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Les mondes de Labiche
Bara Olivier ; Heyraud Violaine ; Yon Jean-Claude
SORBONNE PSN
25,50 €
Épuisé
EAN :9782878547092
Deux cents ans après sa naissance en 1815, Labiche reste une figure illustre du vaudeville et de la comédie. L'auteur d'Un chapeau de paille d'Italie, de L'Affaire de la rue de Lourcine ou de La Cagnotte, n'occupe pas seulement une place centrale dans la tradition du théâtre de divertissement. Il était également connu en son temps comme critique, homme politique et académicien. Son oeuvre riche, au fort rayonnement géographique et culturel, révèle la société du XIXe siècle, tout en transcendant son époque. Comment Labiche, héritier de Scribe et aîné de Feydeau, rénove-t-il les formes dramatiques ? Quel discours tient-il sur les moeurs, sur le monde économique, social et politique ? Où emmène-t-il ses personnages en voyage ? Pourquoi fait-il rire en représentant Paris et la province ? Dans quels domaines se perpétue l'héritage de Labiche ? Voilà quelques-unes des questions que pose cet ouvrage pluridisciplinaire, au fil de ce "voyage autour des mondes de Labiche" .
Dans la lignée de plusieurs travaux confirmant le "moment 1800" comme un tournant dans la négociation des rapports de sexe, le présent numéro entend se pencher sur certains dispositifs exemplaires de leur politisation "dans l'orbe de la Révolution française" (Mechthild Fend, Les Limites de la masculinité : L'androgynie dans l'art et la théorie de l'art, 1750-1850). Le corps révolutionnaire relève-t-il d'un sexe révolutionné ? Ne consacre-t-il pas plutôt le triomphe du modèle "conjugaliste" ? Des imaginaires des Vies privées aux réalités des "vies fragiles" de la prostitution, dans quelle mesure les représentations et les pratiques de la vie sexuelle renforcent-elles ou contrarient-elles cette normativité ? Et si se dessinent des possibilités de s'en émanciper, que doivent-elles aux conquêtes de la Révolution ? La rubrique "Documents" consacrée à la figure de l'hermaphrodite offre trois documents inédits : l'Avant-propos qui n'est pas tout à fait inutile de Collot d'Herbois, préface à sa pièce Le Procès de Socrate (1790), Jaqueline Foroni rendue à son véritable sexe, ou Rapports, Réflexions et jugements présentés à l'Académie de Mantoue, par la classe de Médecine, sur le sexe d'un individu vivant, connu sous le nom de Jaqueline Foroni (1802), et l'Observation sur un individu réputé du sexe féminin, pendant vingt-deux ans, et définitivement rendu à l'étal viril, en vertu d'un jugement solennel publiée par le Bulletin de la Faculté de Médecine de Paris en 1815.
Bara Olivier ; Forestier Georges ; Naugrette Flore
Ce livre part d'un double constat : entre le Molière que les recherches littéraires des dernières décennies ont permis d'appréhender au plus près et le Molière constitué par la postérité, il existe des écarts considérables. Les jugements sur Molière et les interprétations de son théâtre, transmis par l'institution scolaire depuis la fin du XIXe siècle, sont largement tributaires de ces écarts qui se sont constitués et creusés dès le lendemain de sa mort (1673). Par ailleurs, l'histoire littéraire s'est longtemps plu, et se plaît parfois encore, à susciter une opposition irréductible entre les romantiques - dont Hugo, Vigny, Dumas, Musset, Gautier, Sand - et les "classiques", parmi lesquels Molière, considéré comme tel depuis le XVIIIe siècle. Or on sait aujourd'hui que les romantiques ne s'opposent pas aux auteurs classiques, bien au contraire. En s'appuyant sur les recherches les plus récentes en histoire du théâtre des XVIIe-XIXe siècles, les spécialistes ici réunis ont étudié comment l'oeuvre de Molière fut perçue et reçue au XIXe siècle, en particulier à la Comédie-Française, mais également à l'étranger ; comment celle-ci fut éditée, regroupée, vendue, lue et enseignée ; comment, enfin, l'image de l'écrivain ainsi que la célébration de ses oeuvres et de ses anniversaires furent utilisées, notamment à des fins idéologiques.
