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Proust, Freud et l'autre
Baudry Jean-Louis
MINUIT
10,80 €
Épuisé
EAN :9782707306982
Jean-Louis Baudry nous découvre la parenté ente la correspondance de Freud et celle de Proust, comme premier moment d'une activité d'écriture qui fut pour chacun d'eux vitale. Dans une mise en scène de ce qu'il appelle leur position d'écriture, il montre comment la correspondance amoureuse de Freud avec sa fiancée, puis son échange de lettres avec l'ami des temps premiers de l'invention de la psychanalyse, inaugurent le travail théorique à venir, de même que l'adresse constante de Proust à sa mère, à ses amis, ébauche et prépare le roman. Si l'écriture apparaît ici comme moyen et itinéraire d'une découverte d'abord mise en ?uvre dans la correspondance, si l'écrit théorique ou romanesque qui va s'ensuivre peut se révéler comme élaboration d'une longue lettre, c'est par la matérialisation d'un aveu, d'un mouvement constant de profanation - meurtre et dissection de cadavre - qu'accomplit l'écrit. On peut le lire explicitement chez Proust dans la méditation sur les mères profanées, plus secrètement chez Freud dans le franchissement de l'interdit de l'inceste qu'effectue la pensée psychanalytique en tant que telle. Mouvement où Baudry vient s'inscrire à leur suite en le découvrant pour nous. L""autre"est ainsi le troisième larron d'un trio d'écrivains: le destinataire des messages de Proust et de Freud, mais aussi bien l'auteur de ce livre-ci et ses propres destinataires, le lecteur qui enrôle un lecteur à son tour."
Résumé : Cet ouvrage, composé il y a quelques mois avec Jean-Louis Baudry alors encore vivant, est la réunion de la quasi totalité de ses essais sur l'art : quelques essais sur l'origine du désir d'écrire sur l'art, sur notre rapport au musée, sur le travail de mémoire en jeu dans la peinture, des études d'oeuvres et d'artistes historiques : Le Tintoret, Vuillard, Hopper ; des approches d'oeuvres contemporaines : Albert Bitran, François Rouan, Gérard Titus-Carmel.
Classeurs classés par leurs classements, les sujets sociaux se distinguent par les distinctions qu'ils opèrent - entre le savoureux et l'insipide, le beau et le laid, le chic et le chiqué, le distingué et le vulgaire - et où s'exprime ou se trahit leur position dans les classements objectifs. L'analyse des relations entre les systèmes de classement (le goût) et les conditions d'existence (la classe sociale) qu'ils retraduisent sous une forme transfigurée dans des choix objectivement systématiques ("la classe") conduit ainsi à une critique sociale du jugement qui est inséparablement un tableau des classes sociale du jugement qui est inséparablement un tableau des classes sociales et des styles de vie. On pourrait, à titre d'hygiène critique, commencer la lecture par le chapitre final, intitulé Eléments pour une critique "vulgaire" des critiques "pures", qui porte au jour les catégories sociales de perception et d'appréciation que Kant met en oeuvre dans son analyse du jugement de goût. Mais l'essentiel est dans la recherche qui, au prix d'un énorme travail d'enquête empirique et de critique théorique, conduit à une reformulation de toutes les interrogations traditionnelles sur le beau, l'art, le goût, la culture. L'art est un des lieux par excellence de la dénégation du monde social. La rupture, que suppose et accomplit le travail scientifique, avec tout ce que le discours a pour fonction ordinaire de célébrer, supposait que l'on ait recours, dans l'exposition des résultats, à un langage nouveau, juxtaposant la construction théorique et les faits qu'elle porte au jour, mêlant le graphique et la photographie, l'analyse conceptuelle et l'interview, le modèle et le document. Contre le discours ni vrai ni faux, ni véritable ni falsifiable, ni théorique ni empirique qui, comme Racine ne parlait pas de vaches mais de génisses, ne peut parler du Smig ou des maillots de corps de la classe ouvrière mais seulement du "mode de production" et du "prolétariat" ou des "rôles" et des "attitudes" de la "lower middle class", il ne suffit pas de démontrer ; il faut montrer, des objets et même des personnes, faire toucher du doigt - ce qui ne veut pas dire montrer du doigt, mettre à l'index - et tâcher ainsi de forcer le retour du refoulé en niant la dénégation sous toutes ses formes, dont la moindre n'est pas le radicalisme hyperbolique de certain discours révolutionnaire.
Je suis dans la chambre de ma mère". Ainsi commençait la première page d'un roman publié à Paris en janvier 1951. L'auteur était un Irlandais inconnu qui écrivait en français. La presse saluait aussitôt l'apparition d'un grand écrivain : "Si l'on peut parler d'événement en littérature, voilà sans conteste un livre événement" L'avenir allait confirmer ce jugement. Dès l'année suivante paraissait, du même auteur. En attendant Godot, une pièce qui allait faire le tour du monde et même éclipser quelquefois ce premier roman. Et pourtant, Molloy reste un livre majeur dans l'oeuvre de Samuel Beckett. Jean-Jacques Mayoux, trente et un ans plus tard, nous en offre une lecture encore enrichie par le temps.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.