A la fin du dix-huitième siècle, Louis-Sébastien Mercier écrivait : "Je ressens une véritable joie en voyant la poésie dramatique, le plus séduisant et le plus ingénieux des arts d'imitation, universellement répandu, universellement estimé. C'est le plus précieux héritage que nous aient transmis les anciens. [... ] on peut appeler le théâtre le chef-d'oeuvre de la société" . Un siècle plus tard, Barbey d'Aurevilly déclare : "Selon moi, c'est un art fini [... ] qui a dépassé son zénith et qui descend l'autre côté de la courbe qu'il a montée" . Des premières pages du recueil aux ultimes feuilletons, Barbey, nouveau Cassandre du théâtre, n'en finit pas de sonner à grandes volées "l'agonie" de l'art dramatique. Revenant d'un bout à l'autre du recueil avec l'obstination d'une sombre antienne, la petite musique aurevillienne de la décadence dramatique forme le véritable fil des cinq volumes du Théâtre contemporain : chaque nouveau feuilleton retentit comme un nouveau coup de glas et vient enfoncer un clou supplémentaire dans le cercueil d'un art dramatique mal en point. Pourtant, Barbey n'en devient jamais ni doctrinaire, ni puritain, ni moraliste quand il en vient aux plaisirs du théâtre et de la danse. Son jugement critique demeure sensible à la beauté des jeunes danseuses et comédiennes qui ont l'oeil peu farouche et la jambe "dictatrice" ; il ne demande qu'à rire à la façon de Molière. Ce qui manque décidément à ce théâtre contemporain, c'est de quoi susciter l'émotion : de l'audace, de l'invention, de la verve. Or pour exalter cela, Barbey s'avère être un maître inflexible, un juge éclatant et un témoin tapageur.
Résumé : Tout au long de sa carrière littéraire, Barbey d'Aurevilly fut un collaborateur assidu de la presse de son temps et un critique redouté. Au Nouvelliste, au Pays, au Réveil, au Constitutionnel, à Triboulet, il fut l'observateur attentif de l'actualité éditoriale, des nouvelles productions dramatiques et, plus généralement, de la vie sociale, politique et intellectuelle. Cet aspect de son activité littéraire lui importa assez pour qu'il éprouve le désir de recueillir en volumes un grand nombre de ses études critiques. Interrompue en 1889 par sa disparition, cette entreprise éditoriale fut poursuivie par son amie Louise Read qui porta à près de quarante le nombre des recueils édités, formant ainsi un vaste ensemble du plus grand intérêt pour tous ceux qui s'intéressent à la littérature du XIXe siècle et à l'histoire des idées. Depuis leur édition originale, les titres concernés n'avaient, pour la plupart, jamais été réédités. Les vingt-six volumes du vaste ensemble formé par Les Oeuvres et les Hommes avaient certes été réimprimés en 1968 par Slatkine Reprints d'après le texte de l'édition originale. Mais, avant que ne soit commencée l'entreprise éditoriale dont voici le sixième et dernier volume, on ne disposait pas d'une édition savante intégrale des textes critiques de Barbey, incluant les cinq livraisons du Théâtre contemporain, les titres non recueillis dans Les Oeuvres et les Hommes des Ridicules du Temps aux Prophètes du passé et les articles donnés dans la presse, mais jamais repris en recueil, que Jacques Petit rassembla jadis, en deux volumes des Annales de la Faculté des Lettres de Besançon.
Résumé : Un prêtre, défroqué sous la Révolution et marié à une femme qui meurt d'apprendre son premier état, revient au pays natal avec sa fille Calixte, aussi belle que frappée d'une inguérissable névrose. Au jeune homme qui s'éprend d'elle, elle ne peut que dire non, tant le drame de sa naissance lui interdit de s'accepter comme femme, ne lui laisse d'autre solution que le cloître. Entre ces trois êtres la situation est sans issue que la mort seule peut dénouer par " une revanche terrible de la Providence qui nous écrase le cour sous ce que notre cour a le plus aimé ". Toute la folie, toutes les noires obsessions de Barbey sont résumées dans ce livre, " écrit pour la gloire de Dieu, disait-il, et proscrit de toutes les boutiques catholiques ".
