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La clameur des lucioles
Bastard Joël
LANSKINE ED
10,00 €
Épuisé
EAN :9782359631098
On marche dans une ville étrangère, Montréal, de porte en porte, de visage en visage. On ne connait de ce jour, ni la dernière porte, ni le dernier visage. Une phrase s'éteint, les mains serrées sur la rambarde d'un balcon, une ville dans les yeux. Ce livre est devenu un spectacle en 2020. Une lecture interprétée par Sandrine Bonnaire accompagnée par le trompettiste Erik Truffaz qui en a composé la musique. LA CLAMEUR DES LUCIOLES a été jouée en France, en Italie, en Suisse... et a été sélectionnée dans le cadre Un rêve d'Avignon par France Culture en 2020. "... Je vais sortir. Je dois sortir. Marcher dans les rues, écouter la ville. Voir le pas des maisons. Voir les habitants entrer dans ces maisons et en sortir. Plus que tout, je dois aller voir le fleuve, le chemin qui marche, le Magtogoek des amérindiens, le fleuve aux grandes eaux. Le Saint Laurent. Mais peut-être ne sera-t-il plus là. Peut-être que le fleuve aura disparu au fond de la nuit dans le cerveau d'un homme qui le rêvait. Peut-être que le fleuve et tous ses transports de pommes douces, de sel et de farine, coule pour toujours dans le crâne d'un inconnu disparu en forêt. Peut-être que le fleuve que nous voyons là est une illusion, le reflet de la pensée d'un homme étendu sous les branches et que le chemin qui marche le protège maintenant de son absence".
Une seconde et tout bascule. Dans leur voiture, Saïd et Zacharie volent. Il y a l'avant, le camping sur l'île, les jeunes dont ils s'occupent, la bagarre et la course-poursuite. Il y aura l'après, au village, le rassemblement autour de l'événement lunaire que la télé relaye et qui occulte l'instant présent. Une seconde qui s'éternise et accentue le décalage entre le fait divers et le fait historique, entre les gens d'ici et ceux d'ailleurs. Une seconde pour que notre attention versatile projette dans le même plan séquence la lune qui brille pour la terre, l'homme qui la foule du pied et ceux qui rêvent de montrer à quelques adolescents le monde et ce qu'il est possible d'y faire. Joël Bastard nous entraîne dans une écriture de l'instant. Les phrases courtes, percutantes, reconstruisent petite à petit le puzzle du récit. Les encres de Patrick Devreux y répondent, en contrastes et nuances. Des encres de plus en plus sombres, au fur et à mesure que le drame fait place à l'insouciance des vacances.
Revue de presse «La rivière Casaluna prend naissance dans le flanc ouest du San Petrone en Corse et se donne vingt-sept kilomètres plus tard au Golo pour la mer.»
Louise est une petite fille qui comme beaucoup de petites filles aime les robes qui tournent, les rubans dans les cheveux, et sauter à pieds joints dans les flaques. En grandissant, elle devra aussi apprendre à guetter le grincement de la poignée de la porte. Tenter d'écrire là où les regards se détournent. Un récit poétique écrit à la première personne du singulier disloquée, où identité, temporalité et écriture se détraquent. Un texte empli de douceur et de douleur.
Un renard, un jour, a dressé la tête vers moi. Je crois l'avoir aimé autant que toi ; je l'aime en toi, qui es fait comme lui, d'eau et d'un peu de sel. Parfois, je m'entraîne à le dire, variant les tons, faisant claquer un peu ma langue ou chuchotant à mots couverts ; je t'aime. Par miracle, il semble qu'un rien de ce qui m'appelle à toi traverse le son de mon murmure.
Né en 1961 à Damas, le poète Gebran Saad, comme nombreux chrétiens de Syrie, a été obligé de fuir son pays en guerre pour se réfugier en Suède où il vit actuellement. Mais au lieu de mettre sa poésie sous le signe de l'exil, il la met sous le signe du voyage, car, comme le dit la grande poétesse libano-syrienne Etel Adnan, dans la préface à ce recueil, le malheur ne peut se vivre que comme un voyage, un espace ouvert, une découverte, même s'il ne s'agira en fin de compte que d'un voyage dans ce malheur même.