Extrait Extrait de la préface de François Bellec, de l'Académie de marine et vice-président de la Société de Géographie C'est paradoxalement la France, malheureuse dans la plupart de ses choix stratégiques outre-mer, hésitante dans ses entreprises commerciales, peu enthousiaste de l'aventure coloniale, peu motivée par le grand négoce maritime, voire ignorant la mer, qui consacra le plus d'énergie et de détermination à suivre le mouvement ibérique vers les Indes Occidentales et Orientales. Le coup de sang de François 1er devant l'iniquité du partage du monde fut un moteur certain, relayé par des initiatives individuelles de pionniers souvent plus courageux qu'organisés. Le littoral français s'anima, de La Rochelle à Franciscopolis qui allait devenir Le Havre. L'ouverture d'esprit de François 1er fut étonnante dans la culture française. La ruine du dieppois Jean Ango, le premier grand armateur mécène d'une aventure moderne en avance d'un demi-siècle sur les réactions de l'Europe non ibérique est peut-être le premier indice lointain du malentendu persistant entre les Français et la mer. C'est de Dieppe que partirent les initiatives. C'est de ce port que Jean et Raoul Parmentier appareillèrent en 1529 pour la mer de Chine. Le Sacre et la Pensée rentrèrent les cales vides et leurs équipages décimés, après un an d'aventures poussées jusqu'à Sumatra. Avant Jacques Cartier que nul n'ignore, les Français devraient mieux se souvenir de Jean de Verrazane, de souche florentine établie à Lyon. Au printemps de 1524, il découvrit à bord de la Dauphine de Dieppe le site de New York, 85 ans avant Henry Hudson. Il l'appela Terre d'Angoulême en l'honneur de François 1er à qui il offrait aussi le littoral qui borde aujourd'hui les États-Unis, depuis la Caroline du Nord jusqu'au Maine. Il proposait de donner à tout cela le nom de Francesca. Malgré sa revendication naguère d'une part du testament d'Adam, le roi avait trop à faire en Italie pour s'attaquer aux intérêts espagnols au Nouveau Monde. La Francesca resta une suggestion. Elle figura sur quelques mappemondes de Vesconte, de Maggiolo et d'Oronce Fine, ainsi que sur le «Globe doré» allemand anonyme vers 1527. Sébastian Munster lui consacra en 1544 une place stratégique sur son Typus Orbis Universalis entre la Floride et les Terres Neuves. Elle gardait iter patet ad Molucas, le passage ouvert vers les Moluques. Verrazane avait cru en effet voir la mer orientale en découvrant le Pamlico Sound qui s'étend entre le cap Hatteras et la Virginie. La Francesca fit place à une Nova Francia, gravée par Ortelius, Blaeu et Mercator, puis elle disparut sous les vocables anglo-saxons ravageurs. Entre les années 1555 et 1565, deux tentatives d'installation française aux Amériques tournèrent mal. Nos huguenots n'imaginaient pas déranger outre-Atlantique les papistes espagnols ou portugais. Ils se heurtèrent à la hargne de l'intégrisme religieux qui faisait la fortune d'Anvers et d'Amsterdam en chassant vers elles les juifs et les protestants créatifs et investisseurs. Nicolas de Villegagnon fonda en 1555 Fort Coligny dans une possible France antarctique en baie de Ganabara que les Lusitaniens n'occupaient pas. Au pied du Pain de Sucre, la petite colonie vivait en bonne intelligence avec les Indiens. Les Portugais récupérèrent leur territoire en 1560, et ils fondèrent Rio de Janeiro sur les ruines de Fort Coligny. La tentative de Jean Ribault et de René de Laudonnière en Floride fut plus dramatique encore. Philippe II fit massacrer les