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Médée black ; Ailleurs la vraie vie ; Un ange à ma porte
Azama Michel
THEATRALES
14,00 €
Épuisé
EAN :9782842607470
Le mythe de Médée fascine depuis l'Antiquité artistes, poètes et dramaturges. Michel Azama s'inscrit dans cette lignée et sa Médée black fait ressurgir avec force les ressorts oubliés de cette figure. Dans une Louisiane aussi jazzy que sensuelle et inquiétante, les politiques comme Créon frayent avec les dealers et autres petites frappes, dans une connivence coupable et interlope. Médée, avec sa peau noire, est l'archétype de l'étrangère à qui Jason demande de faire place nette pour ne pas freiner ses ambitions. Elle punira la lâcheté de ce dernier par le tabou ultime du meurtre de leurs enfants. Dans les deux autres textes du recueil, Azama évoque les nouveaux parias de nos sociétés que sont les migrants, arrachés à leurs terres d'origine, poussés sur les routes par la misère ou la guerre. Dans Ailleurs, la vraie vie, des gens de télévision et une policière montrent, telles des lucarnes-miroirs, l'inanité de notre époque qui utilise ces miséreux parvenus sur nos rives comme les canaris dans les mines, annonçant par leur asphyxie le coup de grisou. Dans Un ange à ma porte, un homme, ballotté et rudoyé à son arrivée après une traversée dangereuse, prend la parole, pointant la crise morale d'une Europe qui tourne le dos à ses traditions humanistes. La puissance théâtrale d'Azama et sa haute langue, mâtinée d'instants crus et âpres, apparaissent dans ces trois textes aux distributions modulables. Renouant avec le traitement poétique autant que politique qu'il avait déjà employé dans son célèbre Croisades, il propose ici des oeuvres fortes, urgentes et nécessaires.
Que s'est-il passé dans l'écriture théâtrale depuis l'apparition de Godot, jusqu'à celle du tout aussi mythique Roberto Zucco? Depuis la prodigieuse génération des Beckett, Kateb Yacine, Genet et, plus tard, des Césaire, Tremblay ou Sarraute? Rien? Si! L'arbre immense nommé Koltès ne doit pas nous cacher la forêt luxuriante des dramaturges qui ont fait résonner la langue française en cette deuxième moitié du siècle. En quelques décennies, ils ont tout à la fois nourri la crise des formes classiques et assuré un renouvellement total de ce genre littéraire. Répartis en trois volumes, deux cents extraits de textes édités sont sélectionnés et mis en perspective au sein de leur oeuvre d'origine, accompagnés d'une biographie de leur auteur. Ils sont présentés selon des critères formels ou thématiques, introduits par des spécialistes. Listes d'oeuvres, bibliographies et index figurent dans chacun des ouvrages. 3: Le bruit du monde. Ce troisième volume regroupe des oeuvres consacrées aux histoires collectives; les extraits retenus évoquent des mémoires de l'Histoire et de ses violences, des chroniques du domaine social ou politique et de ses blessures, des récits sur le monde du travail et ses effets au quotidien ou des témoignages de déracinements et de marginalités sociales.
Déchaînés, demi-fous de violence, d'écoeurement, de fatigue, de solitude absolue, quatre personnages vivent, dans une sorte de squat, un cauchemar sans retour. Contradictoires, ils se déchirent, sans rien attendre les uns des autres, essayant une dernière fois, comme pour passer le temps, les innombrables vertus du jeu de désamour. Ne seraient-ils pas autant de signes de cette fin de millénaire, désabusée, en perte d'utopies ? L'écriture aiguë et vive de Michel Azama dissèque la violence d'une société génératrice d'exclusion.
Dissonances se compose de vingt courts monologues autonomes et d'un dialogue qui expriment la parole personnelle de personnages distincts. Cette matière à jeu forme l'image éclatée d'un regard porté sur nous-mêmes. Ces micro-événements, ces peurs et ces angoisses, ces actes irrémédiables sont autant de paillettes éparpillées d'un précipité terriblement mais heureusement humain. Dans Des orchidées sur les terrils, des femmes et des filles de mineurs échangent leurs souvenirs heureux : le pain d'alouette, les bleus le jour de la lessive, qui se mêlent à ceux des accidents miniers, de la silicose et de leurs victimes. Ce partage des voix du labeur trouve un écho contemporain avec le bassin minier, aujourd'hui déserté par les ouvriers mais où la solidarité entre ceux d'en bas n'est pas un vain mot. Deux ennemis politiques, à l'autre bout de l'échiquier, se disputent un siège de député dans Je ne sais pas si j'aime encore mon pays. Mais leur sphère privée s'immisce dans leurs existences publiques et les bouleverse. Une fable burlesque, trash et politique détonante. Dans un théâtre à la parole foisonnante, Michel Azama offre une large palette dramaturgique : un matériau pour la scène qui interroge la marge et l'histoire comme des horizons communs d'un miroir intime.
De temps en temps, Monsieur Barbe-Bleue sort de son conte où se rejoue indéfiniment la scène bien connue du meurtre de sa belle qui a ouvert la porte qu'il ne fallait pas ouvrir, et part en voyage. Ses voyages le mènent dans le monde d'aujourd'hui. Il y rencontre des personnages qui ont un coup de bleu: deux jeunes filles qui, après avoir volé une paire de chaussures, vont se noyer de honte, une vieille dame désespérée de ne plus habiter au bord de l'eau et qui va s'y laisser glisser... Dans le conte, soeur Anne ne voit jamais rien venir et le frère de la belle arrive toujours trop tard. Le grand K, ordonnateur des événements, suit Barbe-Bleue, du conte au monde d'aujourd'hui et finit par le tuer. Bruno Castan poursuit avec Coup de bleu sa confrontation des contes avec la réalité.
Qui n'a jamais entendu le nom d'Antigone ? Celle qui se dresse contre l'injustice demeure plus que jamais une source d'inspiration et un modèle. Suzanne Lebeau s'est emparée de ce mythe pour le raconter à hauteur d'adolescente. Depuis la méprise fatale d'OEdipe, tuant son père et épousant sa mère, jusqu'à la révolte d'Antigone, refusant de laisser son frère sans tombeau et enfreignant l'interdit de son oncle Créon, elle redonne vie à cette histoire terrible et fascinante. Mêlant le récit du choeur aux voix de Créon et d'Antigone, la pièce dévoile toute la complexité des liens du sang et interroge : que doit-on suivre, la loi ou notre conscience ? Qu'est-ce que gagner veut dire ?
Salvador, le narrateur raconte sa vie d'enfant des montagnes depuis sa naissance qui n'annonçait rien de bon puisqu'il ressemblait à un rat, jusqu'à son départ à la ville pour y poursuivre ses études. Dans ses souvenirs d'enfance pauvre, il y a sa mère qui se levait toujours la première, lavait le linge des riches, ses sept frères et soeurs, l'apprentissage de l'écriture et la décision de sa mère pour qu'il devienne écrivain. Il y a ses premiers émois devant la beauté de la Senora dont sa mère lave le linge et ses premiers chagrins lorsque le père s'en va et ne revient pas, tué lors d'une manifestation de paysans. Lorsque son frère aîné meurt, il devient à sept ans l'homme de la famille et se fait écrivain public pour mettre quelques sous dans la boîte aux économies de sa mère puis il monte trop tôt dans le train qui l'emmène pour ses études en ville. Dans cette pièce le récit passe subtilement au dialogue pour dire, simplement, la peur de la montagne, la peur du froid et du dernier morceau de pain. C'est surtout un magnifique hommage à la mère et à la vie qui distribue les bonheurs et les malheurs.