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Histoire de la modernité. Comment l'humanité pense son avenir
Attali Jacques
FLAMMARION
7,00 €
Épuisé
EAN :9782081357969
Penser la modernité, son histoire et son avenir, est d'une redoutable urgence. Penser son histoire permet de comprendre l'idée qu'une société, siècle après siècle, se fait de son futur, à travers son gouvernement, ses moeurs, son art, ses modes, ses utopies. Et penser son avenir, c'est imaginer l'idée qu'on se fera, à l'avenir, de l'avenir. Tâche particulièrement fascinante. Aujourd'hui, pour l'essentiel de la planète, la modernité, c'est l'Occident. Faut-il s'en réjouir ? Faut-il revenir aux conceptions antérieures de la modernité, qui ne voyaient l'avenir que dans l'espérance religieuse ? Ou faut-il faire fleurir les germes artistiques, scientifiques, culturels, politiques d'une nouvelle modernité, altruiste, une utopie modeste qui fera du bonheur de l'autre, en particulier de celui des générations à venir, la condition du nôtre ?"
On ne raconte jamais l'histoire des hommes vue de la mer. Et c'est pourtant là que l'essentiel se joue. C'est en lien avec la mer que se sont faites l'essentiel des innovations ayant bouleversé les sociétés humaines. C'est par la mer que circulent, depuis des millénaires, idées et marchandises. C'est en s'assurant le contrôle des océans que les empires se sont hissés au sommet de leurs ambitions. C'est quand ils perdent le contrôle des mers qu'ils déclinent. A l'avenir, c'est encore par et grâce à la mer que surgiront les plus grandes superpuissances. L'importance de la mer devrait donc s'imposer à nous, d'autant plus qu'on commence à comprendre son rôle écologique fondamental et la gravité des menaces qui risquent de la condamner à brève échéance. Nous devrions tout mettre en oeuvre pour la protéger. Pourtant, il n'en est rien. Que peut-on faire ? D'abord, raconter l'histoire de la mer depuis les premiers instants de l'univers jusqu'à après-demain, prendre conscience de son rôle dans la perpétuation de la vie et dans l'histoire de l'humanité. De ne plus être à son égard dans une attitude de consommateur, mais de partenaire, respectueux et émerveillé".
Né avec le siècle dans une très ancienne famille de banquiers juifs, Siegmund Warburg, à l'exemple de ses plus grands ancêtres, commence sa carrière comme banquier et conseiller du Prince en Allemagne. Dans les tourbillons de Weimar qui ruinent son père, il participe aux tortueux financements des réparations allemandes. Et lorsque l'économie de la dette laisse place à l'économie de la guerre, l'avènement de Hitler l'envoie à Londres, avec son nom pour tout capital. Il y fonde une petite société financière, y invente les modes de financement des Alliés en guerre, et contribue à briser ceux de l'Allemagne au moment où Hitler détruit, avec son peuple, la banque que sa famille a mis plus de deux siècles à bâtir. Après la guerre, tout recommence. Il relève le nom de la famille, crée à Londres sa propre banque, S. G. Warburg and Co. En vingt ans, il y devient de nouveau le premier banquier de la place, conseiller du Prince, et invente les principales techniques de la finance d'aujourd'hui, des offres publiques d'achat aux euro-émissions. Mais, également avant les autres, il voit se profiler l'impuissance de l'Europe, la rébellion du tiers monde, la montée du Japon et les difficultés d'Israël. Alors, guetteur devenu lui-même signe, sans le savoir peut-être, quarante ans presque jour pour jour après son premier exil, il quitte de nouveau un monde qui a fait sa fortune mais dont il sent venir la fin. Etrange destin d'un homme presque seul, dont l'obsession unique est de relever son nom et d'en prolonger l'influence, au coeur des principaux cyclones de ce siècle. Vigile d'un temps de barbarie, jamais résigné à sa défaite. Prince de la finance, aventurier du siècle, écouté des hommes de pouvoir sans jamais en être un lui-même, il a vécu une de ces très grandes vies à l'ombre desquelles rien ne pousse. Homme d'influence : ainsi aime-t-il à se vouloir lui-même, comme le Joseph des Ecritures et celui de Thomas Mann qu'il place plus haut que tout ; c'est-à-dire homme de séduction sur ces autres hommes qui prétendent, eux, avoir du pouvoir sur les choses. J. A.