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ESSAI SUR LA CONNAISSANCE APPROCHEE
BACHELARD
VRIN
49,00 €
Épuisé
EAN :9782711600427
Dans ce premier écrit qu'est sa thèse principale (1927), Bachelard étudie le processus d'affinement de la connaissance scientifique. Le rôle de la connaissance approchée est défini dans les sciences expérimentales, où le degré de précision, confronté au contingent et à l'indivisible, atteint nécessairement une limite ; ainsi que dans les sciences mathématiques qui, soumises à ce même " fractionnement épistémologique et ontologique ", se prêtent néanmoins à une approximation illimitée, puisque l'infini mathématique permet de créer toujours de nouveaux êtres irrationnels assurant la continuité de l'indéfini des nombres rationnels. Par conséquent, on atteint jamais qu'un fait rectifié et provisoire. La connaissance de la réalité se vérifie progressivement à chacune de ses acquisitions, et cette rectification constitue la véritable réalité épistémologique, car elle exprime la pensée dans son dynamisme profond : " l'approximation, c'est l'objectivation inachevée, mais c'est l'objectivation prudente, féconde, vraiment rationnelle puisqu'elle est à la fois consciente de son insuffisance et de son progrès ". En marge des débats du pragmatisme, les concepts de réalité et de vérité sont investis d'un sens nouveau par une philosophie de l'inexact.
Résumé : " Saisir la pensée scientifique contemporaine dans sa dialectique et en montrer ainsi la nouveauté essentielle, tel est le but philosophique de ce petit livre. " Cette phrase de Gaston Bachelard donne l'ambition du projet. En prenant pour modèle la révolution axiomatique des géométries non-euclidiennes, Bachelard démontre dans cet ouvrage publié pour la première fois en 1934 la nouveauté des théories physiques contemporaines ? théorie de la relativité restreinte et générale et mécanique quantique. Celles-ci ont modifié les bases du savoir et rompu avec les représentations classiques. Bachelard en induit la nécessité de réviser en profondeur nos conceptions métaphysiques et les images qui s'y rattachent. Il analyse ainsi comment la relativité einsteinienne transforme les notions de temps et d'espace et la microphysique périme la notion de " chose ". A la lumière de ses analyses, la méthode scientifique apparaît comme " non-cartésienne ", c'est-à-dire qu'elle ne s'appuie plus sur un fondement absolu et des idées simples mais consiste, au contraire, à réviser constamment ses hypothèses pour mieux épouser la complexité des phénomènes.
La formation des concepts scientifiques qui se développe à partir du XVIIIe siècle atteste d'un déploiement parallèle des mathématiques et de l'expérience. Nos observations ne sauraient en effet se traduire en termes de sensations immédiates ; les phénomènes thermiques soulignent combien la sensation est impropre à évaluer la température : celle-ci n'est qu'une des variables d'un complexe offrant bien peu de prise à l'analyse et par conséquent à l'abstraction. La physique, qui était d'abord une science des "agents", devient alors une science des "milieux". Plus encore que la pensée commune, la pensée scientifique vit de rapports et elle ne peut connaître un phénomène qu'en l'incorporant à un système, ou du moins en le pliant aux principes d'une méthode. L'étude de la propagation thermique devait, à quelque moment que ce fût de l'évolution scientifique, suggérer des principes philosophiques, et le problème de la physique mathématique rejoindre alors le problème traditionnel de la philosophie : comment la réalité peut-elle être analysée par la raison ? L'examen historique mené ici par Bachelard suggère que la théorie mathématique est, par essence, inventive. Le développement scientifique n'est pas un développement simplement historique, mais l'on peut dire que l'ordre des pensées fécondes est une manière d'ordre naturel. Car les mathématiques ne se bornent pas à analyser des notions laissées implicites dans l'expérience initiale, mais font une large part aux procédés synthétiques. Cette pensée constructive va si loin qu'elle semble impliquer un véritable finalisme mathématique, qui assure la cohérence rationnelle en même temps que l'accord expérimental : Bachelard tente ainsi de déterminer comment la construction peut rejoindre la structure.
Gaston Bachelard (1884-1962) est le premier à avoir pris comme principal sujet de recherche l'imagination de la matière. Ses neufs grands ouvrages (traduits dans plusieurs langues) ont renouvelé durablement la critique.Avec La Terre et les rêverie de la volonté, Bachelard se rapproche de Jung. Le livre atteste qu'il n'a pas qu'une mais plusieurs méthodes, ce qu'on appellera la " nouvelle critique " s'en inspirera." Je ne crois pas nécessaire de camper ici un portrait de Bachelard. Toute la presse s'en est chargée dans la dernière année de sa vie. Elle n'a rien laissé ignorer de cet homme trapu, râblé et d'une corpulence tout à fait 1900. (...). Tout le monde sait maintenant qu'il avait le visage même du philosophe, tel du moins que le rêve l'imagination populaire. On en a admiré la chevelure romantique et la barbe peu soucieuse du ciseau.Ses familiers, ses étudiants savent seuls qu'il avait l'accueil jovial, la parole vive et que son rire était toujours prêt à fuser aux bons mots - et même aux calembours, à ceux des autres comme aux siens - que la conversation faisait jaillir.Bachelard forçait la sympathie dès l'abord : il n'est pas si commun de voir un grand esprit sous l'apparence d'un homme simple et comme ordinaire. Il avait conquis la mienne dès notre première rencontre, un an après la publication de son Lautréamont.Je veux dire ici ma reconnaissance à Albert Béguin... C'est à lui que je suis redevable d'être l'éditeur de Bachelard ; de Bachelard de qui les quatre livres majeurs qu'il m'a donnés ont été la semence d'où est née la critique nouvelle. "José Corti, Souvenirs désordonnés.
Résumé : Derain commence à peindre à Chatou en 1895. Il " peint chaud ". Tellement chaud qu'à sa peinture et à celle de quelques autres, on donne le nom de " fauvisme " : les couleurs éclatent comme des bâtons de dynamite. Dans ce Paris d'avant guerre où les peintres de nomment Vlaminck - l'ami - Matisse, Picasso, Braque, Derain s'est fait un nom. Il suivra, jusqu'à sa mort en 1954 à Chambourcy, un parcours très personnel. Ses natures mortes, ses portraits, ses nus tournent résolument le dos à toutes les avant-gardes. Sa curiosité l'entraîne ailleurs : livres illustrés, sculptures, décors et costumes pour la scène. Patrice Bachelard révèle Derain, celui qui disait : " D'ailleurs un art ne pourrait pas être moderne puisqu'il mourrait en naissant. L'art c'est encore et toujours la mémoire des générations.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.