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Guide de Mongolie
Basara Svetislav ; Lukic Gojko ; Iaculli Gabriel
10 X 18
7,80 €
Épuisé
EAN :9782264046475
Un écrivain serbe est dépêché en Mongolie pour y écrire un guide de voyage. Lui qui rêvait de s'extirper de sa morosité quotidienne, atterrit dans un pays perdu, lieu de tous les possibles - où, de temps à autre, on brûle encore des sorcières. Il échoue au bar de l'hôtel Gengis Khan à Oulan-Bator, où il voit défiler un évêque hollandais égaré dans un rêve, un officier russe devenu lama, un mort vivant au passé lubrique et même l'énigmatique Charlotte Rampling. Que tout cela confine à la folie importe peu; la vodka coule à flots, délie les langues et libère les pensées les plus délirantes de Basara. Flottant entre rêverie et ivresse, au c?ur d'un univers jubilatoire où la seule certitude est qu'il n'y en a aucune, il se laisse emporter dans un tourbillon extravagant de dérision qui n'épargne rien, ni personne.
Un ambassadeur, issu d'Oxford ou de Cambridge, donc homosexuel par principe, débarque incognito en Etrascie. Un drôle de pays, l'Etrascie. Quasi inexistant géographiquement, économiquement négligeable, et à géométrie variable diplomatiquement. Un pays de rêve ou l'enfer ? Afin de se documenter, notre ambassadeur entreprend sur place la lecture du récit de Robert T. Cincaid, un autre ambassadeur visiblement. Qui lui-même finira par laisser la parole au truculent littérateur dissident Salman Basrie, qui signe souvent ses opuscules S.B. Des initiales qui ne sont pas sans rappeler celles de son traducteur, Svetislav Basara. Un nom qu'on a déjà vu quelque part... Le pays maudit, c'est tout cela : un lieu qui n'existe pas et où pourtant on peut aller, un pays où tout s'enchevêtre, les récits, les vies, les idées, au point où plus rien n'est identifiable, et où pourtant l'on continue d'écrire, de proférer, d'exposer, de vivre. Le pays de tous les excès, le pays du vide aussi. Du portrait ubuesque du président à la satire tragico-comique des méfaits du Service de Sécurité, Basara brosse une peinture acide de l'Etat et de la politique internationale, sous forme d'un roman à tiroirs sans clés, une folle caricature authentique à force d'outrance. Svetislav Basara revisite et bouscule la tradition serbo-croate du roman diplomatique, dont Ivo Andric avait fait un art. Il en fait éclater l'archétype et s'amuse brillamment, comme un diable surgissant de sa boite, de ce qu'à l'interpréter, on puisse toujours faire dire à un auteur tout et son contraire.
Attention: bizarre! Qui sait comment réussir un crime parfait? Que se passe-t-il dans la tête d'un homme enfermé la nuit dans un supermarché ou celle d'une personne chutant de la tour Eiffel? Dans un foisonnement d'aventures loufoques et jubilatoires, Basara explore l'absurdité de nos existences, jusqu'à cet ultime point, où du néant surgit l'humanité.
Que Christophe Colomb découvrit et explora un continent fictif, que Karl Marx fut le visionnaire d'une société utopique, et Freud le fondateur d'une fausse religion... qui pourrait en douter ? Personne, surtout pas après avoir lu Phénomènes, recueil où les nouvelles se répondent les unes les autres dans un seul but : démontrer la grande imposture qu'est l'Histoire et l'énorme fiction qu'est le monde. Ainsi, ce que de tout temps l'on a tenu pour réel n'est que littérature, et les documents authentiques, les archives du monde, les originaux, se mêlent aux documents apocryphes et aux contrefaçons. Le maître-mot de cette malicieuse dénonciation ? Falsification. Certes, Phénomènes n'est que la copie d'un manuscrit brûlé. Mais que l'original ait disparu, qui plus est " brûlé ", n'est-ce pas ce qui en ferait l'authenticité ? Allez savoir...