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La crise de la conscience iranienne. Histoire de la prose persane moderne (1800-1980)
Balaÿ Christophe
L'HARMATTAN
42,00 €
Épuisé
EAN :9782343117799
Pour les Iraniens, tout est littéraire ; toute expérience humaine prend tôt ou tard une forme littéraire. Tout phénomène appelle sa représentation. Sans doute, peu de civilisations du monde vont aussi loin dans cette mise en forme, au point même que la forme semble précéder la pensée, la submerger, et finir parfois par la faire oublier. Dans la longue tradition littéraire iranienne, c'est bien sûr la forme poétique qui assumait ce rôle, occupait le centre, constituait l'axe autour duquel s'enroulait l'ensemble du système. Mais la grande crise des 19e et 20e siècles opère un décentrement, un déplacement de l'axe. La forme prosaïque, toujours contenue à la marge, à la périphérie, entreprend la conquête du centre canonique, par étapes, ponctuées par de grands évènements comme la naissance de l'imprimerie, celle de la presse, la transformation du système pédagogique et le développement intensif de la traduction littéraire. Cette place nouvelle au sein du système, la prose la conquiert dans un échange permanent avec l'idéologie politique et sociale. Elle participe au même combat qui aboutit à la révolution constitutionnelle de 1906, au coup d'Etat de 1921, à celui de 1953, aux mouvements suscités par la révolution blanche des années 60 et pour finir à la révolution de 1978-79. L'histoire de la prose persane moderne est celle d'une longue crise à la fois politique, sociale et culturelle à laquelle elle a donné forme, dans laquelle elle a pris forme.
Romancière, traductrice (Alice au Pays des merveilles, poésie japonaise?), nouvelliste hors pair, Zoyâ Pirzâd, née en 1952, fait partie des auteurs qui font sortir l?écriture persane de ses frontières et l?ouvrent sur le monde. Découverte et traduite pour la première fois en français par les éditions Zulma en 2007, elle a reçu en 2009 le prix Courrier international du meilleur livre étranger pour son recueil de nouvelles Le Goût âpre des kakis.
« Abou se meurt. Pas comme un vieil homme. Comme un crocodile. » Dans cette veillée, sa filleHomeyra se souvient de son enfance iranienne qui, loin de se limiter au foyer, débordejoyeusement, dramatiquement, à tout le voisinage. Dans l?une des rues de ce quartier pauvre, les jeux des enfants, les froissements des tchadors et les exhortations des patriarches se mêlent en brouilles, en conflits de générations et en vagues connivences. Au fil des années, la vie quotidienne de toute une société nous apparaît, si vivante et contrastée, à travers ses privations, les interdits qu?elle s?impose et son lancinant désir d?émancipation. Cette chronique des moeurs et coutumes dominée par l?arbitraire patriarcal se déploie au gré de la folle amitié de deux gamines, Azar et la narratrice. Azar la petite sauvageonne qui refuse en riant l?éprouvante discipline des adultes. Homeyra qui ne rêve que de fuir le grand deuil de l?amour des mères et la jalousie absolue et brutale des pères. Tout le talent de Fariba Vafi est de nous donner à comprendre, avec autant de tendresse pudique que d'intelligence critique, le destin d?un peuple à travers la vie de tous les jours.
Arezou dirige l'agence immobilière qu'elle a héritée de son père. Pour le reste, elle est prise en étau entre une mère aussi horripilante qu'obstinée, et une fille bien partie pour prendre la relève. Jusqu'au jour où Zardjou lui achète une maison... Dans un roman d'une subtilité et d'une vigueur merveilleuses, Zoyâ Pirzâd brosse le portrait d'une société pleine de contradictions et celui d'une femme passionnante, aussi drôle qu'attachante - la version moderne, active et divorcée d'une héroïne de Jane Austen.
La guerre Iran-Irak a été à l'origine d'une spectaculaire évolution esthétique. La peinture a donné de nombreuses toiles dont le sujet a été la résistance, l'engagement, la défense comme valeur morale, le salut de la patrie. La représentation artistique de la guerre pose la question fondamentale suivante : celle de savoir pourquoi les Iraniens éprouvent collectivement le besoin et le désir de "représenter" la guerre, ou plutôt de "se représenter" eux-mêmes acteurs de la guerre.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.