Un roman vécu où il y a du sang coagulé" disait de ce livre Barbey d'Aurevilly. Le séduisant Ryno de Marigny, "scandale vivant du faubourg Saint-Germain", épouse la belle Hermangarde "au teint pétri de lait et de lumière". Le couple s'établit en Normandie dans le Cotentin, région aux paysages violents et contrastés entre la lande et la mer. Mais la Vellini, ancienne maîtresse du jeune homme, réapparaît: "Tu passeras sur le c?ur de la jeune fille que tu épouses pour me revenir", lui avait-elle prédit lors de leurs adieux. Commence alors la lente désagrégation du bonheur ou de son apparence. La Vellini impose de nouveau sa loi, celle de l'amour tragique, exclusif et destructeur. Elle vaincra. Avec ce roman Barbey donne une magnifique illustration de ses thèmes fondateurs et de sa philosophie de la vie. On ne peut être fidèle qu'à ce qui est sa propre origine. Il est impossible d'échapper au destin qui dicte sa loi. Catherine Breillat, qui vient d'adapter au cinéma cette terrible histoire, signe la préface de cette édition. dans laquelle elle souligne toute la modernité de ce roman.
Résumé : Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les diaboliques ? N'ont-elles pas assez de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom-là ? ... Diabolique, il n'y en a pas une seule ici qui ne le soit à quelque degré. Il n'y en pas une seule à qui on puisse dire le mot de " mon ange " sans exagérer. Comme le Diable qui était un ange aussi, mais qui a culbuté, si elles sont des anges encore, c'est la tête en bas, le reste... en haut ! " L'un de ces classiques singuliers et comme souterrains qui sont la véritable vie de la littérature française " (Remy de Gourmont).
Ouaknin Marc-Alain ; Werndorfer Gilbert ; Cahen Sa
Biographie de l'auteur Rabbin et docteur en philosophie ; Directeur du Centre de recherches et d'études juives Aleph, à Paris (en 1989) ; Professeur de philosophie et de littérature comparée, associé à l'Université de Bar-Ilan, Israël (en 2003)EditeurTraduisit de l'hébreu et de l'allemand en français
This work, which is included in the new "Guides des civilisations" series, does not claim to be exhaustive ; it simply attempts to convey the most characteristic aspects of a civilization from which we have inherited most of our philosophical concepts, our literary and artistic heritage, and our vocabulary. What do we know about the Greeks - their cities,their ideals, or their lives ? What can we learn from the Nike of Samothrace or the Venus de Milo ? The primary purpose of this book is to refine ourpartial and fragmented perceptions, to avoid preconceived notions, and to help us to understand a civilization whose criteria are so foreign to us and yet which are still such an intimate part of our lives. Only part of the History of Ancient Greece is depicted in this book : the period ranging from its birth up to the death of Alexander the Great (323 B.C.). This distinction from the following period - that of "Hellenistic" Greece - is amply justified from a political, social, religious, moral and artistic point of view.Anne-Marie Buttin, whose agrégation degree is in Classical Literature, formerly taught preparatory classes for the grandes écoles.Table des matières : I. L'HISTOIREÉpoque préhistoriqueÉpoque mycénienneÉpoque géométriqueÉpoque archaïqueÉpoque classiqueChronologie fondamentaleII. ATHÈNES, LES CITÉS ET LES COLONIESAthènesAutres citésColoniesIII. L?ORGANISATION POLITIQUE ET SOCIALELes classes socialesLes institutions et l?exercice du pouvoir à AthènesLa justiceLes financesLe pouvoir militaireIV. LA VIE ÉCONOMIQUEAgricultureIndustrieCommerceMesure et poidsMonnaiesV. LE TEMPSCalendrierMesure du tempsJournée du citoyenÂges de la vieRites de passage VI. LA RELIGIONReligionCultes publicsCultes privésCultes à mystèresDivinationFêtesPrincipaux dieuxMythologiePrêtreTempleThéâtreVII. LA LITTÉRATURELangue grecqueGenres littérairesPhilosophieQuelques auteursVIII. LES ARTSArchitectureSculpturePeintureMusique et danseIX. LES LOISIRSJeux publicsJeux privésBainsVoyagesChasse et pêcheRepasX. LA VIE PRIVÉENomsHabitationsFamille, femme, enfantSexualitéSanté et médecineÉducation et écoleCostumes et paruresNotes Biographiques : Jean-Noël Robert, latiniste et historien de Rome, a publié aux éditions Les Belles Lettres une quinzaine d'ouvrages sur l'histoire des mentalités dans l'Antiquité romaine, parmi lesquels Les Plaisirs à Rome (1986, nlle édition 2005), Rome la gloire et la liberté (2008), Les Romains et la mode (2011) ou L'Empire des loisirs (Signet, 2011). Il dirige en outre la collection « Realia » et celle des « Guides Belles lettres des civilisations » dans laquelle il a signé deux volumes, Rome et Les Étrusques.
