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Europe. Crise et critique
Auffray-Seguette Marie ; Ferry Jean-Marc ; Leclerc
SUP
18,00 €
Épuisé
EAN :9782840509721
L'Europe était dans l'aeil du cyclone, et les économistes faisaient à la fois l'objet de toutes les suspicions et de toutes les espérances. Mais pour autant qu'elle empruntât des formes économiques et financières et connût de lourdes retombées sociales, il était devenu évident que cette crise était aussi une crise politique, une crise institutionnelle, une crise de sens et de légitimité. Le projet européen semblait privé de te/os. La solidarité manquait à l'appel. L'identité commune ne parvenait pas à se construire. La citoyenneté se nichait dans les interstices de l'administration locale. La démocratie était exsangue. Les technocrates prenaient ? seuls ? les paris les plus périlleux. C'est une chaire de philosophie, une chaire unique en Europe : La chaire de Philosophie de l'Europe de l'université de Nantes, qui a réuni en deux temps, sur trois journées, des économistes, des politistes, des juristes, des philosophes et des parlementaires afin de réfléchir conjointement à la plurivocité de la crise européenne et tâcher de bâtir ensemble des propositions de sortie de crise lesquelles, en aucun cas, ne prétendent se tenir au bout du chemin ni délivrer assez de vérité pour clore le débat sur les causes ou sur les devenirs possibles. Car au contraire, outre la vertu du croisement des modes de lecture, outre l'affirmation de connexions et de distinctions auxquelles on était peu accoutumé (entre citoyenneté et nationalité, entre peuple et nation, entre souveraineté et autorité...), ce que ces échanges ont donné à entendre, c'est la fécondité de la crise du point de vue de la pensée critique, c'est l'étroite relation qui noue, en son principe, la crise à la critique. Voici qui nous interdit de concevoir l'issue autrement que comme un "acheminement contingent vers l'idéal", quand bien même il pourrait au fond surtout s'agir de renouer avec les fondements de l'humanisme européen exprimés en un désir de monde (cosmos) et d'égalité (polis).
Icare trahi est la biographie romancée, un conte autour de la figure d?Évariste Galois (1811-1832),génie exceptionnel, conscient de l?importance de ses découvertes fondamentales dans le domainedes mathématiques, qui connut un destin tragique, tel Icare. Trop en avance pour être comprispar ses contemporains les plus illustres, les portes se fermèrent toujours devant lui au moment oùil était sur le point de rencontrer enfin celui qui aurait pu comprendre son travail, percevoir sonintuition exceptionnelle relative à cette matière encore peu connue et étudiée au début du XIXesiècle, à tel point qu?elle l?effrayait lui-même: l?algèbre. Il fut cynique (à vingt ans!), révolté,républicain, anticlérical, jusqu?à connaître une mort absurde. Il est l?incarnation du personnagemaudit, comme si le sort s?était acharné à lui démontrer qu?il n?était pas fait pour vivre à sonépoque. Non reconnu de son vivant, ses découvertes furent publiées pour la première fois en 1846, àl?initiative de son frère Alfred, et d?Auguste Chevalier. En effet, il est universellement connu pour sa « théorie de Galois » qui met en avant la résolubilité des équations algébriques à partir desgroupes de permutations de leurs racines. Il a aussi contribué à l?élaboration des « corps de Galois ». Son activité politique contribue beaucoup à son image de héros romantique. Partisan de la « Révolution de Juillet », désespéré de n?avoir pas pu participer aux « Trois glorieuses », enfermé qu?il était dans son école (l?École normale d?où il se fait renvoyer), il devient membre de l?association des Amis du Peuple et accumule les provocations à l?égard du régime de Louis-Philippe, le roi « à la tête de poire », ce qui lui vaut d?être par deux fois emprisonné à « Pélago »(Sainte-Pélagie). C?est là qu?il se lie d?amitié avec les futurs grands noms de la politique et de lalittérature, tels François-Vincent Raspail ou Gérard de Nerval. Transféré dans une maison de santépour le préserver de l?épidémie de Choléra qui sévit en 1832, il s?y éprend d?une jeune fille? Il seretrouve alors provoqué en duel par ses deux frères sous le prétexte qu?il aurait bafoué son honneur? Ce sont plutôt ses convictions politiques qui seraient à l?origine de cette provocation, sesennemis ayant fomenté un assassinat déguisé en duel. La veille de ce jour, conscient de sa mortcertaine, il rédige dans la fébrilité et l?urgence, ce qu?il appelait son « secret », le théorème quirévolutionnera l?Algèbre et l?Analyse, sur lequel les mathématiciens continuent à se pencher, et queles sciences les plus diverses (l?astrophysique, notamment) utilisent dans leurs recherches.2011 célèbrera le bicentenaire de la naissance à Bourg-la-Reine d?Évariste Galois. Du 24 au28 octobre 2011, se tiendra un colloque international organisé par l?Institut Henri-Poincaré et laSociété mathématique de France. Plusieurs manifestations sont prévues partout en France. Élèvede Louis-le-Grand puis de L?École normale, refusé pour des mauvaises raisons au concours dePolytechnique, toutes ces écoles participeront de ces manifestations.
Résumé : En plein désert de Nazca au Pérou, des zèbres se mettent à tomber du ciel. Le mouvement de panique qui s'ensuit laisse place à une question : doit-on vraiment s'en étonner ? Doit-on vraiment s'étonner qu'un château apparaisse dans les nuages pour venir se poser en pleine mer, ou qu'un homme puisse être convaincu de son immortalité ? Est-il raisonnable de penser que nous sommes parfois visités par des phénomènes qui semblent venir d'un autre monde ? La peur s'invite toujours en premier face à l'inexplicable. Mais une fois que la réalité s'est travestie sous nos yeux, une fois l'épouvante passée face au paranormal, il nous faut alors tirer les conclusions de ces messages envoyés d'ailleurs.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.
Ahmad Zaki fut entre 1892 et 1934 l'une des figures les plus dynamiques de la vie culturelle égyptienne : polyglotte, traducteur, bibliophile, philologue, homme d'érudition, mais épris de modernité et de voyages. A l'aise tant dans la culture arabe que française, il stupéfiait déjà ses contemporains par l'ampleur de ses connaissances et sa liberté d'esprit. Le tour d'Europe qu'il effectua à partir de 1892 et dont on présente ici la traduction intégrale a tout pour nous étonner encore aujourd'hui par éclectisme dont il témoigne. Rédigeant ses feuillets à la diable, d'où un style singulièrement alerte, l'auteur nous fait partager le regard qu'il porte à la fois en humaniste, en ethnographe amateur et en touriste bon vivant, sur l'Italie, la France, l'Angleterre, le pays de Galles, la péninsule Ibérique, auréolée pour lui du souvenir d'Al-Andalus et de ses splendeurs. Chemin faisant, ce qui se construit, dans ce récit au ton personnel, mi-parti d'humour et de souci patriotique, c'est aussi un discours occidentaliste, véhiculant savoir et représentations moins de "l'Autre", que des autres, mais sans aucune lourdeur dogmatique.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.