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Écrits (1967-2022). Tome I, "Philosophie", vol. 1, 1967-1995
Baechler Jean ; Escudier Alexandre
HERMANN
39,20 €
Épuisé
EAN :9791037043139
Jean Baechler compte parmi les derniers grands auteurs de la sociologie classique. Comme les fondateurs des sciences humaines et sociales, son oeuvre mobilise tour à tour les registres de la philosophie, de la sociologie et de l'histoire. D'envergure encyclopédique, elle porte aussi bien sur la sociologie historique du politique que les origines du capitalisme, la sociologie des religions, l'éthique, la métaphysique et l'épistémologie. Elle se caractérise par sa dimension comparatiste et diachronique, englobant toutes les formes d'organisation sociale (bandes, tribus, cités, royaumes, empires, nations) sur la plupart des grandes aires civilisationnelles depuis le Paléolithique supérieur. Mêlant tradition philosophique et sciences sociales, ce premier tome (en deux volumes) témoigne de l'approche conceptuelle rigoureuse, chez Baechler, des questions explorées dans ses enquêtes empiriques. Interroger les fondements était, pour lui, la condition de toute démarche scientifique. Définir précisément un problème, formuler des hypothèses plausibles sur ses manifestations historiques et guider l'examen des facteurs sociologiques actualisant le possible y relevait surtout d'une théorie générale du règne humain. Ce volume articule cette problématisation anthropologique des histoires humaines avec un " réalisme critique " épistémologique, offrant un accès privilégié à la pensée de Baechler. Son interrogation sur l'Absolu, qu'il soit religieux ou séculier, révèle en outre un pan cardinal de sa réflexion anthropologique et historique sur l'humain.
Par nature, l'expertise s'adresse à des inexperts désireux d'obtenir des avis autorisés sur des sujets qui les concernent et les préoccupent. Le rapport qui lie les experts au grand public ne peut aboutir que si les uns inspirent et les autres font confiance. Or, ce lien semble aujourd'hui affaibli. Les raisons en sont multiples. Une succession d'accidents et de scandales, une frilosité exigeant des garanties toujours plus sûres, le sentiment que l'humanité se trouve au seuil de développements dont la maîtrise peut lui échapper, les assauts de l'idéologie antimoderne et de sa version actuelle écologiste, la toile informatique accessible à tous les excès de l'irrationalisme, tous ces facteurs et d'autres encore minent le capital de confiance que l'opinion publique place dans les experts. Cette situation ne saurait se prolonger et encore moins s'aggraver sans conséquences fâcheuses pour tous, car la complexité des affaires humaines et la multiplication des problèmes imposeront, qu'on le veuille ou non, de plus en plus d'expertises. Si les experts sont disqualifiés, le risque devient pressant de décisions irresponsables et d'orientations calamiteuses.
Quelle est la nature de l'espèce animale productrice des histoires et des cultures humaines ? La réponse est double. D'un côté, une explication plausible du règne humain et de la matière historique est atteinte, si l'on postule que l'espèce humaine est marquée par la liberté, la finalité, la rationalité et la faillibilité. L'autre côté est ici dévoilé, qui s'applique à détailler ce que doit être le dispositif psychique humain, s'il doit soutenir ces quatre caractères. L'examen se déroule en quatre étapes. Le psychisme étant humain, il est libre du fait de degrés de liberté biologiques, finalisé pas la nécessité de résoudre les problèmes posés par sa non-programmation génétique, rationnel par la mise en oeuvre de stratégies psychiques et rendu faillible par la complexité de l'entreprise d'humanisation. Pour réussir malgré tout à servir celle-ci, le psychisme est un dispositif intégré et ouvert, mettant une sensibilité au service de la finalité, une intelligence à celui de la rationalité et une volonté à celui de la liberté. Mais les opérations du dispositif psychique sont inévitablement accompagnées de défaillances et d'autant de problèmes internes à résoudre, dont résultent des passions, une distraction du psychisme et des performances diminuées. Finalement, l'analyse fait émerger l'être humain comme individu et individualité, personne et personnage, et comme l'acteur en charge à la fois de sa personnalité et du métier humain. La Nature humaine est le dernier volet d'une somme anthropologique, après Agir, faire, connaître ; Nature et Histoire et Esquisse d'une histoire universelle.
Tout existant est contingent. Or, s'il n'y avait que du contingent, il n'y aurait rien. Donc le contingent implique l'absolu. L'exister est nécessaire, mais les existants contingents pourraient ne pas exister. La proposition ouvre sur une alternative fondamentale. Une branche est celle du Devenir, où l'absolu est le devenir perpétuel et le contingent l'ensemble en devenir de devenants éphémères. L'autre branche est celle de l'Etre, où l'exister nécessaire est ontologiquement séparé des existants contingents, selon deux modes radicalement distincts. Dans le mode contingent, l'Etre est transcendant aux étants et le Créateur de créatures. Dans le mode nécessaire, l'Etre inhabite des étants transitoires. L'Etre peut être conçu comme transcendant ou immanent. La métaphysique du Devenir fonde en raison une fin dernière, le bonheur, gagné par la voie séculière des sagesses. Celle de l'Etre la définit comme béatitude, poursuivie par la voie numineuse des religions. La science de l'éthique peut dès lors prendre appui sur le Devenir, au fondement des sagesses de la Chine, de l'Inde, de la Grèce, et sur l'Etre.
Etrange destin idéologique que celui du capitalisme au cours de ce dernier quart de siècle : d'objet d'opprobre, le voici devenu la panacée à tous les maux qui accablent l'humanité. Alors que beaucoup tenaient, il n'y a guère, la chronique de sa mort annoncée, tous les pays désormais rivalisent d'ardeur pour l'adopter. Or, deux problèmes posés par le capitalisme et qui ont été l'obsession de ces géants de la sociologie historique que furent Karl Marx et Max Weber attendent encore une réponse. Le premier problème est celui, plus directement historique, de la genèse du capitalisme : pourquoi ce régime nouveau de l'économique a-t-il émergé en Europe à partir d'une certaine date, et non pas en une autre civilisation ni à une autre époque ? A cette question répond le tome premier. Les origines. Un vaste tableau historique et comparatiste, qui conduit le lecteur de la Grèce antique à la Chine en passant par le Japon, l'Empire Inca et l'Europe médiévale, dessine les traits distinctifs du capitalisme et la spécificité politique de son origine européenne : l'émergence d'une civilisation de l'individu et de ses droits. Le deuxième problème est la place et la portée du capitalisme dans cette phase de l'histoire de l'humanité qu'il est convenu d'appeler la "modernité". A cette question s'attache le deuxième volume, L'économie capitaliste, qui retrace les diverses conditions et modalités économiques de la mondialisation du capitalisme, indépendamment des conditions politiques de la démocratie européenne occidentale qui fut son berceau. Jean Baechler révèle combien l'émergence et l'internationalisation, le passé et l'avenir de ce régime économique spécifique sont indissociables et conduisent à une nécessaire réflexion sur notre âge moderne. Car le capitalisme, loin du sentiment d'évidence communément nourri, demeure, par nombre de ses aspects encore énigmatiques, un objet privilégié de la réflexion historique et sociologique.
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?