Contre Charles Boycott, propriétaire terrien irlandais, ses fermiers organisèrent en 1879 un blocus qui l'obligea à capituler sur les loyers et les conditions de travail. Le boycott est l'arme des pauvres contre les puissants, des opprimés contre la domination. Le mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) est issu d'organisations populaires palestiniennes en lutte contre l'occupation militaire de la Palestine et l'apartheid en Israël. Comme l'explique Barghouti, c'est un mouvement non violent, moral et antiraciste. Il vise tous les produits en provenance d'Israël: le limiter aux produits des colonies serait le rendre inefficace, tant cette origine est facile à masquer. Il vise entre autres le domaine académique, car à de très rares exceptions près l'université israélienne est complice de l'occupation et de l'apartheid. Le débat sur le boycott atteint désormais des pays aussi divers que la Norvège, l'Australie, les Etats-Unis ou l'Afrique du Sud. Sur ce débat, le public français est mal informé. La publication de ce livre, qui comble une lacune, est menée au nom de la liberté d'expression et du droit du public à une information indépendante.
Très jeune, Vincent van Gogh (1853 - 1890) a transporté ses pénates de lieu en lieu sans jamais demeurer très longtemps où que ce soit. Dans le Borinage, il a décidé de devenir artiste. Dès lors, il a réalisé quelque 900 toiles et 1 ? 100 oeuvres sur papier. Il a également laissé 1 ? 102 lettres. La photographe Karin Borghouts a suivi la trace de Vincent van Gogh de son lieu de naissance aux Pays-Bas, Zundert, à Auvers-sur-Oise en France, où l'artiste a mis fin à ces jours. Elle a également reconstitué 25 de ses natures mortes qu'elle a photographiées. Admirez les lieux surprenants et les thèmes de Van Gogh vus à travers le regard et l'objectif de Karin Borghouts.
Ce dossier interroge des citoyennetés : au travers de pratiques, à partir des ressources que celles-ci mobilisent, et depuis des lieux et des époques variés dans les sociétés du Maghreb. Il invite à analyser de quelles façons, dans une multiplicité de situations et de cours d'action, s'affirment, se construisent, et se revendiquent des droits d'appartenance à un lieu donné. Comme en rendent compte les contributions de ce dossier, manger ensemble, participer à la construction d'une fontaine, faire assemblée, se déclarer d'une localité, s'identifier à une famille, demander des attestations, adresser des requêtes d'assistance ou réclamer d'être logé sont autant d'actes qui nourrissent, mettent en scène, mobilisent ou actualisent des citoyennetés aux statuts et envergures variés. Nous en proposons une définition qui envisage qu'elles puissent s'exprimer et coexister hors de liens exclusifs et univoques à l'Etat. Une variété d'instances peuvent en définir des critères concurrents, leur exercice être l'objet de conflits et le creuset d'exclusions autour de ressources disputées. Ainsi, les citoyennetés ne sont plus l'apanage des sociétés contemporaines, ni des rapports à l'Etat, et peuvent être explorées de façon fructueuse selon une approche interdisciplinaire. Des rapprochements entre des situations par ailleurs très éloignées enrichissent d'autant les questionnements. Sous différents éclairages disciplinaires et temporels, les pratiques citoyennes au Maghreb prennent des couleurs et des dimensions inattendues. Ce déplacement souligne l'importance de renouveler sans cesse nos cadres d'observations et d'analyses.
Paris compte presque 600 impasses, cités, villa's, squares : rues sans issue. Culs-de-sac, tel est le terme plus anciens toujours en vogue dans la bouche des Anglais. La capitale française, circonscrite par le péréphérique, reste la ville la plus densément peuplée d'Europe occidentale : plus de 20 000 habitants au km2. Ce livre offre à voir environ 200 de ces lieux, en passant du premier au vingtième arrondissement. Autant de photographies qui dévoilent des coins de Paris qui passent normalement inaperçus. Karin Borghouts est une artiste et photographe belge spécialiste des lieux environnements et architecturaux
Leur architecture élégante de verre et de métal donne aux Serres royales de Laeken un cachet exceptionnel. Si elles impressionnent autant aujourd'hui qu'à l'époque de leur construction (1874-1905), c'est aussi grâce à la collection unique de végétaux qu'elles abritent et à leur localisation tout à côté du château de Laeken, dans le vaste parc du domaine royal. Abondamment illustré, cet ouvrage aborde l'histoire, l'architecture et l'univers végétal des Serres, mais aussi les réceptions et événements royaux qui s'y tiennent depuis les années 1880. De nombreux documents historiques rarement publiés, issus des archives du Palais royal à Bruxelles, éclairent le passé et le présent des Serres. Quant aux magnifiques photographies de Karin Borghouts, elles mettent véritablement en scène ce palais de verre et la flore qu'il abrite.