Français par surprise en 1565, au double titre d'ennemis et de luthériens. Jacques Lemoyne de Morgues, dessinateur, cartographe et géomètre de Ribault, un Dieppois encore, nous a laissé une carte de la Floride. Elle a été reprise par Théodore de Bry dont les Grands et petits voyages sont la principale source iconographique sur le Nouveau Monde au XVIe siècle. En particulier sur la Floride, illustrée d'après les dessins et les récits de Lemoyne de Morgues. Les premières expéditions françaises aventurées dans les nouveaux mondes s'appuyaient techniquement sur un effort réfléchi des communautés maritimes de l'Atlantique et de la Manche. Du milieu du XVIe siècle jusqu'au milieu du XVIIe, les communautés maritimes bretonnes et normandes, autonomes dans leur façon de prendre en charge l'évolution des problèmes de la navigation, furent en contact et en résonnance avec les sciences nautiques de la péninsule ibérique et d'outre Manche. Un foyer de progrès se développa en marge des doctrines et des dispositions imaginées dans une capitale et dans des arsenaux coupés des vibrations fécondes du monde maritime alentour. Ce catalyseur étendit l'art habituel de naviguer à la science hauturière dont le besoin apparaissait. Dans le second tiers du XVIe siècle, l'art du portulan parvint au nord de la Loire sous l'influence des ateliers portugais. Il se fixa au Conquet en Bretagne et à Dieppe en Normandie. Les Bretons constituaient une solide communauté de pêcheurs familiers des Terres Neuves depuis 1514, et de commerçants marins qui naviguaient au cabotage de la péninsule ibérique à l'Écosse. Ils accumulaient comme leurs homologues anglais une compétence indiscutable sur la fréquentation d'eaux difficiles. Un noyau d'érudits se développa dans la petite cité du Conquet, dont Guillaume Brouscon fut le premier et le plus fameux des hydrographes.
En Norvège, au mois de janvier 1955, par le plus grand des hasards fut retrouvé sur l'île de Mageroya un manuscrit défraîchi oublié dans la bibliothèque d'une ancienne infirmerie militaire. Daté du 6 octobre 1926, sur les pages jaunies du vieux manuscrit étaient relatées les mémoires d'un nommé Mathurin Tardy dont certains ici parmi les plus anciens avaient gardé le vague souvenir d'un docteur français qui exerça autrefois la médecine à Honningsvåg, la capitale de l'île sur la côte sud.
Résumé : L'Etat islamique peut-il être vaincu ? La Russie de Poutine est-elle un adversaire ou un allié ? Est-il encore temps d'éviter la prochaine crise financière ? La révolution numérique va-t-elle transformer le capitalisme ou dévaster la classe moyenne ? Quels sont les mécanismes qui ont permis le décollage économique de l'Afrique ? Autant de questions qui déterminent notre avenir. L'histoire s'est emballée. Elle est faite de ruptures et de violence, mais aussi de formidables progrès : la réduction de la pauvreté, le développement des pays émergents, la société ouverte, la transition énergétique, l'intelligence artificielle. De nouveaux continents émergent ; d'autres disparaissent. Nous vivons à l'heure des disruptions, c'est-à-dire des événements imprévus et extrêmes. Elles fragilisent les Etats et les sociétés, rendant le monde beaucoup plus instable et dangereux. Elles déstabilisent les démocraties, laissant les dirigeants désemparés. Oui, nous dansons sur un volcan ! Et l'humanité n'a que deux choix : l'effondrement ou l'adaptation aux révolutions en cours dans un monde où l'Occident, qui a perdu le monopole du leadership, doit se réinventer.