Résumé : Maurice Garçon (1889-1967) fut l'un des plus grands avocats de son temps. De 1912 à sa mort, il a consigné presque chaque soir les événements, petits et grands, dont il était le témoin ou l'acteur. Ce premier volume de son journal inédit couvre, parfois heure par heure, la guerre, la défaite, l'Occupation et la Libération. A cinquante ans, l'avocat est alors au sommet de son art. Dans ces chroniques, il révèle aussi des qualités d'observation et un talent d'écriture enviables. Il y a du Albert Londres chez Maurice Garçon. Curieux de tout, il sillonne Paris et la province, furète, recoupe, rédige, avec le mérite constant, et rare, de s'interdire toute réécriture : c'est un premier jet qu'on lit sur le vif. Maréchaliste de la première heure, il fait volte-face à l'armistice et, après le vote des pleins pouvoirs à Pétain, ne cessera plus de fustiger "le Vieux". Fureur patriote, chagrin sans pitié, colère, espoir, désespoir. Honte de la collaboration. Virulence contre les nouvelles lois de Vichy. Son journal déborde. Portraits, anecdotes, détails méconnus foisonnent. Croisées au Palais de justice, les figures du barreau, souvent têtes d'affiche de la politique, deviennent familières. Maurice Garçon connaît tout le monde, est de tous les grands procès, des dossiers criminels aux affaires politiques. Ses plaidoiries érudites ont fait de lui, dès avant guerre, un avocat littéraire, voire mondain, futur académicien. Toute une galerie de personnalités en vue défile dans ses pages, écrivains, peintres, comédiens, éditeurs. Nous voici conviés à une ahurissante traversée des années noires, histoire immédiate haletante.
Ordine Nuccio ; Flexner Abraham ; Hersant Luc ; He
Biographie de l'auteur Abraham Flexner (1866 - 1959) a enseigné à Harvard puis à l'Université de Berlin avant de rejoindre la Fondation Carnegie pour la recherche éducative. Il a étudié la question de l'enseignement médical et rédigé en 1910 le fameux « Rapport Flexner ». Nuccio Ordine (né en Italie, à Diamante, en 1958) enseigne la littérature italienne à l'Université de Calabre. Visiting professor dans diverses universités européennes (l'ENS, l'EHESS et l'Université Paris-IV-Sorbonne à Paris; le Warburg Institute à Londres; le Max-Planck Institut à Berlin) et américaines (Yale, NYU), il a publié plusieurs ouvrages sur Giordano Bruno et sur la Renaissance: Le mystère de l'âne (2005, 2e tirage), Le seuil de l'ombre (2003), Giordano Bruno, Ronsard et la Renaissance (2004), Le rendez-vous des savoirs (2009, 2e tirage), Trois couronnes pour un roi (2011). Avec Yves Hersant, il dirige trois collections d'ouvrages classiques aux Belles Lettres.