Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Vers la pensée planétaire. Le devenir-pensée du monde et le devenir-monde de la pensée
Axelos Kostas
ENCRE MARINE
45,00 €
Épuisé
EAN :9782350881737
Vers la pensée planétaire" est le troisième volet d'un triptyque dont le premier était Héraclite et la philosophie et le second Marx penseur de la technique. Ce livre cherche, à la fois historiquement, systématiquement et pros- pe6tivement, à interroger le sens de la marche de l'histoire mondiale, à questionner les grandes dimensions de la pensée et de la réalité, à ouvrir la problématique d'une nouvelle voie. Selon le rythme qui va de l'aurore de l'antiquité grecque, à travers le christianisme et sa crise, à la modernité européenne qui conduit vers sa propre universalisation, sa mondialisation et son dépassement. Selon les lignes de force qui vont des puissances officielles — la religion, la poésie et l'art, la politique, la philosophie, les sciences et les institutions — vers les fondements d'où elles surgissent : la foi, la poéticité et la graphie, le travail et la lutte, le langage et la pensée, l'amour et le jeu. Le monde devient pensée et la pensée monde, dans le cercle énigmatique du temps. A travers la provocation que lance la technique à l'égard de tout ce qui est, notre planète — astre errant —, au-delà de la signification et de l'absurdité, de la vérité et de l'erreur, aura peut-être à penser et à expérimenter le monde comme jeu.
C'est dans l'entretien, paraît-il, que le travail de la pensée s'éclaircit et se précise" constatait Kostas Axelos dans sa préface d'un petit recueil d'entretiens méditatifs aux débuts des années soixante-dix. Les entretiens publiées ici correspondent à des moments divers et espacés de la vie du penseur et de son cheminement. Déjà publiés parus dans des recueils, des revues et des journaux, en français ou en grec, ces entretiens offrent au lecteur - même au moins avisé - la possibilité d'une rencontre plus aisée avec cette pensée planétaire de l'errance et du jeu du monde.
Un questionnement radical ne peut conduire qu'à des réponses énigmatiques. Celles-ci tentent d'élucider aussi bien l'énigme de la question que celle de la réponse - intimement liées -, en interrogeant également le destin de la philosophie. La catastrophe qui ne plane pas seulement mais nous concerne décisivement est à affronter avec amicalité et, en même temps, nous devons scruter la ruse incisive qui se joue de nous et déjoue nos plans. Sensibles aux failles partout présentes, nous avons comme tâche d'effectuer une percée. Pour énigmatiques qu'elles soient, ces pensées n'en constituent pas moins des réponses.
Le questionnement donne son élan à la pensée. En scrutant l'énigme de la technique planétaire qui domine l'époque en question - époque qui se tient en suspens -, en essayant d'élucider ce qui, plus fort que l'homme, l'anime, le traverse et le dépasse, une approche est tentée. La société des hommes ne constitue pas une référence suprême. Tandis que se déroule l'itinérant questionnement, nous nous rendons compte de la proximité et de l'éloignement de ce qui nous questionne. Ainsi s'ouvre un chemin.
Au début du XIXe siècle, l'Europe découvrit le bouddhisme, et bientôt les textes bouddhistes parurent mériter l'attention des philosophes, lesquels écrivirent et épiloguèrent sur le chemin bouddhique et son but ultime: le "nirvâna". Mais comme ils échouèrent à s'en faire une idée positive - car le "nirvâna" suppose l'expérience "sui generis" de la vie allégée de toute souffrance -, ils l'interprètent comme néant. Le bouddhisme était un nihilisme. Ainsi le voient Hegel, Cousin, Renan, Schopenhauer, Gobineau, et Nietzsche avec eux. Mais tandis que les uns (les chrétiens) s'offusquent d'une sagesse d'anéantissement, que d'autres, tel Schopenhauer, y voient avec faveur la confirmation de leur pessimisme, Nietzsche lui oppose une sagesse néo-païenne, dite "tragique". Si "tout est souffrance", comme le veut Bouddha, nier la souffrance, c'est nier la vie: la sagesse tragique implique la "volonté de souffrir", non, certes, que souffrir soit bon en soi, mais, parce que, sans la souffrance, rien de grand ne se fait.
