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Ecrits (1967-2022). Tome 3, Histoire, 1967-1990
Baechler Jean ; Escudier Alexandre
HERMANN
39,20 €
Épuisé
EAN :9791037043214
Jean Baechler compte parmi les derniers grands auteurs de la sociologie classique. Comme les fondateurs des sciences humaines et sociales, son oeuvre mobilise tour à tour les registres de la philosophie, de la sociologie et de l'histoire. D'envergure encyclopédique, elle porte aussi bien sur la sociologie historique du politique que les origines du capitalisme, la sociologie des religions, l'éthique, la métaphysique et l'épistémologie. Elle se caractérise par sa dimension comparatiste et diachronique, englobant toutes les formes d'organisation sociale (bandes, tribus, cités, royaumes, empires, nations), sur la plupart des grandes aires civilisationnelles, depuis le Paléolithique supérieur. Dans ce troisième tome (en deux volumes), les écrits historiques de Jean Baechler couvrent un large éventail de travaux sur le politique (démocratie, empire, féodalité, castes), le capitalisme, les mécanismes de marché, les relations internationales, la guerre, entre autres. L'approche diachronique et comparatiste qui caractérise son oeuvre s'y manifeste pleinement, après une identification conceptuelle des problèmes et une analyse sociologique des facteurs explicatifs. Pour Baechler, l'histoire se transforme en " gigantesque laboratoire " , où les hypothèses philosophiques et sociologiques sont mises à l'épreuve grâce à une étude minutieuse des faits, croisant structures agrégées, logique d'action des individus, et intérêts et représentations des groupes.
Par nature, l'expertise s'adresse à des inexperts désireux d'obtenir des avis autorisés sur des sujets qui les concernent et les préoccupent. Le rapport qui lie les experts au grand public ne peut aboutir que si les uns inspirent et les autres font confiance. Or, ce lien semble aujourd'hui affaibli. Les raisons en sont multiples. Une succession d'accidents et de scandales, une frilosité exigeant des garanties toujours plus sûres, le sentiment que l'humanité se trouve au seuil de développements dont la maîtrise peut lui échapper, les assauts de l'idéologie antimoderne et de sa version actuelle écologiste, la toile informatique accessible à tous les excès de l'irrationalisme, tous ces facteurs et d'autres encore minent le capital de confiance que l'opinion publique place dans les experts. Cette situation ne saurait se prolonger et encore moins s'aggraver sans conséquences fâcheuses pour tous, car la complexité des affaires humaines et la multiplication des problèmes imposeront, qu'on le veuille ou non, de plus en plus d'expertises. Si les experts sont disqualifiés, le risque devient pressant de décisions irresponsables et d'orientations calamiteuses.
Etrange destin idéologique que celui du capitalisme au cours de ce dernier quart de siècle : d'objet d'opprobre, le voici devenu la panacée à tous les maux qui accablent l'humanité. Alors que beaucoup tenaient, il n'y a guère, la chronique de sa mort annoncée, tous les pays désormais rivalisent d'ardeur pour l'adopter. Or, deux problèmes posés par le capitalisme et qui ont été l'obsession de ces géants de la sociologie historique que furent Karl Marx et Max Weber attendent encore une réponse. Le premier problème est celui, plus directement historique, de la genèse du capitalisme : pourquoi ce régime nouveau de l'économique a-t-il émergé en Europe à partir d'une certaine date, et non pas en une autre civilisation ni à une autre époque ? A cette question répond le tome premier. Les origines. Un vaste tableau historique et comparatiste, qui conduit le lecteur de la Grèce antique à la Chine en passant par le Japon, l'Empire Inca et l'Europe médiévale, dessine les traits distinctifs du capitalisme et la spécificité politique de son origine européenne : l'émergence d'une civilisation de l'individu et de ses droits. Le deuxième problème est la place et la portée du capitalisme dans cette phase de l'histoire de l'humanité qu'il est convenu d'appeler la "modernité". A cette question s'attache le deuxième volume, L'économie capitaliste, qui retrace les diverses conditions et modalités économiques de la mondialisation du capitalisme, indépendamment des conditions politiques de la démocratie européenne occidentale qui fut son berceau. Jean Baechler révèle combien l'émergence et l'internationalisation, le passé et l'avenir de ce régime économique spécifique sont indissociables et conduisent à une nécessaire réflexion sur notre âge moderne. Car le capitalisme, loin du sentiment d'évidence communément nourri, demeure, par nombre de ses aspects encore énigmatiques, un objet privilégié de la réflexion historique et sociologique.
Ce qui singularise l'homme dans l'ensemble du règne animal, c'est qu'il se sait libre. Pourtant, il n'a de cesse d'interroger cette liberté. C'est la singularité de l'homme qui dessine l'axe essentiel de toute réflexion éthique. Dans cette perspective, Jean Baechler propose une double analyse du devenir et de la destinée humaine d'une part, et de la vie heureuse d'autre part. Cette réflexion est double dans la mesure où elle concerne autant l'individu que la société qui l'englobe. Les objectifs de l'éthique - ces "fins dernières" - sont à la fois le bien-être individuel et le souci de vivre selon le bien dans une société donnée. En d'autres termes, l'éthique se propose de guider l'individu selon des principes gouvernant l'action humaine en fonction de son appartenance à un groupe social déterminé. Dès lors, l'éthique se scinde en devoirs d'état et en choix de vie (religieux ou séculiers). Les deux exigences, prescrites à tout individu, imposent à l'éthologie humaine de s'achever dans une éthique de la personne. Cet essai constitue la pierre angulaire de l'?uvre de Jean Baechler, qui cherche à comprendre les spécificités éthiques et sociales de l'homme par rapport au monde animal. Cette réflexion aussi novatrice qu'originale a pour ambition de renouveler fortement les recherches éthiques actuelles, en philosophie comme en sciences sociales.
Qu'est-ce que l'idéologie ? Ni une insulte ni un concept passe-partout mais la manière dont les hommes pensent, parlent et écrivent dès qu'ils font de la politique. Jean Baechler, chargé de recherches au C. N. R. S. et auteur du Suicide et des Origines du capitalisme, montre qu'il ne saurait y avoir de vie politique sans idéologie et que l'idéologie change avec les sociétés. Jadis l'idéologie pouvait accomplir ses fonctions par un simple parasitage de la mythologie, de la religion ou de la morale. Aujourd'hui , avec la disparition de toute langue commune, l'idéologie s'est transformée en système totalisant qui cesse de servir la politique pour asservir tout à la politique. Somme toute, l'idéologie est le prix que les hommes doivent payer pour pouvoir forger leur destinée au milieu des conflits et des incertitudes. Il arrive que ce prix soit excessif lorsque l'idéologie envahit et corrompt tout.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.