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Au-delà du romantisme. Ecrits sur l'art
Baudelaire Charles ; Draguet Michel
FLAMMARION
11,50 €
Épuisé
EAN :9782080206282
Baudelaire critique d'art ne cesse jamais d'être poète : "Il m'arrivera souvent, écrit-il, d'apprécier un tableau uniquement par la somme d'idées ou de rêveries qu'il apportera dans mon esprit". Autrement dit, il décrit comme il flâne, avec une acuité de perception que seule rend possible une disponibilité parfaite à l'oeuvre contemplée. C'est à ce titre qu'il encense Delacroix, "peintre essentiellement littéraire", et qu'il raille la ligne dure du dessin d'Ingres. Cette connivence entre peinture et poésie revêt des formes multiples : de la relation classique d'une exposition à la définition de "l'art philosophique", en passant par un éloge en règle du dandysme ou du maquillage, ses écrits sur l'art témoignent d'une pensée toujours mobile, insoucieuse des genres et des hiérarchies, fécondée par les correspondances qu'elle décèle. Ce volume contient : Exposition universelle de 1855 - L'Art philosophique Salon de 1859 - Le Peintre de la vie moderne Peintres et aquafortistes - L'Oeuvre et la vie d'Eugène Delacroix - Lettre à Manet du 11 mai 1865.
Lorsqu'il commence à publier ses petits poèmes en prose dans des revues et des journaux, Baudelaire a beau les qualifier modestement de " bagatelles ", il a pleinement conscience de ce qu'ils ont de singulier. Et nous le savons mieux désormais, ce qui s'inaugure de manière capitale dans ces textes qui visent à capter l'étrangeté du quotidien de son temps, ce n'est rien moins qu'une forme littéraire nouvelle. Rimbaud et Mallarmé vont s'en souvenir très vite - et bien d'autres après eux. Bien que le poète y songeât depuis 1857, l'année des Fleurs du Mal, Le Spleen de Paris ne parut que deux ans après sa mort, en 1869. Ses poèmes en prose constituaient pourtant à ses yeux le " pendant " de ses pièces en vers, et les deux livres, en effet, se font écho à maints égards. Mais à la différence des Fleurs du Mal, ce n'est pas ici un recueil composé qui nous est offert : un espace de liberté, bien plutôt, où le flâneur témoigne d'un nouveau regard venu à l'homme moderne pour lequel la réalité multiplie ses images
Avec Les Fleurs du Mal commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s'efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l'Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l'expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s'il nous apporte la preuve que l'art ici se dénoue de la morale, il n'en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes.D'où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » et l'obligea à retrancher six pièces du volume - donc à remettre en cause la structure du recueil qu'il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d'écrire pour son livre d'autres poèmes encore. Mais après la censure, c'est la mort qui vint l'empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu'il souhaitait - et que nous ne connaîtrons jamais.
Célèbre à trente-huit ans, dès la publication de son premier livre, Voyage au bout de la nuit, Louis- Ferdinand Céline (1899-1961) reste aujourd'hui encore un écrivain très controversé. Haï par les uns qui ne voient en lui qu'un antisémite virulent et un nihiliste outrancier, il est adulé par les autres qui ne veulent retenir que le caractère fondamentalement novateur de sa littérature. Yves Buin propose une approche nuancée, montrant que la lumière peut côtoyer la ténèbre. Médecin des pauvres, anticommuniste, pacifiste, Céline, qui reconnaissait à l'écrivain le droit d'inventer sa propre biographie, ne cesse de tricher, de mentir, mais paie comptant, "met sa peau sur la table", et échafaude une oeuvre qui fait de lui un des plus grands prosateurs classiques du xxe siècle.
Lorsque Arthur Rimbaud (1854-1891) écrit à sa soeur Isabelle "notre vie est une misère, une misère sans fin. Pourquoi existons-nous?", il est âgé de trente-sept ans et n'a plus que quelques mois à vivre. Mais qu'importe, il a déjà vécu plusieurs vies en une seule: une vie d'écolier précoce, une vie d'adolescent rebelle, une vie éphémère de poète génial, une vie d'époux aux côtés de Verlaine, une vie de grand voyageur autour du monde, une vie de négociant en Abyssinie, une vie d'estropié, une vie de tragédie grecque, de verbe et de silence. C'est l'unicité de cette existence, une des plus grandes aventures poétiques de tous les temps, que nous restitue, année après année, cette biographie.
« L?ensemble de mon oeuvre fera un jour un tout indivisible. Je fais [?] une Bible, non une Bible divine, mais une Bible humaine ». Poète, dramaturge, romancier, essayiste, pamphlétaire et artiste hors du commun, Victor Hugo (1802-1885) n?a suscité que des réactions passionnées. Son existence même fut placée sous le signe de l?exceptionnel, depuis sa naissance jusqu?à ses obsèques nationales suivies par plus d?un million de personnes. Protée au génie démesuré, partisan acharné du progrès de la vie sociale, de la liberté de la presse et de l?abolition de la peine de mort, il a exercé une influence considérable sur les idées littéraires, morales et politiques du XIXe siècle. Victor Hugo? Un destin et une oeuvre. Entre les deux, un homme, dévoilé ici dans toute sa diversité, dans tout son souffle, par Sandrine Fillipetti: « Je finis par ne plus être qu?une espèce de témoin de Dieu ».
Paul Verlaine (1844-1896) est sinon le plus grand poète français, du moins le plus mélodieux et le plus pur. Sa vie tumultueuse, ses passions, ses errances et ses fuites à l'étranger font de lui un personnage hors du commun. Né sous le signe de Saturne, qui lui vaut, dit-il, "bonne part de malheur et bonne part de bile", écartelé entre Mathilde, "la petite épouse", et Rimbaud, "l'époux infernal", il tente de percer les mystères du commerce poétique. Qu'elle soit grâce ou dépravation, "crapulerie" ou sagesse, perfection musicale ou violence orageuse, la poésie est avant tout pour lui le moyen le plus sûr de connaître le monde.