L'auteur se propose de dire les contenus du bonheur, en tant que celui-ci est l'activité toujours possible et toujours pensable d'un sujet libre, et une réalité à la fois extrême et accessible. Il s'agit aussi d'établir les conditions d'accès à ce bonheur et de déployer en même temps les actes qui le constituent. Car le bonheur d'être est plus qu'un "état" de conscience ou une condition "sociale; il est l'unité synthétique de quelques formes actives de la joie. La méthode employée ici n'est pas séparable de la doctrine. La phénoménologie en première personne décrit ici le sujet comme libre désir et comme réflexion fondatrice; cette phénoménologie est existentielle parce qu'elle est opérée par l'existant pour l'existant, se saisissant comme sujet actif. Trois étapes, formant les trois axes de la joie, sont analysées: la joie de se fonder soi-même en une première puis en une seconde fondation, la joie d'amour dans un registre tout autre que banal et dont se font l'écho Segalen, Thérèse d'Avila, Saint-John Perse ou Rilke, et enfin les formes poétiques et les formes actives de la jouissance du monde. L'ensemble de ce mouvement se déploie comme un Voyage qui est à la fois progression conceptuelle réflexive et itinéraire d'existence, expérience d'être. L'enjeu en est non seulement la signification du désir, mais encore le présent et l'avenir de la philosophie. Par l'analyse de la joie qui anime toute l'existence concrète, s'éclairent à la fois la juste révolte contre l'horreur et la validité de la jouissance et de l'espoir. Se dessine en même temps une philosophie du sujet en première personne, qui est aussi une philosophie de la liberté heureuse. S'exprime enfin la portée éthique et substantielle du cheminement d'une oeuvre conçu comme l'affirmation de l'être et du sens."
Le premier livre d'André Leroi-Gourhan, publié en 1936, méritait bien une seconde édition. La Civilisation du renne, dédiée à Marcel Mauss, est certes un livre de jeunesse, comme le pointe Lucien Febvre, mais c'est aussi un livre-promesse, un livre-jalon, car l'ambition extrême de l'auteur, alors âgé de 25 ans, le pousse à multiplier les incursions dans un nombre considérable de disciplines (géographie, ethnologie, technologie, préhistoire, orientalisme) qu'il entend coordonner afin d'étudier, en dépit de l'éloignement temporel et du déplacement des milieux climatiques, trois époques d'une même culture du renne en milieu arctique (toundra-taïga) : dans l'Europe du Pléistocène, chez les Eskimos actuels, chez les peuples qui ont domestiqué l'animal. Le livre est impressionnant par "une masse de faits et d'idées à méditer, et de perspectives singulièrement larges sur le plus lointain passé de l'humanité" (Febvre encore). II annonce tant les maîtres-livres de l'auteur sur la technologie, que son livre illustré sur la Préhistoire de l'art occidental (1965) ou encore son chef d'oeuvre qui sut toucher un large public cultivé au-delà des spécialistes, Le Geste et la parole, dans lequel l'auteur interroge l'avenir de l'homme en prenant appui sur son passé à l'échelle paléontologique.
Le terme "technoscience", abondant dans les discours militants et journalistiques, absent des discours internes aux pratiques scientifiques, parfois utilisé par des philosophes ou des sociologues, est récent. Le substantif apparaît au milieu des années soixante-dix. Il est souvent chargé d'affects et d'une axiologie implicite: il constitue souvent une arme de lutte (nommer les phénomènes techniques et/ou scientifiques de ce nom c'est déjà, dans bien des contextes, les "dénoncer" ), mais est-il aussi le lieu d'une élaboration conceptuelle précise et consistante pour accueillir ce qui nous arrive et qu'on désigne ainsi? Et ce qui nous arrive sous ce nom est-ce, localement, une reconfiguration de la représentation des rapports entre sciences et techniques, ou bien aussi, plus largement, une manière nouvelle d'expérimenter quelques énigmes fondamentales (comme celle de l'Invention, ou bien encore celle de la Puissance)? On veut manifester dans ce livre l'ambiguïté fondamentale d'une "figure" aux facettes multiples - la technoscience -, qui traverse les registres de l'épistémologique, de l'économique et du politique,, pour assumer des inflexions proprement métaphysiques et même eschatologiques.