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Le destin de la Grèce moderne
Axelos Kostas
ENCRE MARINE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782350880617
Nombre de débats et discussions acharnés n'ont cessé et ne cessent de se succéder sur l'ainsi dénommée "crise grecque", alors même que se profile, à mesure qu'on en prend conscience, une crise européenne de plus large ampleur. On avance ainsi des chiffres, élabore force plans de sauvetage, négocie des taux d'intérêts bancaires au nom de "marchés" anonymes et tout-puissants, sans bien comprendre ce que cette crise recèle. Pourtant, des voix s'élèvent, de plus en plus audibles, qui s'efforcent d'identifier et de diagnostiquer les causes profondes de ce qui se révèle progressivement comme une crise plus vaste, qui touche non seulement à l'identité grecque, mais à un véritable malaise de notre culture, qui outrepasse le seul "cas" grec. En juillet 1954, alors qu'il venait d'avoir trente ans, exilé en France et dans l'impossibilité de retourner en Grèce, Kostas Axelos publie ce texte prémonitoire et d'une lucidité accablante, s'efforçant de scruter les origines profondes du mal-être grec. A peine sorti de la Résistance et d'une sanglante guerre civile, le jeune Axelos s'attaque ici au Destin de la Grèce moderne, en y posant des questions cruciales. Assurément, il n'y a pas à en douter : le destin de l'Hellade est bien "moderne". Plus encore, "elle ne peut être sans destin au sein du monde moderne dominé par les grandes puissances". L'interrogation fondamentale concernant la Grèce demeure ici d'une étonnante actualité : "Comment établira-t-elle l'harmonie entre sa puissance et son impuissance ? Et pour s'approprier son être ne vendra-t-elle pas son âme au diable ? S'assurera-t-elle sa place dans le monde sans abandonner sa nature et saura-t-elle maintenir l'équilibre entre la physis et la technè ?".
Le questionnement donne son élan à la pensée. En scrutant l'énigme de la technique planétaire qui domine l'époque en question - époque qui se tient en suspens -, en essayant d'élucider ce qui, plus fort que l'homme, l'anime, le traverse et le dépasse, une approche est tentée. La société des hommes ne constitue pas une référence suprême. Tandis que se déroule l'itinérant questionnement, nous nous rendons compte de la proximité et de l'éloignement de ce qui nous questionne. Ainsi s'ouvre un chemin.
C'est dans l'entretien, paraît-il, que le travail de la pensée s'éclaircit et se précise" constatait Kostas Axelos dans sa préface d'un petit recueil d'entretiens méditatifs aux débuts des années soixante-dix. Les entretiens publiées ici correspondent à des moments divers et espacés de la vie du penseur et de son cheminement. Déjà publiés parus dans des recueils, des revues et des journaux, en français ou en grec, ces entretiens offrent au lecteur - même au moins avisé - la possibilité d'une rencontre plus aisée avec cette pensée planétaire de l'errance et du jeu du monde.
Pour comprendre la dialectique - platonicienne, théologique et chrétienne, hégélienne et marxiste - il faut remonter à Héraclite, chez qui nous rencontrons une pensée originelle, avant la constitution systématique de la philosophie et de la métaphysique, avant le fractionnement des disciplines (en logique, théologie, métaphysique, physique, biologie, anthropologie, éthique, politique et esthétique). On s'efforce de présenter ici la pensée d'Héraclite dans son ensemble cohérent, dans sa totalité fragmentée et fragmentaire. Car cette pensée, qui reconnaît la vérité de l'errance et la puissance de la bêtise, contient déjà les pensées qui se développèrent ensuite dans les perspectives autonomisées ; elle éclaire toute la problématique de la fondation et du dépassement de la philosophie. Il s'agissait donc de grouper autour des grands foyers - du logos, du cosmos, du divin, de l'homme, de la cité - les fragments qui s'y rapportent le plus explicitement, tous les fragments émanant d'un même centre et convergeant vers lui : l'être en devenir de la totalité une, le Jeu suprême.