« Qu est-ce donc qu un démocrate, je vous prie? C est là un mot vague, banal, sans acception précise, un mot en caoutchouc. » Cette question, ce jugement sans appel d Auguste Blanqui datent d un siècle et demi nais gardent une actualité dont ce livre est un signe. Il ne faut pas s attendre à y trouver une définition de la démocratie, ni un mode d emploi et encore moins un verdict pour ou contre. Les huit philosophes qui ont accepté d y participer n ont sur le sujet qu un seul point commun: ils et elles rejettent l idée que la démocratie consisterait à glisser de temps à autre une enveloppe dans une boîte de plastique transparent. Leurs opinions sont précises dans leurs divergences, voire contradictoires ce qui était prévu et même souhaité. Il en ressort, pour finir, que tout usé que soit le mot « démocratie », il n est pas à abandonner à l ennemi car il continue à servir de pivot autour duquel tournent, depuis Platon, les plus essentielles des controverses sur la politique.
Sartre et la politique : sur ce sujet, c'est toujours de son flirt avec les communistes dont on parle, et toujours pour condamner son coupable aveuglement. Le livre de Birchall n'évite pas le point mais le replace dans son contexte, celui de la guerre froide à sa pire période, où les dirigeants communistes français étaient mis en prison, les journaux saisis, les manifestations brutalement réprimées. Surtout, ce livre est comme une fresque où apparaissent des personnages fascinants avec lesquels Sartre a marché un temps dans ce demi-siècle agité : de Nizan à Leiris, de Colette Audry à Daniel Guérin, de Maurice Nadeau à Jean Genet... Et Birchall rappelle que l'attitude de Sartre pendant la guerre d'Algérie et la guerre du Vietnam lui a permis d'être à peu près le seul intellectuel de renom à pouvoir prendre la parole devant les étudiants en mai 1968. Mais il ne s'agit pas d'une hagiographie : les fragilités, les contradictions, les erreurs ne sont pas gommées, d'autant moins que Sartre lui-même les reconnaissait volontiers. Dans sa solidité documentaire, l'intérêt du livre est double : d'une part il éclaire la vie politique (et non philosophique ou littéraire, bien que par moments...) d'un personnage essentiel du XXe siècle, et d'autre part il offre la vision panoramique d'un territoire mal connu, celui de l'extrême gauche non communiste dans les années de l'après-guerre en France.
Féminismes islamiques : un titre qui en fera sursauter beaucoup, y compris parmi celles et ceux qui se pensent à l'abri de tout préjugé. C'est que le stéréotype "islam= oppression de la femme" croise partout comme un sous-marin, tantôt en surface et pavillon haut, tantôt dans les profondeurs de l'inconscient. Ce que montre ce livre, le plus souvent on ne le sait pas : que dans les pays où l'islam est la religion dominante, des croyantes puissent lutter pour l'égalité, retourner les textes sacrés contre le patriarcat, s'élever contre les autorités politiques et religieuses qui bafouent les droits des femmes. De l'Egypte à l'Iran, du Maroc à la Syrie, en France, aux Etats-Unis et jusqu'en Malaisie, des intellectuelles, des chercheuses et des militantes sont engagées dans une démarche féministe à l'intérieur du monde religieux musulman. Zahra Ali nous fait entendre leurs voix et propose ainsi de décoloniser le féminisme hégémonique.
Un enfant qui continue à faire pipi au lit est-il un handicapé? Celui qui refuse d'ouvrir ses livres est-il un dyslexique? Le gamin turbulent est-il atteint de TDAH (trouble-déficit de l'attention avec hyperactivité)? Faut-il lui prescrire une cure de Ritaline? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles s'attaque ce livre. Grâce à une langue médico-sociale (LMS) élaborée, en s'appuyant sur une version totalement dévoyée de la psychanalyse, l'Etat normalise et évalue à tout-va tandis que l'industrie pharmaceutique invente des maladies et des molécules pour les traiter. Ces deux forces conjuguées, si on les laisse faire, finiront par abattre les lieux, créés après la Libération, où un enfant peut encore parler de son symptôme.