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Créer, ensemble. Points de vue sur les communautés artistiques (fin du XIXe-XXe siècles)
Autant-Mathieu Marie-Christine
ENTRETEMPS ED
29,00 €
Épuisé
EAN :9782355391521
Extrait Marie-Christine Autant-Mathieu OEUVRES COMMUNES «[...] je sais que, pour moi, faire du théâtre en dehors d'un ensemble qui partage une recherche en commun, c'est absolument inconcevable.» Ariane Mnouchkine Réfléchir sur les communautés artistiques, c'est s'inscrire à contre-courant des aspirations individualistes qui sont caractéristiques de l'entrée dans le XXIe siècle, c'est revendiquer le partage des activités, l'échange d'expériences, voire le don de soi à l'oeuvre commune. Ensemble, les participants à cette recherche ont essayé de comprendre dans quel lointain passé s'ancre le besoin de communauté artistique, comment, d'un pays, d'une époque à l'autre, se définit la communauté, pourquoi cette nostalgie du groupe, de la famille, se cristallise contre l'institution, et de quelle manière - dans quelles limites - ces groupes humains fragiles peuvent résister aux solides machines traditionnelles et/ou technologiques. Sociologues et anthropologues, psychologues du comportement et psychiatres s'entendent pour séparer la communauté de la société : elle est le lieu de la mise en commun d'une charge, d'un devoir dans un but d'échange, où l'on acquiert le sens de l'amitié, de la générosité, de la solidarité, en dehors de règles sociales. Elle suppose l'adhésion à un corps commun de symboles permettant de partager d'autres sens et s'oppose à la modernité par son caractère anhistorique. La communauté est anachronique et nostalgique. Les membres, aux rôles souvent différenciés (d'où l'émergence d'un guide, d'un chef, voire d'un gourou), poursuivent les buts assumés et valorisés comme buts du groupe. En dehors de leurs actions communes, ils sont soudés par des valeurs morales, des normes, des croyances, des rites, un langage. Face aux différentes dimensions caractéristiques du processus de rationalisation de l'activité théâtrale, elle «apparaît comme une tentative d'affirmation d'autres valeurs et conduites.» Organicité Les communautés artistiques - celles que nous avons étudiées dans ce recueil, en aucun cas exhaustif - sont en quête de liens naturels, consentis, par opposition aux conventions imposées. Elles se rapprochent de la famille comme structure archétypale et forme de vie en groupe. Le groupe est vécu comme naturel, permanent, antérieur et supérieur à l'individu qui y vit. Chacun y ressent un profond enracinement. La vie et la création en groupe permettent de mener un travail en profondeur sur soi-même et sur la mémoire de ses origines à la fois individuelles, nationales, transculturelles. Mais la communauté est mieux qu'une famille car ses membres se sont choisis. «Attachés» les uns aux autres par des contacts stimulants, ils éprouvent cette euphorie de la mêlée dont parle Jean-Louis Barrault lorsqu'ils créent ensemble, sous le «regard aimant» de leur guide, ou «leader effectif». Désireux de se regrouper à l'écart du reste de la société, les membres des communautés se constituent un lieu de vie consacré à l'art, ils bâtissent leur maison. L'édification peut être confiée à des spécialistes qui partagent les visions du groupe (Walter Gropius pour le Bauhaus ; Adolphe Appia à Hellerau), ou réalisée dans une région choisie pour ses vertus magiques (Monte Verità). Il peut y avoir détournement et réaménagements d'un hangar (le Radeau), d'une cartoucherie (Théâtre du Soleil), d'un domaine en ruines (Gardzienice), d'appartements privés (les studios de théâtre et de danse en Russie). Mais une communauté peut se constituer tout aussi bien dans un théâtre traditionnel (Lev Dodine), ou pratiquer le nomadisme (Living Théâtre, Groupe T'Chan'G) car ce qui compte, c'est le mode de vie, la façon d'occuper les lieux et d'aller à la rencontre des autres, d'enrichir les ressources endogènes grâce à des contacts exogènes. (...)
