La Grande Guerre a laissé une blessure au flanc des paysages de France. De la mer du Nord aux Vosges, le canon a labouré la terre, fauché bosquets et forêts, rasé villes, villages et édifices. Dans les plaines de la Somme et sur les plateaux de Champagne, dans les forêts de l'Argonne et sûr les flancs du Vieil-Armand, et en cent autres lieux, des millions d'hommes ont creusé des tranchées, tiré des barbelés, bétonné abris et casemates, décoré et inscrit carrières et souterrains, donné à leurs camarades tombés d'émouvantes sépultures. Ils ont laissé derrière eux -sorte d'immense dépotoir - armes, munitions, objets par millions. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Le photographe Jean Richardot parcourt depuis plusieurs années les champs de bataille de 14-18. Il en a tiré ce reportage, à la fois témoignage sur les traces actuelles du conflit et hommage aux hommes qui l'ont vécu. Deux historiens de la Première Guerre mondiale, le Français Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, et l'Allemand Gord Krumeich, professeur à l'université de Düsseldorf, conjuguent leurs connaissances et leurs regards pour commenter ces images. Ils décryptent l'empreinte des combats sur le paysage et font revivre la terreur et le courage des combattants. A travers ce livre unique, la Grande Guerre apparaît plus que jamais présente. Quatre-vingt-dix ans après, elle est là, dans nos mémoires et sous nos yeux.
Résumé : Mais que s'est-il passé ? Après trois décennies d'un parcours de recherche entièrement consacré, dès l'origine, à la violence de guerre, un "objet" imprévu a coupé ma route. On aura compris qu'il s'agit du génocide perpétré contre les Tutsi rwandais entre avril et juillet 1994, au cours duquel huit cent mille victimes au moins ont été tuées, en trois mois. Ce qui se joue ou peut se jouer chez un chercheur, dans l'instant tout d'abord, dans l'après-coup ensuite, constitue l'axe du livre qui va suivre. Car l'objet qui a croisé ma route ne s'est pas contenté de m'arrêter pour un moment : il a subverti, rétroactivement en quelque sorte, toute la gamme de mes intérêts antérieurs. Stéphane Audoin-Rouzeau est directeur d'études à l'EHESS et président du Centre international de recherche de l'Historial de la Grande Guerre (Péronne-Somme). Il est notamment l'auteur au Seuil de Quelle histoire. Un récit de filiation (1914-2014) (2013 et "Points Histoire", 2015, avec l'ajout d'un texte inédit "Du côté des femmes") et de Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (xixe-xxie siècle) (2008).
La lettre d'un homme décrivant à sa femme ce qu'il reste de leur maison après qu'elle fut rasée par l'artillerie allemande ; la canne sculptée par le Poilu Claude Burloux dans la boue d'une tranchée ; le combat de la veuve Maupas pour la réhabilitation de son mari ou encore la présence de la délégation des gueules cassées à Versailles en 1919 sont autant de "petits sujets sur la violence du fait guerrier". Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur d'études à l'EHESS et président du Centre International de recherche de l'Historial de la Grande Guerre, aime cette micro-histoire, le temps court (le plus court possible parfois), l'incident (souvent minuscule), l'objet isolé ou l'image unique, et finalement l'acteur social dans sa singularité irréductible. "L'activité guerrière constitue un sujet d'une telle ampleur, d'une telle richesse, d'une telle capacité de transformation que mieux vaut peut-être renoncer à la saisir tout entière pour ne s'attacher, après tout, qu'à quelques-unes de ses anfractuosités. C'est le pari de ce livre, soucieux de rester au plus près des contemporains de la guerre, de leurs pratiques, de leur corps, des objets qu'ils ont fabriqués et tenus dans leurs mains. Au plus près possible, en tout cas."
Stéphane Audoin-Rouzeau est directeur d?études à l?EHESS et président du Centre international de recherche de l?Historial de la Grande Guerre (Péronne-Somme). Il est notamment l?auteur de 14-18. Retrouver la guerre, Gallimard, 2000 (avec Annette Becker), de L?Encyclopédie de la Grande Guerre, 1914-1918, Perrin, 2012 (avec Jean-Jacques Becker) et de Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (XIXe-XXIe siècle), Seuil, 2008.
Marathon, Hastings, Azincourt, Lépante, Austerlitz, Sedan, Verdun, le débarquement de Normandie, Dien Bien Phu... des guerres antiques à la deuxième guerre Iraq, ce livre, illustré par quelque 300 documents et cartes retrace toutes les grandes batailles de l'Histoire.