La police est aujourd'hui considérée comme une force exclusivement coercitive et répressive. Or cet " ogre bleu " présente une image à plusieurs facettes : police, gendarmerie, police judiciaire, experts scientifiques... La police est présente dans nos sociétés européennes dès la période antique et régule toute la vie urbaine. Ce n'est qu'en 1667 qu'est créée une institution véritable : la lieutenance générale de police de Paris. Censure, surveillance des moeurs, violence urbaine, incendies, gestion de la pauvreté et approvisionnement de la ville sont quelques-unes des pratiques policières d'Ancien Régime. Seule la période révolutionnaire mettra fin à cette institution, pour mieux la dépasser. C'est sur ce passage de l'Ancien Régime à la modernité que se penche Orages. Le rappel des charges et des pratiques policières, éclairées par quelques événements retentissants, fonde historiquement l'étude. Elle est prolongée par une analyse des représentations littéraires bientôt alimentées par le roman policier naissant. Avant la Révolution comme sous l'Empire et la Restauration, la surveillance serrée de quelques écrivains jugés dangereux par le pouvoir (Mme de Staël, Stendhal), la carrière étonnante d'un Vidocq entre haute pègre et basse police, ou la censure des spectacles nourrissent bien des fantasmes : de Mercier à Dumas, la police et son " oeil " fascinent ou médusent. Ce numéro a reçu les contributions de Catherine Denys, Vincent Milliot, Christophe Cave, Gérard Gengembre, Brice Frigau, Nicolas Gauthier, Henri Rossi. Les documents inédits présentés par Odile Krakovitch permettent de suivre un véritable feuilleton : la série des procès-verbaux de censure du Cid d'Andalousie (1823-1825) sous la Restauration. Dans le cahier annuel, l'on découvrira notamment une lettre inédite de Stendhal, avant le fil rouge de Jean-Noël Pascal et un entretien avec Bronislaw Baczko sur les journées des 5 et 6 octobre 1789.
A l'image des cas psychanalytiques de Freud, les romans de May Sinclair sont des objets déconcertants placés sous le signe du singulier, du particulier et de l'inattendu. Souvent qualifiés de textes hybrides qui se tiendraient à mi-chemin entre les écritures victoriennes et modernistes, ils offrent un contrepoint intéressant aux modèles woolfiens de représentation du féminin en accordant une importance toute particulière aux discours théoriques. Esprit curieux au parcours atypique, Sinclair est en effet aussi une essayiste prolifique, dont les nombreuses publications sur le vote féminin et la condition des femmes, les articles de psychologie et de psychanalyse, les critiques littéraires et les essais philosophiques sont en dialogue constant avec les romans. Ceux-ci ne sont jamais pour autant des romans à thèses : bien au contraire, la prose sinclairienne s'attache systématiquement à remettre en question le cadre de référence, à prolonger le questionnement ou à affiner l'analyse. Explorant la complexité des épistémologies modernistes, cet ouvrage se penche ainsi sur l'influence de la pensée par cas sur la fiction sinclairienne, qui oscille entre l'énigme, le modèle, l'abstrait et l'inconnu.
Indexée sur l'expérience d'un lieu, l'écriture de Jean Rolin se situe au coeur des renouvellements thématiques et esthétiques de la littérature de ces trente dernières années : à partir d'une immersion dans un espace concret - visite réitérée, incursion, séjour prolongé - elle définit une forme littéraire située au croisement du documentaire et du romanesque, en prise sur les espaces contemporains, tentant d'élaborer les conditions d'un possible témoignage. Selon quelles modalités s'opère la saisie incarnée et située d'un territoire ? Comment l'expérience vécue est-elle recomposée par l'écriture, en marge des catégories génériques du reportage ou du récit de voyage ? Comment s'actualise la situation de l'écrivain dés lors que son rapport au monde prend soin d'écarter toute prétention didactique ? C'est à toutes ces interrogations que ce volume s'efforce de répondre à travers des lectures croisées, qui font dialoguer entre elles les différentes oeuvres de Jean Rotin pour mieux en cerner les constances, les récurrences et les évolutions.
Le rapport que l'écrivain établit avec le monde est l'axe principal des études de ce volume consacré à des auteurs hispano-américains parmi les plus célèbres des dernières années du XIXe siècle et du XXe siècle. L'essai, la poésie et surtout le roman déploient un imaginaire d'une richesse exceptionnelle, que les études de ce volume analysent, tout en les reliant à la vision et à l'engagement personnel de chaque écrivain. L'histoire hispano-américaine, dans les essais de Manuel González Prada aussi bien que dans la poésie de Rubén Darío, revendique une volonté de destin. L'imaginaire de la culture hispano-américaine est abordé à travers le roman, au Mexique avec Carlos Fuentes, au Nicaragua avec Gioconda Belli et au Pérou, avec Isaac Goldemberg et les romans de Mario Vargas Llosa. La satire de la société au milieu du XXe siècle s'accompagne d'implications sociales et politiques magnifiquement servies par l'art d'écrire de chacun des auteurs. Des exemples sont donnés de la féconde tradition poétique et musicale des peuples sud-américains.
Ce livre ouvre une réflexion, dans le champ de l'esthétique, sur les ressources de l'écriture pour mener une analyse de film. Il s'agit moins d'exposer une méthode que d'étudier les conditions et les processus permettant de rendre compte de l'expérience sensible des oeuvres dès lors que style, composition, fonction poétique du langage ne sont pas apparat ou ornement, mais, simultanément, conduite, pratique et manifestation de la pensée. D'autres écritures analytiques, qui mobilisent des outils sonores et visuels, sont également abordées. Essai filmique, expérimentation numérique ou carte interactive, leurs formes multiples et suggestives continuent de s'inventer, comme autant de propositions performatives et de cheminements à même la matière des sons et des images. C'est l'ensemble de ces gestes d'écriture de l'analyse que cet ouvrage explore.