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Le système français de protection sociale
Barbier Jean-Claude ; Théret Bruno
LA DECOUVERTE
11,00 €
Épuisé
EAN :9782707157379
Deux spécialistes reconnus décrivent et analysent le système français de protection sociale, en le situant dans la perspective des trente dernières années et en comparant la situation française à celle des autres membres de l'Union européenne. Les systèmes nationaux sont confrontés à des défis communs, engendrés notamment par les tendances sociodémographiques, la flexibilisation des marchés du travail et le poids croissant de la financiarisation de l'économie, qui a abouti en 2008 à la plus grande crise économique depuis les années 1930. La protection sociale est plus que jamais indispensable. Mais, en Europe, crise ou pas, cela ne conduit pas à une convergence des systèmes, ni même à leur harmonisation. Pour penser les changements intervenus dans le système français, il faut tenir compte de son caractère hybride: l'objectif de l'universalisme de la protection y est poursuivi par des programmes fragmentés. Si la voie vers laquelle le système français évolue est plus indéterminée encore en période de crise, elle dépend beaucoup de la façon dont l'Union européenne va évoluer.
Résumé : Les sociologues sont souvent vus comme spécialistes des " problèmes sociaux " et les critiques qu'ils portent sur les institutions concrètes qui mettent en oeuvre la protection sociale les exposent à être considérés comme " sociologues d'Etat ". L'expression est significative d'une manière française de poser la question de l'utilité des sciences sociales (contester ou servir) et porte assurément l'empreinte de la double entreprise durkheimienne de fondation de la sociologie et de promotion d'une certaine conception d'un Etat social. Mais cette tradition et cette vision hexagonales sont loin d'être les seules qui colorent les relations ambivalentes entre chercheurs et décideurs politiques. Les débats autour de la neutralité axiologique, toujours renaissants, témoignent de l'importance de la tradition wébérienne pour le métier de sociologue des politiques sociales, et du caractère diffus des situations contemporaines d'expertise comme source d'épreuves d'une dédifférenciation entre science et politique. Quelles intelligences ? effets de connaissance, d'intelligibilité ou de vérité ? attendre de la confrontation de la première définie par la cohérence et de la seconde vouée au flou ? Après d'autres, l'ouvrage se veut une contribution à l'instruction de cette question, marquée par un souci d'offrir au lecteur une pluralité de prises sur ses dimensions cognitives. Dans son prologue, il trouvera sous la forme d'un débat entre cinq chercheurs comparatistes reconnus une introduction vivante aux grands thèmes des rapports entre la recherche en sciences sociales et la politique dans leurs dynamiques contemporaines. Parcourant le paysage varié de la protection sociale, onze études de cas offrent trois registres de réflexivité sur les configurations d'expertise. Comment les envisager, avec le recul temporel, comme des succès ponctuels pour les sciences sociales ? Quel recul critique appellent-elles quand elles s'adossent à un référentiel du savoir efficient ? Comment dans le cours même de son enquête, le chercheur doit-il faire avec des attentes de visions expertes ? Autant d'angles pour saisir, dans le croisement de leurs ancrages, les incertitudes d'un Etat social en action et celles d'une science se faisant.
Cet ouvrage a pour ambition d'éclairer les enjeux du devenir de la protection sociale. Il dresse un état des connaissances sur les évolutions complexes des politiques sociales françaises au cours des deux dernières décennies dans différents domaines et s'efforce d'en dégager les grandes tendances pour les interpréter. Ces interprétations ne sont d'ailleurs pas homogènes, les auteurs appartenant à des courants de pensée différents, ce qui fait la richesse de cet ouvrage. La question est complexe et les enjeux, importants: les systèmes de protection sociale incarnent les principes de solidarité et d'interdépendance au fondement du lien social dans toute société. Ces contributions divergentes sont donc autant de lectures aidant à comprendre les reconfigurations qui affectent aujourd'hui le système français de protection sociale, et elles intégrent des éléments comparatifs européens. Biographie de l'auteur Ouvrage publié sous la direction d'Anne-Marie GUILLEMARD, professeur à l'Université de Paris Descartes, membre de l'Institut universitaire de France et du Centre d'étude des mouvements sociaux - CNRS/EHESS.
Comment vivre dans la joie ? Pour répondre à cette question cruciale, deux modèles se sont souvent affrontés : l'existence joyeuse a été conçue comme une vie contemplative ou bien comme une vie créatrice. Entre le repos contemplatif et l'acte créateur, de nombreux penseurs nous ont condamnés à faire un choix. Pourtant la créativité ne trouve-t-elle pas sa source d'inspiration dans la contemplation ? Le philosophe et l'artiste s'émerveillent face à la beauté du monde et cet émerveillement a suscité le désir de créer une oeuvre. Quant à la personne charitable qui crée de nouvelles relations avec les plus démunis, elle contemple leur malheur puis leur renaissance. Sur le plan du vrai (la philosophie), du beau (l'art) et du bien (la charité), attitude contemplative et démarche créatrice sont intimement liées. Nous avons ainsi étudié cinq auteurs qui ont pressenti la nécessité de penser ensemble contemplation et création (Schiller, Jacques Maritain, Bergson, Luigi Pareyson et Simone Weil) avant de proposer une thèse plus personnelle : contemplation et création forment deux pôles entre lesquels se joue une alternance féconde. Deux pôles entre lesquels la vie oscille, s'inscrivant dans une dynamique de progrès et s'élevant vers des joies toujours plus grandes.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.