Cent-cinquante ans après sa mort, Alexis de Tocqueville reste un mystère. Trop libéral pour la droite, trop aristocrate pour la gauche, il est un démocrate de raison et non de coeur. Son génie est d'avoir pensé la démocratie dans toutes ses dimensions, notamment sa face sombre - la tyrannie de la majorité et sa passion pour l'égalité - qui peut la faire basculer dans le despotisme. Voilà pourquoi il est d'une actualité saisissante au moment où les nations libres traversent une crise sans précédent depuis les années 1930. Nul mieux que lui n'a montré que la démocratie peut s'effondrer de l'intérieur, sous l'effet de l'individualisme, des émotions collectives et de la fascination pour la violence. Nul mieux que lui n'a souligné qu'elle dispose de formidables ressources pour relever les défis nés des transformations du capitalisme, des régimes ou des idéologies qui entendent la détruire. Car Tocqueville est aussi un combattant de la liberté, qui a lutté pour l'abolition de l'esclavage, la réforme du système pénitentiaire et l'enracinement de la République. Un combattant de la liberté qui nous rappelle qu'elle dépend de l'engagement de chacun à la défendre.
Dans la seconde moitié du XXe siecle, d'un revers de main, le plumeau estompa l'âge sur les visages. Les biseaux des crayons s'affûtèrent autour des yeux pour voir autrement le monde et regagner en jeunesse. Le maquillage millénaire fut détourné de son usage traditionnel : protecteur contre les agressions de la nature, marqueur social ou artifice de séduction. Il sert désormais à faire reculer les années. Et tandis que l'espérance de vie s'allonge, le jeunisme fait son apparition. Les artistes se sont saisis de ce sujet dans leurs portraits et ont tissé des liens intimes entre la mode, l'art et le théâtre.
Galilée, souvent perçu comme l'un des pères de la physique moderne, est un personnage majeur de l'histoire scientifique de notre ère. Il a révolutionné les sciences au XVIIe siècle, en passant d'une approche philosophique à une approche expérimentale. Ses travaux et découvertes ont inspiré les générations futures, jusqu'à nos jours. Grâce à cet ouvrage Galilée. Zoomer le Soleil, le Musée de l'Horlogerie de Saint-Nicolas d'Aliermont révèle une facette méconnue du savant florentin. S'il est célèbre pour sa théorie de l'héliocentrisme ("Et pourtant elle tourne"), on ignore trop souvent ses découvertes cruciales dans la mesure du Temps. Un ouvrage poétique et expérimental nous permettant d'approcher les étoiles et de faire la lumière sur Galilée.
Rosa Bonheur (1822-1899), fut une très grande représentante de l'art animalier en France au XIXe. Formée par son père, le peintre Raimond Bonheur, à une époque où l'École des Beaux-Arts était encore interdite aux femmes, elle va exceller dans la représentation animale. Première femme artiste à être décorée de la Légion d'Honneur, elle mena sa vie de façon totalement libre et connut un très grand succès de son vivant qui lui permit de vivre de son art.
Maroteaux Vincent ; Dorion-Peyronnet Caroline ; Bl
Publié à l'occasion de la triple exposition "Empreintes du passé, 6 000 ans de sceaux", au Musée départemental des Antiquités de Rouen, aux Archives départementales et à l'Abbaye de Jumièges, cet ouvrage traite des sceaux et de leurs multiples usages, qu'ils soient de clôture ou de validation, de l'Antiquité à nos jours, et particulièrement en Normandie, dans le diocèse de Rouen, à partir de la période gallo-romaine. Cette publication, qui bénéficie du concours de spécialistes de renom, propose une approche originale des sceaux proche-orientaux, égyptiens et gallo-romains, avant de s'intéresser aux sceaux médiévaux et à leurs évolutions ultérieures. Un focus particulier est porté sur les sceaux du chartrier de Jumièges, un des plus riches de Normandie avec près de 2 000 empreintes originales conservées, et notamment sur les sceaux de villageois, attestant de l'exceptionnelle diffusion du sceau en Normandie. C'est un ouvrage de synthèse exceptionnel, inédit en Europe, sur l'histoire des sceaux, de l'Antiquité à nos jours. Un véritable ouvrage de référence comprenant plus de 500 illustrations et écrit par de grands noms de la sigillographie.