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Figures de l'utopie, hier et aujourd'hui
Bard Christine ; Bertin Georges ; Guillaud Lauric
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753533264
À côté de la rationalité, jeu incessant entre l'esprit qui crée des structures logiques et le monde réel, la rationalisation a consisté, de tous temps à vouloir enfermer la réalité dans des systèmes cohérents d'où tout ce qui, les contredisait était écarté et mis de côté, vu comme illusion. C'est ce qui a fondé longtemps le mépris à l'égard des utopies, lesquelles, malgré l'alibi de rationalité qu'elles se donnaient, restaient marquées au coin d'un imaginaire régissant la " Folle du logis ". Cet ouvrage réunissant des approches et des objets très différents veut au contraire explorer les figures de l'utopie, tant dans le monde artistique, scientifique littéraire ou social (comme le féminisme) que dans les organisations, qui réhabilitent la pensée utopique, et ses accomplissements pratiques [comme c'est le cas des utopies concrètes). Pour concourir à cette mise en évidence la manière dont ces systèmes utopiques sont agis et fonctionnent, les auteur.e.s se sont situés au niveau de la "praxis" des acteurs qui la portent car l'action est bien, dans l'utopie au coeur, de toute réflexion, dans un va et vient permanent avec elle, et ce en bonne comme en mauvaise part (les contre utopies). Entre capacité personnelle de révolte et convictions partagées, les figures de l'utopie ouvrent des voies inédites à notre humanité dans un contexte de mutations sans précédent, comme elles ont accompagné les bouleversements sociaux du passé.
S'il est un terreau fertile pour les idées reçues, c'est bien le féminisme et son histoire. Préjugés innocents ou délibérément antiféministes, ces idées reçues ont la vie dure et nourrissent les malentendus et les attaques qui impactent les luttes et les disqualifient. Des suffragettes à Nous toutes, en passant par l'incontournable MLF, ce livre dévoile des combats passionnés et passionnants, au coeur de controverses essentielles dans le débat public. Les divergences politiques et philosophiques traversant également les mouvements féministes, l'autrice entre dans le vif des querelles pour en expliciter le sens. Qu'il s'agisse de la laïcité, de la parité, de l'écologie, des normes corporelles, de la révolution sexuelle ou encore de l'écriture inclusive, des féminismes pluriels apportent des réponses plurielles, présentées ici avec nuance et pédagogie.
Figure phare des "Années folles", la garçonne a gravé dans l'imaginaire collectif sa silhouette androgyne et ses cheveux courts. Symbole d'une émancipation controversée, elle cristallise les tensions d'une société ébranlée par la guerre, partagée entre fièvre de liberté et retour à l'ordre moral. En nous propulsant au coeur d'une décennie fantasmée, Christine Bard analyse une révolution des représentations. Elle en saisit les déclinaisons, de l'univers de la mode à la scène lesbienne en passant par la littérature et le célèbre roman de Victor Margueritte. La garçonne incarne avec force l'ambivalence d'un monde en plein bouleversement. L'essai réunit la culture des apparences, l'histoire politique et l'histoire sociale pour mieux cerner la puissance de cette figure entre subversion et modernité.
S?identifier comme féministe est, aujourd?hui comme hier, un acte lourd de conséquences tant le mot est porteur de clichés: puritaine, frustrée, manquant d?humour, laide, lesbienne, has been des 70?s, brûleuse de soutiens-gorge... l?image de la féministe ne fait pas rêver! Le féminisme porte d?ailleurs en lui-même certaines de ces idées reçues tant les contours de ce mouvement sont mouvants, incertains, façonnés et transformés au cours du temps par la pluralité des cause défendues. Au travers d?une vingtaine d?idées reçues, Christine Bard nous invite à découvrir l?histoire passionnée et passionnante du féminisme et, en négatif, celle de l?antiféminisme.
Successeur de la culotte, le pantalon symbolise la masculinité et, partant, le pouvoir, comme en témoigne l?expression « porter la culotte ». Au cours de la Révolution, il se charge d?une signification plus précise en exprimant les valeurs républicaines et devient un élément-clé du nouvel ordre politique. Mais l?Ancien Régime continue pour les femmes, qui n?accèdent pas, sur le plan vestimentaire (non plus que social), à la liberté et à l?égalité. Enfermées dans une altérité dite « féminine », les femmes, privées de droits, assignées à résidence dans leur genre, sont interdites de pantalon. Rien de tel qu?un interdit pour susciter le désir? Surchargé de fantasmes, le pantalon accompagne toutes les transgressions qui jalonnent la route de l?émancipation des femmes. Artistes, féministes, révolutionnaires, voyageuses, actrices, lesbiennes, sportives, innombrables sont celles, connues et inconnues, qui s?approprient l?habit masculin. Il faut attendre les années 1960-1970 ? séquence politico-vestimentaire décisive ? pour que le pantalon soit féminisé, pour qu?il devienne un vêtement mixte. Fin de l?histoire? Pas vraiment. Pourquoi l?ordonnance de 1800 interdisant aux femmes de s?habiller en homme n?est-elle toujours pas abrogée? Pourquoi les collégiennes ne portent-elles plus que des pantalons? Pourquoi une « journée de la jupe »? Et quid de la jupe pour hommes, qui symboliserait une véritable égalité entre les sexes? L?actualité des questions de sexe et de genre gagne à être située dans l?histoire longue de la peur de la confusion des rôles et de la contestation du pouvoir masculin.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.