L'humanité vit une mutation se traduisant par de magnifiques innovations technologiques mais provoquant déséquilibres et crises dont souffrent des milliards d'êtres humains. D'un peu partout des voix s'élèvent et des mouvements se créent pour réclamer un monde plus humain et travailler à sa réalisation. Un nouveau modèle de vie en société se cherche. Ce livre propose une analyse des relations humaines et des changements profonds à mettre en oeuvre pour les rendre plus conviviales
Ce recueil propose un panorama de trente ans de littérature dramatique russe. Vaste ambition qui vise à donner une image moins floue de la dramaturgie contemporaine découverte souvent au coup par coup, au gré des engouements d'un metteur en scène ou d'un traducteur. On trouvera ici un échantillonnage de ces écritures dramatiques, des principales tendances stylistiques et thématiques qui se manifestent depuis la fin des années soixante. Par la diversité des oeuvres présentées (monologue, pièces en un acte ou en quatre-vingt-treize épisodes, tragédie en cinq parties), par la variété des registres et des genres, cette anthologie s'adresse à un très large public.
Centrées sur la période 1920-1960, et réalisées pour la plupart à partir de documents d?archives, les études de spécialistes de littérature, art du spectacle, cinéma, architecture, arts plastiques, musicologie, sociologie des arts, histoire culturelle, soulignent le rôle joué par la littérature et les arts soviétique dans la définition du rapport à l?étranger. Une première série de travaux porte sur les conditions et les restrictions de la transmission de l?héritage littéraire russe pré-révolutionnaire et occidental. Un second ensemble propose des exemples de représentation de l?étranger pour l?éducation des publics en l?URSS et montre aussi l?importance accordée à l?image que doit donner l?art soviétique à l?étranger. Un troisième axe analyse différents cas d?adaptation, d?assimilation des artistes aux exigences de la politique culturelle et examine leurs stratégies pour emprunter à l?étranger, tout en préservant une identité soviétique. Enfin, les voyages, les échanges, l?émigration définitive ou ponctuelle apparaissent comme des sources d?enrichissement esthétique, mais se trouvent aussi instrumentalisés par les autorités politiques à des fins de propagande. L?ouvrage souligne la complexité, les paradoxes du rapport à l?étranger dans la littérature et les arts soviétiques qui contribuèrent grandement à l?entreprise gigantesque de modelage des individus et des mentalités sociales.
Musique et technique aborde le champ de la facture instrumentale dans ses différentes composantes professionnelles, technologiques, musicologiques et économiques. Cette revue francophone offre une tribune d'expression aux acteurs rassemblés autour de l'instrument de musique, du fabricant au distributeur, du musicien au technicien du son, du scientifique au gestionnaire culturel. Rendez-vous annuel autour d'un dossier thématique, musique et technique propose des articles de fond afin d'aborder l'environnement de l'instrument : conception, fabrication, pratique, histoire, contexte et enjeux économiques... Musique et technique est la revue professionnelle du Pôle d'innovation des métiers de la musique. Le Pôle national d'innovation des métiers de la musique est un service d'appui, d'information et de conseil. Il s'adresse aux entreprises de la facture instrumentale : fabrication, réparation, restauration, accord des instruments de musique. Mission spécifique de l'Institut technologique européen des métiers de la musique (Itemm), son action s'inscrit au coeur des enjeux musicaux, environnementaux et économiques : raréfaction des bois et matériaux précieux, recherches de formes et de sonorités nouvelles, conception assistée par ordinateur, prototypages, ouverture des marchés à l'international, développement des services de conseil aux musiciens, analyse et caractérisation des instruments (piano, instruments à vent, guitare, quatuor, orgue, instruments anciens et traditionnels...). Le pôle d'innovation est membre du réseau national des pôles d'innovation coordonné par l'Institut supérieur des métiers. Il bénéficie du soutien du ministère en charge de l'Artisanat (DGCIS) et de la Région des Pays de la Loire.
