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La muse irrégulière
Assis Pacheco ; De Carvalho max
CHANDEIGNE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782367322322
Ceux qui l'ont côtoyé sont unanimes : Fernando Assis Pacheco (1937-1995) était d'un naturel amical, fantasque et direct, dénué de prétention, capable d'enthousiasme jusqu'à l'exubérance, attentif et d'une jovialité communicative, lorsqu'il n'avait pas affaire à quelque pisse-copie dont il pouvait alors dire vertement qu'il écrivait "avec l'haleine de son c... ". Mais cette euphorie voilait un caractère profondément mélancolique, et sous la blague affleurait une sensibilité d'écorché. S'accordant mal avec les airs de componction en vigueur, Pacheco avait tout pour que certains naïfs ne le prissent pas au sérieux. Pittoresque à l'image de ces chemises hawaïennes inouïes qu'il affectionnait et qui fleurissaient sur lui l'été, "comme un touriste américain visitant les plages de l'Algarve", il aura déboulé dans le jeu de quilles culturel, faisant à l'improviste une entrée fracassante dans le magasin de porcelaines des Lettres.
Amour, tendresse, bienveillance. Sont des mots, des sens. Qu'on a tous à l'intérieur de nous. De gentillesse, laissons-les sortir du cœur. Ils grandiront, rayonneront à leur plein potentiel. Comme une fleur qui fleurit lors d'une journée de printemps". Ecrire ces poèmes a permis à mon coeur de s'ouvrir à l'amour. Au cours du processus d'écriture, la lumière vit peu à peu le jour. Envie de douceur et gloire dans votre coeur ? Suivez-moi tout au long de cet ouvrage et irradiez de joie et d'affection par votre coeur d'amour ; que le soleil brille en vous et illumine vos pas sur votre chemin de vie.
A Senaller, un village dont on ne peut que partir, la pluie ne tombe plus, elle demeure en suspens. Le fleuve est à sec, la sécheresse menace. Le village est-il la proie d'un châtiment divin ou des rejets de l'usine installée à proximité ? Devant l'impuissance des commandeurs des nuages et des villageois, la mère du narrateur décide de se rendre à l'usine... Devenu le complice malgré lui d'un terrible secret, l'enfant n'a pas d'autre choix que de protéger sa mère de la fureur paternelle. La présence aimante du grand-père est l'unique refuge de l'enfant. Afin que la pluie tombe à nouveau, la famille devra dérouler les fils de son histoire et revivre la légende des Ntoweni. Dans ce récit hanté par le conte, Mia Couto déploie toute sa puissance poétique et créatrice pour toucher au plus près la destinée des êtres dans un Mozambique encore à naître.
D'Olisipo, nom antique de la capitale lusitanienne, auquel succéda Al Usbûna, dénomination attribuée pendant quatre siècles de domination musulmane, en passant par les liens établis avec le Maroc dès le XVe siècle, c'est ce voyage sur le temps long que ce récit se propose de faire parcourir en révélant une relation tissée entre Lisbonne et la culture islamique restée méconnue. A travers des balades agrémentées de belles rencontres, ce livre exhume les traces de la culture luso-arabo-islamique présentes au coeur de la Lisbonne contemporaine, révélant ainsi des siècles d'influences réciproques. Les itinéraires proposés se fondent sur un vaste travail à caractère historique et anthropologique et présentent tout un pan du patrimoine immatériel intégré de façon inconsciente au quotidien des Portugais (gastronomie, littérature, musique, langue, etc). Faire découvrir les relations fécondes entre ces civilisations, sans mettre de côté les tensions ou les guerres, est le fil qui a guidé cette exploration et qui ravira tous ceux qui désirent connaître un aspect nouveau de la multiculturalité lisboète.
Carnet de mémoires coloniales est le récit biographique d'une enfance passée dans les temps troubles et violents du colonialisme. Isabela Figueiredo, née en 1963 dans un Mozambique encore sous domination lusitane, se souvient. Elle nous livre ses observations d'enfant et son histoire profondément liée à celle de son père, un être aimé et aimant qui est néanmoins l'archétype du colon raciste, sexiste et violent. La petite Isabela grandit dans une ambivalence brutale en relation à ce dernier, entre adoration et rejet. Il s'agit d'exposer une attitude, une posture qu'elle n'a jamais tolérée mais dont elle portera toujours le poids. Ce livre sonne comme une catharsis. Il est comme une lettre au père, comme le dévoilement douloureux, mais libérateur d'une impossible conciliation entre deux visions du monde. Carnet de mémoires coloniales est aussi le récit singulier d'une enfant en route vers l'adolescence qui découvre donc la vie, le désir et la sexualité, pleine d'une innocence curieuse, qui vivra seule l'expérience du rapatriement en 1975 en métropole. Comme les centaines de milliers de Portugais rentrés à cette époque, elle connaîtra le rejet et la honte due à sa condition de retornada. Son père, resté au Mozambique lui confie une mission : raconter ce qu'ils ont vécu. Elle le fait ici mais sans aucun ménagement pour les colons. Elle dit sa vérité brute, raconte l'injustice, l'illégitimité et la violence d'un tel système. Porté par une écriture crue et frontale, au rythme cadencé, ce point de vue offre une vision inédite de l'histoire portugaise et coloniale. Un texte bouleversant sur l'identité explosée.
En 1497, après une longue période de protection et de faste, les juifs portugais furent places face à une alternative cruelle: se convertir au christianisme, comme le voulait le roi dom Manuel, ou bien quitter secrètement le territoire du royaume. Cette date marque le début d'une histoire fascinante et double. D'un côté, l'histoire de la culture clandestine des marranes, sans cesse menacée par l'implacable et bureaucratique Inquisition, mais pourtant tenace, à tel point qu'on a pu en observer certaines survivances au XXe siècle dans des contrées reculées du pays. De l'autre, celle d'une diaspora éclatée aux quatre coins du monde, caractérisée par une homogénéité remarquable et cultivant une nostalgie étrange envers une patrie lointaine et irréversiblement disparue. L'avers et le revers d'une histoire confisquée, qui s'est prolongée durant plus de trois siècles, jusqu'à ce que la révolution libérale de 1820 permette à quelques petites communautés de revenir s'installer au Portugal. L'histoire des juifs portugais est celle d'un entêtement. Elle montre comment s'est construite et perpétuée l'identité d'une nation, en dépit des atteintes successives portées à sa religion, à son territoire, a sa langue et à ses traditions. Une nation dont les enfants se sont appelés Samuel Usque, Pedro Nunes. Baruch Spinoza, David Ricardo ou, plus près de nous, Pierre Mendès France et qui, avant l'émergence du nationalisme moderne, incarne l'une des plus étonnantes "victoires de l'histoire sur la géographie". Ce livre, d'une lecture aisée, en donne pour la première fois un aperçu d'ensemble.