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Quand tout est déjà arrivé
Barnes Julian ; Aoustin Jean-Pierre
FOLIO
7,60 €
Épuisé
EAN :9782070462339
Extrait Vous réunissez deux choses qui n'avaient encore jamais été mises ensemble. Et le monde est changé. Les gens ne le remarquent peut-être pas sur le moment, mais ça ne fait rien : le monde a quand même été changé. Le colonel Fred Burnaby, de la Garde royale à cheval, membre de la Société aéronautique britannique, s'éleva de terre non loin de l'usine à gaz de Douvres, le 23 mars 1882, et atterrit en France, à mi-chemin entre Dieppe et Neufchâtel. Sarah Bernhardt s'était envolée du centre de Paris quatre ans auparavant, et avait atterri près d'Emerainville, dans le département de la Seine-et-Marne. Félix Tournachon s'était envolé du Champ-de-Mars à Paris, le 18 octobre 1863 ; après avoir été emporté vers l'est pendant dix-sept heures par une forte brise, il s'était écrasé à côté d'une voie ferrée près de Hanovre. Fred Burnaby voyagea seul, dans la petite nacelle - seulement trois pieds sur cinq et trois pieds de haut - d'un ballon rouge et jaune appelé The Eclipse. Burnaby pesait plus de cent kilos, portait une vareuse à rayures et un petit bonnet bien ajusté sous lequel il glissait son mouchoir pour se protéger la nuque du soleil. Il emporta deux sandwiches au boeuf, une bouteille d'eau minérale Apollinaris, un baromètre pour mesurer l'altitude, un thermomètre, une boussole et une provision de cigares. Sarah Bernhardt avait voyagé avec son amant d'alors, le peintre Georges Clairin, et un aéronaute professionnel, dans la nacelle d'un ballon orange dont le nom, Dona Sol, était inspiré de son rôle du moment à la Comédie-Française. À 6 heures et demie du soir, au bout d'une heure de vol, l'actrice avait joué les mères de famille en préparant des tartines de foie gras*. L'aéronaute avait débouché une bouteille de champagne, faisant sauter le bouchon vers le ciel, et Sarah avait bu dans un gobelet en argent. Puis ils avaient mangé des oranges, et jeté la bouteille vide dans le lac de Vincennes. Grisés par le sentiment soudain de supériorité, ils avaient lâché gaiement du lest sur les gens en bas : d'abord une famille de touristes anglais accoudés à la balustrade de la colonne de Juillet et, plus tard, une noce s'adonnant aux plaisirs d'un pique-nique champêtre. Tournachon avait voyagé avec huit compagnons dans un aérostat fièrement imaginé par lui-même : «Je construirai un ballon gigantesque, dépassant par ses dimensions les plus grands cités dans les annales...» Il l'avait appelé Le Géant. Lequel effectua cinq vols entre 1863 et 1867. Parmi les passagers de ce deuxième vol se trouvaient la femme de Tournachon, Ernestine, les frères aérostiers Louis et Jules Godard, et un descendant de la famille Montgolfier. Il n'est pas fait mention de la nourriture qu'ils emportèrent. (...) --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Stuart et Oliver sont de vieux amis et, même s'ils diffèrent sur certains points (cette manie de la précision et ce goût des dictionnaires qu'a Oliver !), ils partagent beaucoup de choses à commencer par la même femme, Gillian. Enfin, affirmer qu'ils la partagent est peut-être exagéré, il serait plus juste de dire qu'ils se la disputent. Une classique histoire de trio amoureux ? Pas vraiment, car Julian Barnes, au lieu de confier le récit à un narrateur omniscient a choisi de donner la parole à chacun des protagonistes qui, conformément à un proverbe russe placé en exergue du roman, "ment comme un témoin oculaire". Il en résulte un enchevêtrement de rancoeurs, de mensonges, de remords, de culpabilité qui transforment le marivaudage en une véritable analyse chirurgicale des sentiments, sans que l'auteur renonce jamais à son humour très britannique. Le roman adapté à l'écran par Marion Vernoux dans un film interprété par Charles Berling, Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg, a obtenu le prix Femina étranger en 1992. --Gérard Meudal
«La première fois que Graham Hendrick surprit sa femme en flagrant délit d'adultère, il s'en moqua éperdument. Il se mit même à rigoler doucement. Il ne lui serait certes pas venu à l'esprit de tendre la main pour couvrir les yeux de sa fille.»De Shakespeare à Proust, de Molière à Robbe-Grillet et quelques autres, on sait que la jalousie est un bon ressort pour mettre en place les éléments d'un drame. Mais, dès cette première phrase du roman de Julian Barnes, on sent bien qu'il y a là quelque chose de nouveau, d'inattendu, et que l'auteur cherche à nous déstabiliser, à faire que le sol se dérobe sous nos pieds... Avait-on déjà écrit, avant Julian Barnes, sur la jalousie par écran interposé ?
