La grammaire actuelle a du mal à articuler l'héritage traditionnel aux investigations plus récentes que développent en se croisant les divers courants de l'analyse du discours et de la linguistique textuelle, secondée par la psycholinguistique. Pourtant, les avancées dans le vaste domaine de l'acquisition du langage ont montré le rôle primordial que jouent les paramètres énonciatifs et textuels en didactique des langues maternelles et étrangères. Un fil conducteur essentiel de cet ouvrage est de favoriser la diffusion interdisciplinaire de l'état actuel des recherches sur la grammaire et le discours, dans les champs de la linguistique et de la didactique, et jusque dans celui de la cognition. Les contributions réunies ici ont ainsi un accès transversal, sans que soit requise une familiarité particulière de la part du lecteur avec une théorie spécifique. L'objectif est que chacun puisse trouver de quoi nourrir ses propres interrogations et pratiques, qu'elles soient ancrées en linguistique ou en didactique. Cet ouvrage s'adresse aussi bien aux linguistes qu'aux didacticiens du français langue maternelle et étrangère, conscients de l'intérêt des échanges réciproques entre leurs disciplines connexes.
Depuis près de vingt ans, de nombreux travaux ont été consacrés aux notions fondamentales de circulation et d'échanges, de déplacement et de séjour. Grâce à l'apport de disciplines en pleine mutation (archéopétrographie, archéozoologie, squelettochronologie, diverses études archéométriques) notre connaissance des sociétés préhistoriques a très sensiblement avancé. Ce volume est un bilan des avancées nouvelles regroupées en quelques thèmes majeurs : - Sources d'approvisionnement : récolte, collecte, exploitation, emprunt. - Nature des produits (matières premières minérales, animales, végétales) ou des symboles circulants (signes, idéogrammes...), voire des décors, des styles. - Routes, appréciation des territoires connus, parcourus (contraintes, barrières géographiques, paléo-environnementales). - Nature et identité des échangeurs (spécialisation des produits circulants). - Identification et caractérisation des territoires culturels. Ces Actes sont donc avant tout une réflexion sur la notion de territoire aux périodes pré- et protohistoriques : territoires d'approvisionnement où sont puisées les ressources du milieu physique et biologique ; territoires culturels où évoluèrent des groupes humains unis par un même mode de pensée et d'expressions symboliques, leurs comportements techno-économiques, leur organisation sociale ; territoires d'échange aussi au sein desquels s'opère la transmission d'individu à individu, de groupe à groupe, de matières premières ou d'objets plus ou moins finis, voire de savoir-faire et d'idées nouvelles. La France du sud qui présente une géographie contrastée constitue un excellent support d'étude dans ces domaines. Ses espaces naturels aux limites franches, forts de leur richesse archéologique, y sont suffisamment nombreux pour que soient envisagées sous forme d'études spatiales les questions liées à la diffusion des objets, des idées, des savoir-faire, et ce pour quasiment toutes les périodes de la Préhistoire et Protohistoire.
Le Sahara central constitue par la qualité et l'abondance de son art rupestre un véritable conservatoire à ciel ouvert où sont rassemblés d'extraordinaires témoignages de la vie des beurs néolithiques. Comment comprendre et interpréter cet art des nochers ? Pourquoi des images ? Pourquoi les représentations du Bovidien (Vie-IIIe millénaire avant notre ère), qui éclairent la vie quotidienne des populations du Néolithique saharien de leur réalisme surprenant, succèdent-elles à des images schématiques et empreintes de mystère, exprimant les inquiétudes existentielles des sociétés "Têtes Rondes" confrontées à un monde en mutation ? En parcourant à rebours le chemin de la connaissance et en remontant l'ordre des choses à partir de la paroi ornée, l'archéologue tente de parvenir à la formation du mythe et d'en comprendre, au travers de sa structure, la nature profonde, c'est-à-dire son essence, qui le justifie et qui est aussi l'explication fondamentale de l'art rupestre. En distinguant le mythe, trouble de l'inconscient collectif, des récits mythologiques qu'il engendre, l'auteur fait émerger par touches successives la raison de ces étonnantes compositions. En faisant converger les méthodes de l'archéologie préhistorique. de l'histoire de l'art et de l'anthropologie sociale et culturelle, il illustre les principes d'étude d'une anthropologie de l'art rupestre. Enfin, en confrontant les résultats de ces disciplines aux données de l'écologie préhistorique saharienne. il fait apparaître les possibles causes de tension et de conflit entre les groupes de pasteurs nomades. Avant que l'aridité et la désertification ne favorisent l'avènement d'une société protohistorique de marchands et de guerriers. les gens du Bovidien ont mis en place les conditions permettant l'instauration et le maintien d'une grande civilisation pastorale. Si les récits qui en expriment l'essence sont à jamais perdus, le mythe qui les a générés transparaît quant à lui peu à peu.
Quand la nature a des soubresauts si mortifères, quand l'homme se sert de ses croyances pour assouvir les bas instincts de ses désirs, quand un Trump a l'imposture rivée au corps jusqu'à la lie haineuse de ses discours, quand un Poutine s'allie au despote d'une Syrie en larmes pour allumer un bûcher de femmes et d'enfants, quand des voix mutilent les arts au point d'élever en pleine saison du renouveau des pyramides d'os et de chair, quand... quand... Philomène énumère dans sa tête la liste de ses angoisses. Elle regarde le monde fermer toutes ses portes à des possibles bonheurs. Elle possède encore deux mains, deux jambes, bref un corps entier qui fonctionne et pourtant on dirait une poupée de chiffon, sans muscles ni réflexes. Une viande morte pendue au bout d'un crochet comme dans un abattoir. " Philomène, quatre-vingt-huit ans, vient de perdre son mari Paulin. " Enfin seule ", lui traverse-t-il l'esprit. Dans les jours qui suivent, une vague d'attentats survient aux quatre coins de la France : cent soixante-deux morts, une soixantaine de blessés. Bientôt, un suspect est activement recherché : un enfant du pays, de ce petit village de Maine-et-Loire. La vieille dame n'en revient pas... Pourquoi donc Jordan avait-il pris part à ce massacre là-bas sur Nantes ? Lui qui, comme son père, avait tant peur de ces mains levées, comment avait-il pu armer les siennes pour jouer à l'apprenti djihadiste ? Autour d'une galerie de portraits tout en nuances, Marie Paule Rousseau Barbaza observe notre monde d'aujourd'hui, malade, fragile, perdu, et dresse un état des lieux d'une mélancolie renversante. Un concentré d'humanité, loin de tout manichéisme, qui résonne longtemps après la dernière page.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.