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Un drame au bord de la mer
Balzac Honoré de ; Bazantay Pierre
PART COMMUNE
10,00 €
Épuisé
EAN :9782844182623
Ce récit commence dans une sorte d'euphorie. Balzac y est un touriste heureux au bord de la mer, dans la presqu'île guérandaise, loin des soucis de la vie parisienne. À cette lumière qui baigne les premières pages va succéder une atmosphère, à la fois du paysage et de l'humain, de plus en plus sombre, où la violence, le crime et l'extrême douleur s'installent. C'est l'histoire d'un enfanticide, d'un père s'estimant trahi et qui dans un paradoxal excès de morale va tuer son fils. Balzac, de manière philosophique, nous amène à voir ici comment la pensée d'un homme sous l'emprise de codes sociaux trop rigoureux, d'ordres familiaux excessifs, génère des désordres aux conséquences dramatiques. À travers ce drame, Balzac nous dresse une peinture plus que jamais actuelle : la confrontation du rôle paternel et de l'évolution des moeurs de la Société.
Un général d'Empire essaie d'arracher une femme qu'il a aimée au point de vouloir la marquer au fer rouge, au couvent espagnol où elle s'est cloîtrée. Un jeune roué poursuit à travers Paris une inconnue "aux yeux jaunes comme ceux des tigres", séquestrée par une femme en laquelle il reconnaîtra sa demi-soeur. La passion mystique et charnelle de La Duchesse de Langeais, Lesbos, l'atmosphère étouffante d'Orient où baigne La Fille aux yeux d'or, dédiée au Delacroix des Femmes d'Alger, font de ces deux nouvelles les chefs-d'oeuvre du romantisme balzacien. Mais La Duchesse de Langeais est aussi un grand texte politique, impitoyable à l'égard des Bourbons, et La Fille aux yeux d'or contient une analyse de la société parisienne à laquelle les théoriciens de la lutte des classes (et des sexes) n'ont rien à ajouter.
Comme autrefois vous allez me rendre à la santé, Félix, et ma vallée me sera bienfaisante. Ils croient que ma plus vive douleur est la soif. Oh ! oui, j'ai bien soif, mon ami. L'eau de l'Indre me fait bien mal à voir, mais mon c?ur éprouve une plus ardente soif. J'avais soif de toi, me dit-elle d'une voix plus étouffée en me prenant les mains dans ses mains brûlantes et m'attirant à elle pour me jeter ces paroles à l'oreille : mon agonie a été de ne pas te voir. " La bataille inconnue qui se livre, dans une vallée de l'Indre, entre Mme de Mortsauf et la passion, est peut-être aussi grande que la plus grande des batailles connues " (Balzac).
Résumé : "Toutes les autres choses que vous entendrez dire sur l'Empereur sont des bêtises." Ainsi finissent les célèbres pages du Médecin de campagne que Balzac consacra, en 1833, par la bouche d'un ancien grognard, Goguelat, à l'épopée du grand homme et qui rappellent avec force qu'il fut, aux côtés de Stendhal et de Chateaubriand, l'un des artisans du mythe napoléonien. Le lecteur pourra ensuite se délecter des Maximes et pensées de Napoléon, dont Balzac, qui les avaient écrites pour les vendre à un bonnetier, Jean-Louis Gaudy, sous le nom duquel elles ont été publiées en 1838, voulait qu'elles fussent "à Napoléon ce que l'Evangile est au Christ".