Bref, je plaidais pour la vie contre la mort et je conseillais au général de lire un des plus beaux livres de guerre qui soient, Le Dernier ennemi, de Richard Hillary, qui raconte comment la bataille d'Angleterre fut gagnée par les pilotes de Spitfire de la Royal Air Force, jeunes hommes de vingt ans, frais émoulus d'Oxford, de Cambridge, après Shrewsbury College ou Eton, entrés à jamais dans l'histoire des héros sous le nom de"garçons aux cheveux longs". [...] Extrait du Lièvre de Patagonie de Claude LANZMANN (Gallimard, 2009)."
Société de pensée, ordre initiatique, association philosophique, communauté fraternelle ou simple réseau politique, la franc-maçonnerie demeure, pour beaucoup, environnée d'ombres, de secrets et de fantasmes. Née au début du XVIIIe siècle, d'une fondation britannique dont elle s'est affranchie très vite, la maçonnerie a su développer, en France, une identité originale et multiple. "Religion avortée" selon la formule du mathématicien Lagrange, attachée à des rites et des symboles plongeant dans un ésotérisme parfois déroutant, elle a aussi, et dans un même mouvement, fait place à l'esprit des Lumières en pratiquant les vertus du discours et de la raison critique. C'est pourquoi certains ont voulu y voir l'une des sources intellectuelles de la Révolution française. Au XIXe siècle, elle s'est résolument impliquée dans la vie sociale du pays, ce qui l'a conduite à exprimer des conceptions civiques et parfois politiques pour devenir, entre 1870 et 1940, une véritable "Eglise de la République". Au détour de la Seconde Guerre mondiale, après la terrible persécution subie sous l'Occupation, la franc-maçonnerie française, perdant peu à peu de son influence sur les lieux de pouvoir, s'est enfin définie jusqu'à nos jours comme une puissance morale, défendant la laïcité, la tolérance, la dignité humaine, la liberté de l'esprit. Première étude d'ensemble publiée sur ce sujet depuis une quarantaine d'années, ce livre va à la rencontre de ses pionniers, de ses héros comme de ses adeptes obscurs, en découvrant ses hauts faits comme ses petites misères, ses fulgurances comme ses moments les plus faibles, ses rêves inachevés comme ses accomplissements. C'est en effet de cette mosaïque inimaginable qu'est composée son histoire presque trois fois séculaire.
D'un essai enlevé sur les caricatures à un autre, magnifique, sur le plaisir de peindre, en passant par une analyse du gouvernement parlementaire et des problèmes économiques, Winston Churchill partage avec son lecteur les sujets divers et parfois inattendus qui l'occupaient dans l'entre-deux-guerres. On avait découvert un écolier turbulent, un soldat courageux et un écrivain prometteur dans Mes jeunes années. On retrouve ici un homme tout aussi aventureux, dont l'expérience s'est considérablement enrichie, la vision du monde et de la société sensiblement affinée et dont la vivacité de style reste un grand plaisir littéraire. A travers cette collection de pensées, de souvenirs, de réflexions et même de prédictions se dégage une philosophie profonde et originale.
Lorsque Philippe le Bel fit arrêter les Templiers en 1307, l?Histoire tournait une page: les tempsmodernes, illustrant le triomphe du temporel sur le spirituel, commençaient. L?ordre militaire leplus prestigieux de la chrétienté, qui avait défendu le royaume de Jérusalem pendant près de deuxsiècles au prix de très lourds sacrifices, était sur le point d?être définitivement abattu par le roi deFrance. Leur arrestation massive, minutieusement préparée, fut une gigantesque opération policière: elle stupéfia l?opinion, pris de court le pape Clément V, accabla l?honnête grand Maître de l?Ordre, Jacques de Molay. S?ensuivit une parodie de justice orchestrée par l?inquisition: accusations mensongères, lavages de cerveaux, séances de tortures savamment graduées. Lâchetés et actes d?héroïsme, trahisons et coups de théâtre se succédèrent jusqu?à la suppression du Temple et la mort sur le bûcher de Jacques de Molay en 1314. C?est ce mécanisme diabolique que GeorgesBordonove a mis à plat avec son talent de narrateur. Démontrant l?indigne falsification des chargespesant sur les inculpés, il laisse la vérité s?imposer d?elle-même qui plaide en faveur des victimesde la tragédie.