignare sur le plan de l'harmonie, du contrepoint et des lois qui régissent l'organisation des sons, j'ai appris la musique comme on parle peu à peu une langue étrangère en habitant dans un pays étranger, mais sans partager tout à fait les habitudes et les réflexes des autochtones. En rêvant ce langage plus qu'en le vivant, en le sentant plus qu'en l'étudiant, en l'aimant plus qu'en cherchant à le comprendre et à le maîtriser. C'est ainsi que j'ai développé de manière empirique une sensibilité à la musique sans passer par l'analyse. Probablement par paresse, mais surtout par une inclination fondamentale de ma nature qui tend à contourner chaque chose, comme un chat qui, bien qu'attaché à sa maison, demeure éternellement vagabond et préfère se réchauffer près d'un poêle que de le posséder. Je joue du piano chaque jour comme je cuisine chaque jour : en connaissant fort peu de règles, mais en y prenant un plaisir fou. Entrer quotidiennement, fraternellement, dans les nerfs d'un nocturne de Chopin, d'un impromptu de Schubert ou de la Fantaisie en ut mineur de Mozart m'aide à vivre. Ce ne sont pas des morceaux «faciles», mais ils me font assez tourner la tête pour que je trouve le temps et l'envie de les fréquenter intimement avec passion, repoussant ainsi les limites d'une technique rudimentaire. J'aime la sonorité du piano plus que tout autre instrument. Trois notes d'un vilain piano dans une chanson à deux sous suffisent à me faire tendre l'oreille, m'entraînent dans un monde à la fois infini, lointain et très familier. Je ne pourrais pas lire sans écrire ou écouter sans jouer, même imparfaitement, cela ne me semblerait pas complet dans un monde où tout est si douloureusement incomplet. Et, par quelque bizarrerie, obsession, je ne peux me résoudre à écrire sur autre chose que la musique, ce qui constitue une sorte d'impossibilité consubstantielle. Mettre des mots sur la musique ? Autant danser sur l'architecture ! pouffait Frank Zappa. Et peut-on réellement décrire ce qu'on aime depuis si longtemps et expliquer pourquoi on l'aime ?
Présentation de l'éditeur Conflits, affrontements polémiques... Notre quotidien se noie sous les informations de ce qui nous divise, sous les constats de nos désunions. Au point de faire parfois oublier l'autre versant, tout aussi immense, celui de nos attachements, de nos retrouvailles, de nos solidarités. De quelle nature est donc ce lien humain, qui se tient à l'arrière-plan des déchirures ? Est-il inné ? Pluriel ? Spontané ? Sans cesse à construire ? Pour répondre à ces questions, Roger-Pol Droit explore ces " nous " auxquels nous participons et qui nous constituent : le " nous " de la famille, celui des amis et des amants, de ceux qui parlent une même langue, le " nous " des citoyens, le " nous " de l'humanité – sans oublier le " nous " des vivants, toutes espèces rassemblées. Dis-moi de quel " nous " tu parles, je te dirai ce qui le tisse et nous relie aux autres – telle est la maxime de cet essai incisif, qui éclaire cette question urgente d'une lumière inattendue.
Bordeaux vu par l'artisan de son renouveau. "Je ne suis pas né à Bordeaux. Ma ville natale est Mont-de Marsan, le chef-lieu du département des Landes, à 120 km environ au sud de Bordeaux. J'y ai vécu toute mon enfance et mon adolescence. Et Bordeaux dans tout cela ? Mes grands-parents paternels habitaient Bordeaux. Nous leur rendions visite, mes parents, ma soeur et moi, de loin en loin. J'en garde peu de souvenirs. A chaque rentrée scolaire, ma mère nous traînait, ma soeur et moi, chez Mod, la boutique "chic" de la place de la Comédie où elle nous habillait pour l'hiver. Elle n'aimait pas vraiment Bordeaux. Nous nous sommes installés à Bordeaux, Isabelle et moi, en 1994. Nous trouvâmes la maison de nos rêves, dans un vieil immeuble de l'impasse des Tanneries. Nous y fûmes heureux. J'ai sottement vendu cette maison en 2004, sur un coup de tête. J'étais sous le choc de ma condamnation et j'avais besoin de rupture. Nous voici aujourd'hui en plein coeur de ville, entre deux sites stratégiques : la librairie Mollat et le Palais Rohan. Quel bonheur d'aller à pied, chaque matin, à mon bureau de l'Hôtel de Ville. Je repense à la ville telle qu'elle était il y a plus de deux décennies. Elle était certes déjà belle mais elle s'était assoupie. "La belle endormie", disait-on. Les touristes qui la traversaient sur le chemin du sud lumineux la trouvaient noire et ne s'y arrêtaient pas. Elle était noire en effet. Elle y mettait une sorte de coquetterie. Quand j'ai lancé ma première campagne de ravalement, je me souviens qu'un écrivain bordelais s'est affligé, dans la presse, de voir s'effacer la ville de suie... et sa poésie très particulière. Bien vite les Bordelais se sont aperçus que ravaler, c'était aussi restaurer des bâtisses qui en avaient souvent besoin ; que c'était surtout révéler les détails d'une architecture dissimulés sous la crasse. La contagion a vite joué et les Bordelais ont redécouvert leur ville. En présentant mon premier projet urbain, j'avais deux idées directrices : d'abord doter l'agglomération d'un transport collectif moderne et puissant pour prévenir la congestion naissante des déplacements ; et reconquérir ou conquérir les deux rives de la Garonne pour ouvrir résolument Bordeaux sur son fleuve. La rive gauche avait été désertée par le port qui n'y avait laissé que des hangars en ruine. Quant à la rive droite, c'était encore, pour les Bordelais "classiques", un espace quasiment inconnu, un autre monde qu'on ne fréquentait pas. "Obscur tabou ? Loi non écrite ?" se demande J.M. Planes dans son opuscule sur les Quinconces. Les temps ont changé. Le tramway est devenu une sorte de cordon ombilical entre la rive gauche et la rive droite qui n'est plus "le rognon racorni" dans le méandre du fleuve dont parlait J.M. Planes dans un autre texte. Le pont de pierre désormais réservé aux transports en commun et aux déplacements doux accueille jusqu'à 10 000 cyclistes par jour et une nuée de piétons. L'aménagement des quais est plébiscité. Il a transformé un no man's land en lieu de vie quotidiennement fréquenté tant par les habitants de la ville et de la métropole que par les touristes. Quel bonheur pour moi d'y rencontrer des citoyens heureux, et fiers de leur ville !".