FIGURES DE FEMMES / FIGURES SOCIALESL'histoire du théâtre se construit essentiellement autour de figures remarquables et rebelles qui ont marqué leur époque et dont la trace perdure avec le temps.Ce sont des auteurs, acteurs/actrices, metteur(e)s en scène ou théoriciens - existe-t-il des théoriciennes? - qui ont choisi la scène comme endroit d'expression pour exercer leur art. En France comme en Grande-Bretagne, le rôle des femmes dans la construction d'un parcours artistique original est relativement récent et s'inscrit dans l'histoire de l'émancipation féminine et sociale. Il s'agit d'une lutte de reconnaissance qui s'égrène tout au long des siècles et dont l'aboutissement n'est pas encore écrit. Le monde occidental pense s'enorgueillir d'une libération exemplaire, cependant les étapes demeurent provisoires, incertaines et les acquis constamment précaires. Si l'on perçoit le milieu artistique comme un endroit emblématique de la lecture d'une époque, les femmes n'y occupent qu'une place individuelle, souvent héroïque, mais inscrivent rarement leur présence dans des mouvements ou des dynamiques spécifiques. Si l'on considère le théâtre dans un raccourci panoramique quelque peu simpliste et subjectif mais révélateur, on peut brosser quelques rares parcours que l'histoire accepte de garder en mémoire.En France, il est notable que les comédiennes n'imposent leur présence sur scène qu'à dater de 1577, grâce à Catherine de Médicis et aux Italiens qui admettent les femmes dans leurs représentations de commedia dell'arte.
Les années soixante-dix ont constitué un tournant dans l'histoire du théâtre vivant. Or, durant cette décennie, une revue, Travail théâtral accompagne cette histoire et en consigne les principaux éléments. Ce livre s'attache à décrire la spécificité de la revue et à montrer qu'elle est le réceptacle et, dans une certaine mesure, le moteur d'un processus de bouleversement culturel. Porteuse, à son origine, de " l'esprit de Mai ", elle adhère à la tradition marxiste anti-stalinienne et se fait la représentante d'un brechtisme non-orthodoxe. Elle se place du côté du " jeune théâtre" et défend sa revendication de donner au théâtre un contenu politique et d'y intéresser le " non-public ". Elle fait entendre des voix singulières : celles d'artistes, d'auteurs et d'intellectuels de son temps. Elle reconnaît et fait connaître les avant-gardes. En donnant à certaines de ces expériences (comme celles menées par le Théâtre du Soleil ou par Augusto Boal) une valeur exemplaire, Travail théâtral ne fait pas simplement écho à ces bouleversements, mais entend y participer et jouer à sa manière un rôle moteur dans la constitution d'un théâtre de l'avenir.
Imaginons un paysage de prothèses, imaginez. De la terre et des pierres, un arbre effondré, des trous. Le drame n'a plus lieu sur la scène, il est dans le décor-paysage : verre, métal, plastique. Comment dire mieux que l'espace se meurt. On entend une radio... " Un homme arrive sur une colline par une nuit d'orage. Il parle à un mannequin qui ressemble à une jeune fille, il parle à un roi mort, à un chien, à un duo comique, à un arbre, à des pierres. Il parle avec les objets, les animaux, les morts. Dans la terre, il trouve un séquenceur. C'est un dispositif numérique, une mémoire exacte qui permet d'enregistrer et d'ordonner les éléments dans une séquence. L'homme joue avec le séquenceur. Il s'abandonne dans le concert de sa voix enregistrée. L'enregistrement a pris la place de la vie. L'échantillonnage met la répétition au coeur du texte, entraînant une perte de sens et en même temps la reconstitution de quelque chose qui se souvient du sens dans les trous de la langue. La machine ne porte plus seulement la mémoire, elle la tord et l'explose. Le théâtre est envahi par ce qui refuse le théâtre : animaux, objets, machines.