Extrait Une pension bourgeoise Madame Vauquer, née de Conflans, est une vieille femme qui, depuis quarante ans, tient à Paris une pension bourgeoise établie rue Neuve-Sainte-Geneviève, entre le quartier latin et le faubourg Saint-Marceau. Cette pension, connue sous le nom de la Maison Vauquer, admet également des hommes et des femmes, des jeunes gens et des vieillards, sans que jamais la médisance ait attaqué les moeurs de ce respectable établissement. Mais aussi depuis trente ans ne s'y était-il jamais vu de jeune personne, et pour qu'un jeune homme y demeure, sa famille doit-elle lui faire une bien maigre pension. Néanmoins, en 1819, époque à laquelle ce drame commence, il s'y trouvait une pauvre jeune fille. En quelque discrédit que soit tombé le mot drame par la manière abusive et tortionnaire dont il a été prodigué dans ces temps de douloureuse littérature, il est nécessaire de l'employer ici : non que cette histoire soit dramatique dans le sens vrai du mot ; mais, l'oeuvre accomplie, peut-être aura-t-on versé quelques larmes intra muros et extra. Sera-t-elle comprise au delà de Paris ? le doute est permis. Les particularités de cette scène pleine d'observations et de couleurs locales ne peuvent être appréciées qu'entre les buttes de Montmartre et les hauteurs de Montrouge, dans cette illustre vallée de plâtras incessamment près de tomber et de ruisseaux noirs de boue ; vallée remplie de souffrances réelles, de joies souvent fausses, et si terriblement agitée qu'il faut je ne sais quoi d'exorbitant pour y produire une sensation de quelque durée. Cependant il s'y rencontre çà et là des douleurs que l'agglomération des vices et des vertus rend grandes et solennelles : à leur aspect, les égoïsmes, les intérêts, s'arrêtent et s'apitoient ; mais l'impression qu'ils en reçoivent est comme un fruit savoureux promptement dévoré. Le char de la civilisation, semblable à celui de l'idole de Jaggernat, à peine retardé par un coeur moins facile à broyer que les autres et qui enraye sa roue, l'a brisé bientôt et continue sa marche glorieuse. Ainsi ferez-vous, vous qui tenez ce livre d'une main blanche, vous qui vous enfoncez dans un moelleux fauteuil en vous disant : Peut-être ceci va-t-il m'amuser. Après avoir lu les secrètes infortunes du père Goriot, vous dînerez avec appétit en mettant votre insensibilité sur le compte de l'auteur, en le taxant d'exagération, en l'accusant de poésie. Ah ! sachez-le : ce drame n'est ni une fiction, ni un roman. All is true, il est si véritable, que chacun peut en reconnaître les éléments chez soi, dans son coeur peut-être ! --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Confié à Gustave Flaubert par sa mère Laure - qui n'est autre que la soeur d'Alfred le Poittevin, ce « coeur frère qu'on ne retrouve jamais deux fois » - Guy de Maupassant doit ses années de formation à l'écrivain qu'il appelle son Maître. Leurs véritables relations se nouent à partir de 1872. Flaubert lit les manuscrits de son protégé, le conseille, le prend comme collaborateur en le faisant participer à ses recherches pour Bouvard et Pécuchet, et l'introduit parmi ses amis écrivains. Maupassant écrira de nombreux articles sur Gustave Flaubert, voulant défendre son oeuvre, mais aussi l'homme: « Comme il avait horreur du bourgeois (et il le définissait ainsi: quiconque pense bassement), il passa parmi la plupart de ses contemporains pour une espèce de misanthrope féroce qui eût volontiers mangé du rentier à ses trois repas. C'était au contraire un homme doux, mais de parole violente, et très tendre, bien que son coeur, je crois, n'eût jamais été ému profondément par une femme.»
Dans ces trois textes de la fin de sa vie, nourris de son expérience personnelle et de sa réflexion, la philosophe catholique et ouvrière Simone Weil se livre à une véritable profession de foi qui accrédite son idée d'une nécessaire révolution humaniste. Comme dans toute son oeuvre, ce qu'elle cherche à placer au centre de toute interrogation, de toute préoccupation et de toute construction d'un avenir partagé et commun, c'est l'homme, dans son essence comme dans son individualité. Lire Simone Weil relève autant du devoir que de l'obligation.
De leur rencontre en 1846 dans l'atelier du sculpteur James Pradier, jusqu'à leur rupture violente en 1854, Gustave Flaubert et Louise Colet échangèrent d'innombrables lettres. Quoi que l'une des plus belles correspondances amoureuses de la littérature, cet ensemble n'a inexplicablement jamais fait l'objet d'une publication isolée. Ces lettres accompagnent par ailleurs la germination de Madame Bovary. Flaubert, qui est encore un tout jeune homme de 25 ans quand il rencontre la belle et brillante Louise Colet, d'une dizaine d'années son aînée, y apparaît tour à tour tendre, malicieux, tourmenté par les " affres de la création " ou savoureusement paillard. Lire ces lettres, c'est découvrir la vraie nature humaine et littéraire de Flaubert, l'extraordinaire liberté de son génie et son tempérament passionné. C'est surtout s'initier à ce qui constitue sans doute l'un de ses chefs-d'?uvre : sa correspondance !
Sans aucun doute le livre le plus personnel de Léon Bloy, Le Sang du Pauvre est aussi celui dont la maturation fut la plus longue et la plus sourde. Ce sang du pauvre dont il est ici question n est autre que l argent, transfiguration audacieuse du sang versé par le Rédempteur: « Il est exécrable et adora-ble, symbole flagrant et ruisselant du Christ Sauveur. La force de Bloy est de nous happer dans son imaginaire intuitif, pour offrir une vision à charge du monde industriel. Mais un siècle après Sueur de Sang a paru en 1908 ce discours violent contre le matérialisme reste d une lucide actualité: l argent est la nouvelle foi des hommes, encline aux mêmes excès, au même fanatisme et au même dévoiement. Bloy se livre à une diatribe contre cette civilisation inhumaine régie par les seules lois de l économie. En somme, Bloy est, dans sa dénonciation de la société matérialiste, un précurseur de l altermondia-lisme qui aurait les emportements oratoires des prophètes de l Ancien Testament.