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Baudelaire à la campagne. Une amitié littéraire : Charles Baudelaire et Auguste Poulet-Malassis
Baillaud Bernard
FARIO
20,00 €
Épuisé
EAN :9782385730017
Baudelaire à la campagne est construit autour de deux paradoxes. En redonnant la parole aux proches de Baudelaire, on obtient une autre image, une figure différente de celles, multiples, que le mythe Baudelaire a imposées. Parmi celles-là, au premier chef, celle du poète maudit. En suivant Baudelaire dans les provinces, on voit Baudelaire quitter pour quelques jours l'habit du citadin. Dans les deux cas, c'est dans les marges de l'histoire littéraire qu'il est possible de suivre le poète des Fleurs du mal, au moment de la composition mentale du recueil. Victor Hugo avait conseillé à Charles Baudelaire, qui venait le visiter place Royale, d'aller à la campagne. L'énoncé était de bon sens, et peut paraître contradictoire quand le poète des Fleurs du mal passe aujourd'hui pour un homme de la ville. Mais la première édition des Fleurs du mal comporte aussi cette étrangeté : le nom d'Alençon. Qu'allait donc faire ce poète parisien en Normandie ? C'est l'adresse d'un éditeur, Auguste Poulet-Malassis, le seul avec qui Baudelaire ait pu traiter en ami, qui l'y a mené. Baudelaire a passé à Alençon des jours de travail, de fête et de repos. Au Baudelaire bipolaire, ivre, malade, échoué, endetté et épuisé - figure suffisamment exploitée par la petite bourgeoisie - tiraillé entre Paris et Bruxelles, nous préférons opposer Alençon, une ville à cédille, vouée à la broderie et à la toile, adonnée, aujourd'hui encore, à l'imprimerie. Auguste Poulet-Malassis a donné son nom à un catalogue de quelques dizaines de titres, peuplé d'amis, cénacle ou phalange, mais sans souci d'école, que l'éditeur historique avait su réunir. Il n'y a pas de poésie, dans le monde moderne, sans éditeurs de poésie. Il n'y a pas d'amitié littéraire sans livre qui en témoigne et la prolonge jusqu'aux lecteurs d'aujourd'hui auxquels Bernard Baillaud offre de nouvelles fleurs, tout un bouquet éloquent cueilli dans les vastes prairies des bibliothèques. Bernard Baillaud est né en 1959 à Besançon. Il est agrégé de Lettres, docteur de l'université de Paris-IV Sorbonne (il a rédigé une thèse, "La pensée et la fiction dans les récits de Jean Paulhan (1904-1921)" sous la direction de Jean-Yves Tadié) et président de la Société des lecteurs de Jean Paulhan. Il est chargé de la publication, chez Gallimard, des oeuvres complètes de Jean Paulhan, dont cinq volumes ont paru. Il a donné et donne des articles à diverses revues, comme les Cahiers Diderot, L'Infini, Europe, Théodore Balmoral ou La Revue des revues. Il a travaillé et travaille sur Joseph Joubert, Jacques Rivière, Raymond Queneau et aujourd'hui Baudelaire.
