Dans les années 1970, Dominique Julia expliquait que beaucoup d'historiens venus de l'histoire économique et sociale à l'histoire culturelle " n'ont pas voulu abandonner les instruments de mesure quantitatifs qui avaient fait leurs preuves dans les secteurs les plus avancés de l'historiographie ". L'histoire de l'éducation n'est pas restée à l'écart de ce mouvement avec l'inventaire des ressources scolaires de l'Ancien Régime, l'alphabétisation, la sociologie du personnel enseignant et des élèves, l'histoire du matériau pédagogique ou les techniques disciplinaires. Quarante ans après, de nombreux thèmes ont été introduits et les méthodes se sont enrichies. La perspective de ce numéro est de faire le point sur les recherches récentes. Du côté des statistiques. il s'agit de l'analyse de leur production, de leur usage par l'administration et les pouvoirs, de leur utilisation par les historiens et leurs critiques. Ce faisant, ce numéro propose ainsi des articles sur les effets de la quantification comme aide à la " gouvernance " à tous les niveaux de la formation et de l'éducation en France et l'international.
Apprentissage de la démonstration avec une grande variété d'approches: mathématique, historique, épistémologique, didactique, linguistique, cognitive. S'adresse aux enseignants et aux futurs enseignants de mathématiques, en collège et en lycée, ainsi qu'à leurs formateurs.
Dans l'histoire, le concept de nombre a d'abord été attaché exclusivement aux nombres entiers - que l'on appelle aujourd'hui nombres naturels - en excluant d'ailleurs le zéro et le un. Mais le concept de nombre a ensuite été étendu à des nombres que l'on a désignés longtemps par le terme de quantités, avant de les appeler nombres réels. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage quelques étapes historiques de l'extension du concept de nombre, qu'ils aient été conçus pour nombrer ou pour mesurer. Cet ouvrage participe à l'effort de la Commission inter-IREM d'Epistémologie et d'Histoire des Mathématiques pour introduire une perspective historique dans l'enseignement des mathématiques ; il est destiné à toute personne désireuse de parfaire sa formation d'honnête " géomètre " ou sa culture scientifique, et en particulier aux étudiants en sciences, aux professeurs ou futurs professeurs de mathématiques en formation initiale ou continue.
Résumé : Cet ouvrage met en scène, en dix chapitres, des instruments qui ont été inventés dans l'histoire pour résoudre des problèmes pratiques, esthétiques ou théoriques. Il a été conçu dans le cadre de la Commission inter-IREM "Epistémologie et histoire des mathématiques" et s'adresse à toutes les personnes intéressées par les sciences et les techniques : étudiant, enseignant, formateur, ingénieur, amateur, tous désireux de comprendre les ressorts de l'invention mathématique par une approche historique de cette discipline.
Cet ouvrage propose une histoire de la révolution mathématique du XVIIe siècle. A partir des années 1620, la science poursuit de nouveaux buts, il ne s'agit plus seulement de spéculer mais d'inventer, de résoudre des problèmes, de progresser et de maîtriser la nature. Le scientifique construit une réalité du monde à l'image de celle du monde technique, une réalité faite de quantités régies par des lois. C'est ainsi que les mathématiques vont remplacer fa logique aristotélicienne dans l'étude de la nature. L'objet de cet ouvrage est la révolution mathématique du XVIIe siècle, non pas celle que nous pourrions définir, caractériser, décréter, à partir de cadres ou de théories a priori, mais la révolution que les acteurs mêmes disent vouloir ou non accomplir, la révolution de Bacon, Descartes, Galilée, Roberval, Fermat, Pascal, Huygens, Leibniz, Newton et de quelques autres.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.