Le Baiser de l'Hôtel de Ville. Je n'aimais pas cette photo. Tout ce noir et blanc, ce gris flou, c'était juste les couleurs que je ne voulais pas pour la mémoire. " La librairie où François travaille ferme ses portes; à l'approche de la quarantaine, il se retrouve face à lui-même. Les souvenirs se bousculent, amplifiés par la vogue des années cinquante. Il éprouve alors le sentiment d'être dépossédé de son enfance. Pourquoi ses parents ont-ils toujours prétendu être les amoureux que l'on voit sur cette photo de Doisneau
« Cultiver les plaisirs de mes sens fut, dans toute ma vie, ma principale affaire; je n?en ai jamais eu de plus importante ». Il n?a pas fallu longtemps, un siècle tout au plus, pour que GiacomoCasanova (1725-1798) prenne sa place au Panthéon des mythes. Fils d?une modeste famille de comédiens, il est devenu, à la faveur de ses Mémoires, Histoire de ma vie, une figure de référence dans l?art de la séduction. Mais qu?était-il vraiment? Un agent secret, un aventurier cosmopolite, escroc à ses heures? Pour aborder Casanova, il faut se garder d?appliquer à son histoire les catégories issues des deux siècles qui nous séparent de lui. Le dépouillant de ses attributs de surmâle, Maxime Rovere en fait un éternel amoureux joueur de cartes invétéré, mais aussi un voyageur insatiable, un homme de lettres éperdu de projets, un grand amateur de vins et un incomparable gastronome, en somme le chantre d?une liberté nouvelle, praticien volontaire d?unephilosophie joyeuse et hédoniste.
Nouvelle édition en 20034e de couverture : "Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les Diaboliques ? N'ont-elles pas assez de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom ? Diaboliques ! il n'y en a pas une seule ici qui ne le soit à quelque degré. Il n'y en a pas une seule à qui on puisse dire le mot de "Mon ange" sans exagérer. Comme le Diable, qui était un ange aussi, mais qui a culbuté, - si elles sont des anges, c'est comme lui, - la tête en bas, le... reste en haut !"
Changer d?activité, de femme, d?environnement, de personnalité voire même d?apparence physique? tout mettre en oeuvre pour devenir quelqu?un d?autre, c?est le pari improbable qu?ont décidé de se lancer un soir deux inconnus alcoolisés, l?encadreur Thierry Blin et le commercial Nicolas Gredzinski. A travers le portrait taillé serré de ces deux anonymes, Tonino Benacquista revisite le mythe de la quête identitaire, de ses enjeux incertains à ses implications souvent cruelles. Blin et Gredzinski avaient tout pour être heureux, un travail, des amis, une femme, mais pour autant, ils ne l?étaient pas. Leur rencontre aussi fortuite que déterminante sur un court de tennis va renverser leur vie, qui prend alors une direction distincte et inconnue. Mais si les deux hommes finissent bien par changer, en bien ou en mal, leur façon de faire est très différente. Quand le premier agit avec conscience et méthode pour se transformer point par point en son contraire, et devenir détective privé à l?identité nouvelle, le second ne fait rien, ou plutôt croit ne rien faire, si ce n?est de se laisser tomber dans l?alcool, avec un plaisir grinçant... Cette opposition de styles dessinée chapitre après chapitre autour des deux personnages qui ne se reverront plus, confère au roman toute sa verve et son originalité. Certes, on ne rit pas là beaucoup, le sujet ainsi traité nous renvoyant souvent à nos propres questionnements, mais on apprécie d?être le spectateur discret d?une transformation qu?on aurait rêvé être la nôtre sans oser se l?avouer? --Guillaume Folliero
Dupin est le roi de la déduction. Et quand il décide de mener l?enquête, c?est avant tout pour prouver que tout s?explique, même les histoires les plus extraordinaires. Afin d?illustrer ce propos, le narrateur nous raconte deux affaires que son jeune ami a résolues. D?abord, celle du double assassinat d?une mère et de sa fille, particulièrement affreux, survenu de nuit dans une rue sombre de Paris. Ensuite, celle de la cachette introuvable dans laquelle un maître chanteur avait placé une lettre volée fort compromettante pour sa propriétaire.
Jenny Fields ne veut pas d'homme dans sa vie mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d'écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n'est jamais loin... Un livre culte, à l'imagination débridée, facétieuse satire de notre monde.
À 43 ans, Jeff Winston meurt subitement d'une crise cardiaque, laissant derrière lui une vie médiocre et un mariage à la dérive. Quelle n'est pas sa stupeur lorsqu'il se réveille... dans sa chambre d'étudiant, âgé de 18 ans. Dans le passé, sa vie recommence comme avant. Sauf qu'il a gardé le souvenir de sa précédente existence...Qui n'a jamais rêvé de pouvoir revivre son passé fort de son expérience d'aujourd'hui ?
L'écrivain sud-africain J.M. Coetzee, qui a reçu le prix Nobel de littérature 2003, a placé l'apartheid et ses stigmates au centre de son oeuvre. D'ascendance anglo-allemande, John Maxwell Coetzee est né en 1940 au Cap, en Afrique du Sud. Scolarisé dans un établissement anglophone, il s'installe en Grande-Bretagne au début des années 1960, où il exerce la profession de programmateur informatique. Il délaisse rapidement cette activité pour embrasser des études d'histoire et de littérature aux Etats-Unis. Il est édité pour la première fois en 1974 avec Terres de crépuscule. Mais c'est en 1980 qu'il connaît le succès international avec En attendant les barbares. En 1983, l'auteur sud-africain décroche le prestigieux Booker Prize pour Michael K, sa vie, son temps. Parallèlement, Coetzee enseigne les lettres et l'anglais à la State University de New York à Buffalo, dans l'Etat américain de New York (nord-est). L'année suivante, il obtient une chaire de professeur de littérature anglaise à l'université du Cap. En 1986, il publie une version revue de Robinson Crusoé dans le roman Foe, avant de revenir à son Afrique du Sud. Il publie en 1990 L'Age de fer. Premier écrivain à recevoir le Booker Prize deux fois (pour son roman Disgrâce en 1999), il s'expatrie en 2002 en Australie, à Adélaïde précisément où il occupe un poste à l'université. Traducteur et critique, il a publié cette année Elizabeth Costello: Eight Lessons.