Résumé : Sous le signe des Fleurs de Tarbes, Paulhan désigne tantôt un seul livre, deux fois publié, en 1936 et en 1941, tantôt un projet plus général, autrement audacieux que le précédent, et qui devait être à la Critique ce que le livre de Mallarmé devait être à la Poésie. C'est de ce projet général que témoigne l'ensemble du volume. Il ne s'agit pas pour Paulhan de réintroduire la Rhétorique en France pour le meilleur et pour le pire, elle n'a l'a jamais quittée. Si Paulhan avait pu faire porter sur la Rhétorique le livre qu'il envisageait, et dont nous n'avons que les fragments, il passerait aujourd'hui pour un dadaïste, plus radical que ceux qui en portent le nom, un terroriste, et point des plus modérés, un dynamiteur de quintessence enfin. Mais le langage provoque dans l'esprit tant d'illusions qu'il vaut la peine d'y regarder de près. A moins que l'expérience ne vienne brouiller le beau jeu de la Rhétorique et de la Terreur. Car l'accès à l'expérience rouvre la possibilité du récit, bloque le discours, et relance par surprise les chances de la littérature. De quoi s'agit-il ? De tourte relation au langage. Il n'est avec le langage, croit Paulhan, que deux attitudes possibles. Ou bien nous lui faisons confiance, parce que nous estimons qu'il se prête de bonne grâce à ce que nous avons à dire ; ou bien nous nous tenons en défiance, parce que nous estimons que ce que nous avons à dire excède de toutes parts, et violemment, ses pauvres capacités d'expression. Bien loin de la philologie ou de la linguistique, la pensée du langage est condamnée à n'être qu'une nomenclature des illusions. Mais que tout homme soit dans sa vie traversé par la Rhétorique et par la Terreur - en le sachant, sans le savoir - est à ses yeux une évidence. C'est dire qu'il ne s'agit pas de prendre son parti, en faveur de l'une ou de l'autre, mais simplement - si la simplicité peut être ici de mise - d'analyser les possibilités de leur dialogue, en se fondant sur la baroquerie de leurs défenses. Car l'une et l'autre se défendent mal. Ceci n'est donc pas un livre à thèse, ou de doctrine. On y chercherait en vain une opinion qui serait celle de l'auteur, sur laquelle il aurait fait carrière, et que l'on pourrait discuter. Les livres de Paulhan sont comme le sable et comme la mer, ils se dérobent, massivement. Pourquoi nous retiennent-ils ? Parce que nous y sommes. Que nous nous y voyons. Et que nous y voyons, non pas l'idée qu'un seul homme peut se faire du monde et de l'homme et de son langage, mais l'instant décisif qui silencieusement résout les bruyantes affirmations que notre esprit ne devrait pas souffrir. Contre les affirmations obligées, il n'y a que la contradiction qui soit nécessaire ; contre la contradiction, que le silence.
Jean Paulhan (1884-1968), comme secrétaire puis, à partir de 1925, comme directeur de La Nouvelle Revue Française, aura été pendant plus de 40 ans au centre de la vie littéraire et intellectuelle française. Ce tome 1 regroupe l'ensemble des romans de Jean Paulhan et inaugure la publication de ses ?uvres complètes en 7 volumes. Cette édition critique est accompagnée d'un appareil de notes, de notices et des variantes des textes. De nombreux documents inédits ou peu connus (lettres...) sont reproduits in-texte. Ce volume contient : Lalie ; Progrès en amour assez lents ; Le Pont traversé ; Le Guerrier appliqué ; La Guérison sévère ; Aytré qui perd l'habitude.
Brillaud Benjamin ; Mariolle Mathieu ; Paty Christ
Résumé : Savez-vous que Nicolas Flamel n'a jamais été alchimiste ? Que Napoléon a failli se faire remplacer par un général culotté ? Savez-vous qui a trouvé le moyen le plus ingénieux de s'emparer d'un château fort ? Et quelles ont été les évasions les plus audacieuses ? Douze portraits de grandes figures historiques (Catherine de Médicis, Magellan, Aristomène...) agrémentées d'anecdotes véridiques et drôles. Une manière ludique de (re)découvrir l'histoire de France.
Une destination, apparente ou souterraine, peut assurer à des pages disjointes, écrites au cours de quelques années, une même focale. C'est du moins ce dont l'éditeur a pris conscience et ce dont l'auteur a bien voulu se laisser convaincre. La destination apparente, c'est un lieu, puisque la revue fario a publié une première version des cinq premiers textes de ce petit volume. Le sixième, L'éloquence de la perruche, est inédit. La destination souterraine, au lecteur de la dessiner, mais on ne peut écarter ceci, une hypothèse : la margelle du temps où nous nous tenons en déséquilibre est celle des effondrements et des désastres à une échelle qu'on aurait eu naguère peine à imaginer. Elle conduit à une inévitable et hélas nécessaire opération, que seule une sensibilité encore aiguisée peut effectuer à l'intention des hommes nouveaux que nous devenons : un inventaire de ce qui tenait à l'âme et au corps de ceux que nous pensions pouvoir demeurer.
Deux essais, l'un sur Julien Gracq, l'autre sur Claude Simon, constituent ce petit volume. Pierre Bergounioux nous permet de lire ces deux auteurs dont les manières et la matière d'écriture sont si dissemblables, comme les interprètes du temps qui les a vu naître et vivre. Tout deux ont connu une même épreuve, et en partie construit leurs oeuvres sous le choc de l'effondrement général que constituèrent, pour la vieille société où ils avaient vu le jour, la guerre de 14 ? -? 18 puis la défaite de 1940.