Par la plus noire des nuits, un fantôme du passé ressurgit dans la paisible cité de Valognes, autrefois repère de la chouannerie. On croit reconnaître le chevalier des Touches, dont l'habileté à la carabine instillait la terreur dans les rangs ennemis. Mais qu'est-il advenu de lui après son enlèvement par les républicains ? Le temps d'une veillée au coin du feu, les anciens combattants et leurs alliées se souviennent. Ils racontent avec émotion les exploits du chevalier, l'expédition des douze braves partis à sa rescousse, et la terrible vengeance qui s'abattit sur son délateur... Des Touches a réellement existé, et le récit de ses hauts faits a bercé l'enfance de Barbey d'Aurevilly. Lorsqu'il se lance dans leur rédaction en 1849, il allie à l'enthousiasme de l'admirateur la curiosité de l'historien, pour donner vie à une galerie de personnages saillants. L'écrivain sculpte sa matière gothique avec une langue d'orfèvre et la condense dans un roman aussi incisif que mélancolique. "Ce livre me donna le frisson", confessa Anatole France.
Résumé : Tout au long de sa carrière littéraire, Barbey d'Aurevilly fut un collaborateur assidu de la presse de son temps et un critique redouté. Au Nouvelliste, au Pays, au Réveil, au Constitutionnel, à Triboulet, il fut l'observateur attentif de l'actualité éditoriale, des nouvelles productions dramatiques et, plus généralement, de la vie sociale, politique et intellectuelle. Cet aspect de son activité littéraire lui importa assez pour qu'il éprouve le désir de recueillir en volumes un grand nombre de ses études critiques. Interrompue en 1889 par sa disparition, cette entreprise éditoriale fut poursuivie par son amie Louise Read qui porta à près de quarante le nombre des recueils édités, formant ainsi un vaste ensemble du plus grand intérêt pour tous ceux qui s'intéressent à la littérature du XIXe siècle et à l'histoire des idées. Depuis leur édition originale, les titres concernés n'avaient, pour la plupart, jamais été réédités. Les vingt-six volumes du vaste ensemble formé par Les Oeuvres et les Hommes avaient certes été réimprimés en 1968 par Slatkine Reprints d'après le texte de l'édition originale. Mais, avant que ne soit commencée l'entreprise éditoriale dont voici le sixième et dernier volume, on ne disposait pas d'une édition savante intégrale des textes critiques de Barbey, incluant les cinq livraisons du Théâtre contemporain, les titres non recueillis dans Les Oeuvres et les Hommes des Ridicules du Temps aux Prophètes du passé et les articles donnés dans la presse, mais jamais repris en recueil, que Jacques Petit rassembla jadis, en deux volumes des Annales de la Faculté des Lettres de Besançon.
Résumé : Femme altière se prostituant dans les rues de Paris ou joueuse de whist au regard lointain, les héroïnes méphistophéliques de ces deux nouvelles sont aussi malfaisantes qu'envoûtantes. "Le tuer, pour tout cela ? Non ! c'était trop doux et trop rapide ! Il fallait quelque chose de plus lent et de plus cruel..."
Voici le premier volume d'un ouvrage qui doit en avoir beaucoup d'autres si la vie, avec ses ironies et ses trahisons ordinaires, permet à l'auteur de réaliser, au moins en partie, l'idée qu'il a en lui depuis longtemps. Cette idée serait de dresser dans un cadre, qui prendrait chaque année plus de profondeur et d'espace, l'inventaire intellectuel du XIXe siècle. Ce serait, en un mot, de faire pour la littérature du XIXe siècle ce que La Harpe, plus ambitieux que puissant, essaya de faire pour la littérature française tout entière [... ]. Malheureusement, il fallait, pour réaliser l'idée de La Harpe, être un géant de critique et d'érudition, et cette plante-là ne pousse guères dans le pot, à fleurs de rhétorique, d'un Athénée... Je ne veux pas dire du mal de La Harpe. On n'en a que trop dit... [... ] Mais enfin La Harpe a manqué, avec talent, ce qu'il voulait faire, et il fallait réussir. L'Auteur des Ouvres et des Hommes réussira-t-il ?" Barbey d'Aurevilly
Résumé : Un prêtre, défroqué sous la Révolution et marié à une femme qui meurt d'apprendre son premier état, revient au pays natal avec sa fille Calixte, aussi belle que frappée d'une inguérissable névrose. Au jeune homme qui s'éprend d'elle, elle ne peut que dire non, tant le drame de sa naissance lui interdit de s'accepter comme femme, ne lui laisse d'autre solution que le cloître. Entre ces trois êtres la situation est sans issue que la mort seule peut dénouer par " une revanche terrible de la Providence qui nous écrase le cour sous ce que notre cour a le plus aimé ". Toute la folie, toutes les noires obsessions de Barbey sont résumées dans ce livre, " écrit pour la gloire de Dieu, disait-il, et proscrit de toutes les boutiques catholiques ".
L'ABCdaire de Matisse nous transporte dans l'univers d'un des peintres majeurs du XXe siècle. Il nous plonge dans l?oeuvre d'un artiste, pour qui la peinture est avant tout un plaisir visuel et mental. A travers trois grandes thématiques, on découvre sa famille (Émile, Amélie, Anna Matisse) et ses amis (Pierre Bonnard, Picasso, Moreau) on explore le contexte socio-culturel qui permit son épanouissement (fauvisme, impressionnisme, les salons, ses voyages); enfin, on ouvre les portes du langage plastique et des grandes thématiques qui parcourent son oeuvre Enfin, on nous apprend à regarder la beauté des couleurs de ses oeuvres, la pureté du trait et l'élégance de la ligne à travers les techniques et les thèmes récurrents du peintre (la musique, l'atelier rouge, la danse). Inventeur d?un langage pictural, Matisse se sert des couleurs pour traduire, non la matière des choses, mais l'émotion qu'elles suscitent C'est pourquoi ses oeuvres nous parlent et restent toujours aussi vivantes.