A chaque nouveau spectacle, l'Opéra national de Paris nous offre une élégante entrée en matière par l'intermédiaire du programme. Enrichi de textes inédits conçus par des amateurs éclairés, il nous présente sous un certain regard une ?uvre neuve. Le rideau est ainsi subrepticement écarté avant le début du spectacle et notre écoute peut être modifiée par le prisme de l'analyse d'un philosophe, d'un écrivain, d'un musicien ou d'un plasticien. Grâce à une étroite collaboration avec l'Opéra national de Paris, la volonté de donner un nouveau souffle pérenne à ces textes est concrétisée par ce recueil. Lectures d'opéra n'est pas un livre sur la musique ni sur les livrets mais tout cela à la fois. La variété des approches qui s'y retrouvent vise à dépasser l'espace de l'opéra en proposant ces beaux textes à un public plus large, qui pourra continuer sa lecture bien au-delà de ses portes.
Borromini a été très présent aux yeux des Suisses sur leurs billets de banque, mais que sait-on de cet architecte célèbre, né près de Lugano en 1599 ? Cet ouvrage comble un vide. Beaucoup mieux, il prend place parmi les plus belles oeuvres que nous aura données un écrivain d'aujourd'hui. A Rome, où il séjournait à l'Institut suisse, Etienne Barilier se prit de ferveur pour le maître du baroque dont la vie nous est restée inconnue, à part son suicide. Du grand rival de Bernini demeurent les oeuvres. Il ne fut pas facile de percer les secrets de l'Oratoire des Philippins, de Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines, de Saint-Yves-de-la-Sapience... C'est par des visites assidues et des observations fascinantes qu'ont repris chair, en ces pages, de grandes figures du dix-septième siècle romain et le créateur d'une architecture éminemment personnelle. Il ne sera plus possible de fondre les travaux de Borromini dans " le baroque ", car on perçoit ici une destinée d'artiste qui va seul. Il demeure sans âge par sa passion des matières et des ordonnances constructives, mais frappé d'un respect aigu, on dirait pascalien, du limité et de l'illimité. Dans les mandats les plus contraignants il révéla son génie.
Il était temps que la vie et l'oeuvre d'un des plus grands ethnologues du vingtième siècle, Suisse de naissance et nomade par vocation, soient honorées par un ouvrage d'ensemble. L'Ile de Pâques, Le Vaudou haïtien, les Incas : ces oeuvres majeures ont fait date et gardent toute leur valeur aujourd'hui. De haute qualité scientifique, elles témoignent d'une sympathie profonde pour les civilisations qu'elles font revivre. Car aux yeux de Alfred Métraux, l'ethnologie est une science humaine, au sens le plus fort et le plus plein du terme.
Il faut se pénétrer de l'idée que l'Aide, dans l'univers de l'informatique grand public, est purement factice. Elle fait penser à ces aliments en plastique ou en carton-pâte qui permettent aux petites filles de jouer à l'épicière. Mais les petites filles savent bien qu'elles ne peuvent pas manger ces objets. " Ici, l'auteur raconte les découvertes et mésaventures de l'usager moyen, et se demande comment faire pour que l'informatique et Internet, inventions géniales, ne servent pas à fabriquer des ignares et des aliénés. Comment éviter d'être les esclaves de ces machines. Bref, comment faire de l'ordinateur un domestique plutôt qu'un tyran.
Résumé : En 1884, Khartoum est assiégée par le Mahdi, qui veut rétablir l'Islam dans sa pureté. La ville est défendue par le général anglais Gordon, étrange militaire attiré par le mysticisme, aimé des Khartoumois pauvres qu'il veut protéger. Fondé sur un épisode historique réel, ce roman nous raconte comment Gordon, tente de résister. Mais aussi la vie qui se poursuit dans cette ville isolée. Voici Pascal Darrel, ancien communard attiré par la mahdisme ; le comte de Veyssieux, un esclavagiste prêt à toutes les trahisons ; soeur Matilda, seule à la mission autrichienne ; ou encore l'archéologue Karl-Richard Lepuschütz, fasciné par la civilisation de Méroé... Tous leurs destins seront aspirés par l'imminence de l'assaut, puis par l'assaut lui-même...
Résumé : Suite à la mort des ses parents, Mélanie, une jeune adolescente, quitte sa belle maison de campagne avec son frère et sa soeur pour aller vivre dans le petit appartement londonien de son oncle Philip. Très vite, ce dernier, monteur de marionnettes, va se muer en personnage immense et effrayant, Barbe-Bleue en son château aux portes closes. Récit d'initiation, fable sur la confrontation du mal et de l'innocence, le roman d'Angela Carter est tout cela. Il joue des références littéraires et picturales : Lear, Carroll, mais aussi Coleridge, Melville et Poe sont convoqués dans cette histoire profondément mystérieuse et touchante.
Résumé : "Toute ma vie son influence a illuminé mon travail... Oui, Fante a eu un énorme effet sur moi. [...] Fante était mon dieu." Charles Bukowski. "En tant qu'écrivain, je suis très heureux de recevoir une bonne leçon. Comme simple lecteur, j'ai poussé les portes du paradis." Philippe Djian. "A l'image de Fante, Bandini et Molise, ses héros de papier, débordent de rancoeur, de tendresse, de générosité ou d'une méchanceté noire inouïe. Ils sont infects, drôles, adorables, émouvants." La Vie. "Les histoires de Fante ressemblent toujours à la sienne. Son héros, Arturo Bandini, est aussi fils d'immigrés italiens, il a aussi envie de prendre sa revanche sur les années de dèche, de se faire une place sur les rayons des bibliothèques, d'aimer les femmes. Tout cela, Fante le fait passer dans une écriture dégraissée, déblayée de toute littérature." Télérama.
Un jour j?ai sorti un livre, je l?ai ouvert et c?était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l?or à la décharge publique. J?ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d?une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose sculpté dans le texte. Voilà enfin un homme qui n?avait pas peur de l?émotion. L?humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi. J?avais une carte de la bibliothèque. Je sortis le livre et l?emportai dans ma chambre. Je me couchai sur mon lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu?il y avait là un homme qui avait changé l?écriture. Le livre était Demande à la poussière et l?auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m?influencer dans mon travail" (Charles Bukowski, 1979).
Invité en 1966 à Princeton, à une session du Groupe 47, Peter Handke y fait un éclat en s'opposant à la vogue du "réalisme" en littérature : Une certaine conception normative de la littérature désigne d'une belle expression ceux qui se refusent à raconter encore des histoires, tout en étant à la recherche des méthodes nouvelles pour décrire le monde (...) : elle dit qu'ils "habitent une tour d'ivoire" et les traite de formalistes, d'esthètes. Que les écrivains se réfugient dans leur "tour d'ivoire", c'est ce que revendique paradoxalement Peter Handke. Confrontation avec Brecht, Horvath ou Bernhard, avec les méthodes du théâtre et du cinéma ou avec le discours de la justice, réflexions, critiques, satires, pamphlets..., cet ensemble de textes divers passe du sérieux à l'humour, des méditations austères aux "gais feuilletons". Handke s'attache à y définir sa position par rapport à l'écriture : longtemps, la littérature a été pour moi le moyen, si ce n'est d'y voir clair en moi, du moins d'y voir tout de même plus clair. Elle m'a aidé à reconnaître que j'étais là, que j'étais au monde.