Au début du XIXe siècle, l'Europe découvrit le bouddhisme, et bientôt les textes bouddhistes parurent mériter l'attention des philosophes, lesquels écrivirent et épiloguèrent sur le chemin bouddhique et son but ultime: le "nirvâna". Mais comme ils échouèrent à s'en faire une idée positive - car le "nirvâna" suppose l'expérience "sui generis" de la vie allégée de toute souffrance -, ils l'interprètent comme néant. Le bouddhisme était un nihilisme. Ainsi le voient Hegel, Cousin, Renan, Schopenhauer, Gobineau, et Nietzsche avec eux. Mais tandis que les uns (les chrétiens) s'offusquent d'une sagesse d'anéantissement, que d'autres, tel Schopenhauer, y voient avec faveur la confirmation de leur pessimisme, Nietzsche lui oppose une sagesse néo-païenne, dite "tragique". Si "tout est souffrance", comme le veut Bouddha, nier la souffrance, c'est nier la vie: la sagesse tragique implique la "volonté de souffrir", non, certes, que souffrir soit bon en soi, mais, parce que, sans la souffrance, rien de grand ne se fait.
Le terme "technoscience", abondant dans les discours militants et journalistiques, absent des discours internes aux pratiques scientifiques, parfois utilisé par des philosophes ou des sociologues, est récent. Le substantif apparaît au milieu des années soixante-dix. Il est souvent chargé d'affects et d'une axiologie implicite: il constitue souvent une arme de lutte (nommer les phénomènes techniques et/ou scientifiques de ce nom c'est déjà, dans bien des contextes, les "dénoncer" ), mais est-il aussi le lieu d'une élaboration conceptuelle précise et consistante pour accueillir ce qui nous arrive et qu'on désigne ainsi? Et ce qui nous arrive sous ce nom est-ce, localement, une reconfiguration de la représentation des rapports entre sciences et techniques, ou bien aussi, plus largement, une manière nouvelle d'expérimenter quelques énigmes fondamentales (comme celle de l'Invention, ou bien encore celle de la Puissance)? On veut manifester dans ce livre l'ambiguïté fondamentale d'une "figure" aux facettes multiples - la technoscience -, qui traverse les registres de l'épistémologique, de l'économique et du politique,, pour assumer des inflexions proprement métaphysiques et même eschatologiques.
Angelus Silesius est le nom de poète que s'est donné à bon escient Johannes Scheffler, docteur en philosophie et en médecine, médecin à la cour impériale de Ferdinand III, prêtre ordonné en 1661, écrivain religieux, qui naquit en Silésie, à Breslau, en 1624, où il mourut en 1677. Le voyageur chérubinique - Der Cherubinischer Wandersmann - dont le seconde édition parue en 1675 (la première datant de 1657) contient 1676 distiques et brefs poèmes, est l'un des plus beaux livres de la poésie mystique européenne.
Quand point l'année nouvelle, chacun se soumet au cérémonial des voeux, interminables et impersonnels (la sacro-sainte triade santé-bonheur-réussite !), auquel se greffe la tragi-comédie des grandes résolutions dans une cascade déprimante de ne plus dont rien ou presque ne subsiste quelques jours après. S'y ajoutent les rituels et les folklores qui, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures humaines, leur font écho. Chacun s'y prête à chaque fois (cette répétition donne le vertige) avec un enthousiasme qui décroît en général au fil des ans. Et si, à l'heure d'entrebâiller la porte de Janvier, qui restera close un an encore, il devenait urgent et même vital de lever les yeux du compte à rebours universel pour passer du trompe-l'oeil de la carte de voeux et de la vraie-fausse résolution au rendez-vous enfin pris avec soi-même ? Et si dire oui, faire oui à la manière nietzschéenne, c'était simple comme le Nouvel An ? Telle est l'invitation philosophique que ce livre, écrit dans une langue volontairement accessible au plus grand nombre sans rien céder sur le fond de la pensée, adresse à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent ne pas laisser filer indéfiniment, année après année, l'occasion de devenir ce qu'ils sont.