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Lettres à Louis Guillaume
Bachelard Gaston
PART COMMUNE
10,00 €
Épuisé
EAN :9782844181510
Ces dix-huit lettres adressées par Gaston Bachelard à Louis Guillaume entre le 21 octobre 1951 et le 30 juin 1962 illustrent avec chaleur les relations que le philosophe a entretenues avec les poètes de son temps. Elles montrent d'une part comment Gaston Bachelard avec une puissance d'accueil exceptionnelle trouvait dans une poésie en train de s'élaborer matière à poursuivre ses recherches sur l'imagination. Elles mettent en évidence d'autre part l'importance pour un poète de trouver un interlocuteur de haut bord qui puisse le lire avec perspicacité et le conduire encore plus loin dans sa démarche créatrice. Cette correspondance fonctionne aussi comme le révélateur du visage secret de l'âme d'un philosophe ainsi que d'un poète qui puisait les mots au plus profond de lui-même.
C'est près de l'eau que J'ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l'intermédiaire d'un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l'eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d'un vallon, au bord d'une eau vive, dans l'ombre courte des saules et des osières. GASTON BACHELARD.
Autodidacte adopté par la Sorbonne, Bachelard fait songer à un faune rêveur et barbu invité au banquet des philosophes. De quel bois se chauffent les poètes ? Le charme de cette cosmogonie miniature tient dans l'allure presque dansante d'une écriture-promenade où le feu sert de principal aliment à l'imagination. Celle d'un La Fontaine qui aurait remplacé les animaux par les éléments.
Ici, le passé de culture ne compte pas; le long effort de liaisons et de constructions de pensées, effort de la semaine et du mois, est inefficace. Il faut être présent, présent à l'image dans la minute de l'image: s'il y a une philosophie de la poésie, cette philosophie doit naître et renaître à l'occasion d'un vers dominant, dans l'adhésion totale à une image isolée, très précisément dans l'extase même de la nouveauté d'image. L'image poétique est un soudain relief du psychisme, relief mal étudié dans des causalités psychologiques subalternes. Rien non plus de général et de coordonné ne peut servir de base à une philosophie de la poésie. La notion de principe, la notion de "base" serait ici ruineuse. Elle bloquerait l'essentielle actualité, l'essentielle nouveauté psychique du poème. Alors que la réflexion philosophique s'exerçant sur une pensée scientifique longuement travaillée doit demander que la nouvelle idée s'intègre à un corps d'idées éprouvées, même si ce corps d'idées est astreint, par la nouvelle idée, à un remaniement profond, comme c'est le cas dans toutes les révolutions de la science contemporaine, la philosophie de la poésie doit reconnaître que l'acte poétique n'a pas de passé, du moins pas de passé proche le long duquel on pourrait suivre sa préparation et son avènement.
J'aurais pu t'aimer d'une façon plus agréable pour toi. - Me prendre à ta surface et y rester. - C'est longtemps [ce] que tu as voulu. Eh bien non. J'ai été au fond. - Je n'ai pas admiré ce que tu montrais, ce que tout le monde pouvait voir, ce qui ébahissait le public. J'ai été au-delà et j'y ai découvert des trésors. Un homme que tu aurais séduit et dominé ne savourerait pas comme moi ton c?ur aimant jusqu'en ses plus petits angles. " À Louise Colet, 6 juillet 1852.
Panaït Istrati (1884-1935) est un écrivain roumain d'expression française, fils d'un haïdouk, qui, sur les conseils de Romain Rolland, s'est mis à écrire une oeuvre unique, foisonnante, exaltant la vie, la fraternité, la simplicité. Citoyen du monde, homme libre, chantre d'une langue pure et gorgée de sève, avec Pour avoir aimé la terre - que suit une courte autobiographie - il compose une ode à la liberté et aux hommes, aux espérances qu'ils portent et qui les portent, et livre son testament spirituel. Ecrit peu avant sa mort, ce texte lumineux, vibrant est avant tout un acte de résistance d'un homme généreux contre les tyrannies de tout ordre.
Ces deux récits d'une fibre toute rabelaisienne, qui comptent parmi les oeuvres de jeunesse de Gustave Flaubert (1821-1880), contiennent déjà une charge contre la bourgeoisie. Dans Ivre et Mort, deux amis se lancent un défi pour savoir celui qui boira le plus. Mais si derrière la farce truculente perce la tragédie de la fin violente, ce conte bacchique aux accents philosophiques est également un traité faisant l'éloge du vin. Les Funérailles du Docteur Mathurin est d'une veine plus cocasse, qui met en scène trois hommes inutiles, heureux et inactifs vivant dans un oubli total du monde, d'où se dégage une gaie sagesse.
Dans ces trois textes de la fin de sa vie, nourris de son expérience personnelle et de sa réflexion, la philosophe catholique et ouvrière Simone Weil se livre à une véritable profession de foi qui accrédite son idée d'une nécessaire révolution humaniste. Comme dans toute son oeuvre, ce qu'elle cherche à placer au centre de toute interrogation, de toute préoccupation et de toute construction d'un avenir partagé et commun, c'est l'homme, dans son essence comme dans son individualité. Lire Simone Weil relève autant du devoir que de l'obligation.