Face à une crise, la réponse de la société est souvent binaire. Pour certains, il n'y a pas de solution miracle sans l'intervention de l'Etat, à l'origine de tous les bienfaits et de tous les maux perçus par la population. Pour d'autres, au contraire, l'Etat doit s'effacer derrière le marché pour résoudre avec efficacité les problèmes, en libérant les énergies dans la concurrence. Au-delà des débats stériles pour savoir s'il faut plus d'encadrement, ou davantage de laisser-faire, nous considérons que la société évolue inexorablement vers une troisième voie, celle de la collaboration dans les réseaux de confiance. Les réseaux s'imposent comme un nouveau mode de communication, de socialisation, et d'éducation, capable de créer et de répartir les richesses en dehors des règles du marché. Sous certaines conditions, ils offrent un cadre plus efficace que celui de l'Etat, pour défendre l'intérêt général à l'échelle des territoires ou des communautés d'individus. En empruntant la voie des réseaux, il est ainsi possible de réconcilier liberté et solidarité, de manière à sortir de l'impasse idéologique dans l'affrontement stérile entre l'Etat et le marché. Le livre apporte des réponses, sur la crise d'autorité, sur la faillite des corps intermédiaires, sur la démission du pouvoir, dans une société de plus en plus horizontale, en décalage avec la verticalité des institutions. Faut-il continuer à réglementer sans se soucier de la liberté ? Quelle est la place de la confiance par rapport au contrôle ? Pourquoi est-il nécessaire de collaborer dans une société individualiste ? Le livre répond à ces problèmes d'actualité.
Assens Christophe ; Juillet Alain ; Lacoste Pierre
Sous sa forme idéale, le réseau est une école de la démocratie où les cadres et agents publics ont la possibilité de décider dans la concertation, en pratiquant un management participatif. Néanmoins l?essor des réseaux n?est pas sans risque : l?effet club peut masquer la défense d?intérêts corporatistes, ayant une influence parfois excessive dans le débat public. La parole est ici donnée à des auteurs qualifiés dans leur domaine d?expertise (santé, gestion, économie, droit, éducation, urbanisme?), qui par leurs regards croisés viennent alimenter la réflexion sur les réseaux en management public, dépasser les effets "club" afin de mieux servir l?intérêt général et rendre l?action publique plus efficace.
Résumé : Sous le titre L'innocence du Sujet sont réunis une série de textes qui sont autant de commentaires, de réflexions intimes sur chacun des arcanes majeurs constituant l'essentiel du Tarot de Marseille. Il ne s'agit pas en effet d'un livre d'introduction à la symbolique des 22 arcanes mais de l'évocation d'une expérience métaphysique, d'un chemin singulier transcrit dans un langage psychologique et philosophique où transparaît, en, permanence l'émotion que suscite la découverte de l'humain au plus profond de l'homme. Pourquoi et comment l'homme s'imagine ? D'entrée la question est posée. L'approche de ces textes n'est pas évidente ; leur entendement n'est pas immédiat ; ils supposent une certaine connaissance des processus inconscients, de la perspective christique du Sujet et, cela va sans dire, de la symbolique alchimique. L'auteur n'a pas souhaité voir figurer en regard des textes les 22 images archétypales correspondantes comme si cette absence, ce retrait volontaire, portait en soi le sens de la quête ; comme si le Voir naissait de la vacuité que crée le visible quand il se dérobe.
Face à la guerre économique et à la rivalité technologique qui redessinent les rapports de force mondiaux, l'influence est devenue l'arme suprême des puissances. Derrière la conquête de l'intelligence artificielle, de la donnée et des réseaux sociaux, se joue une bataille décisive : celle de la souveraineté. La France, prise dans ce maillage global, voit son autonomie stratégique vaciller. Des premières formes d'organisation collective aux écosystèmes numériques contemporains, cet ouvrage retrace la longue évolution de la logique des réseaux : d'outils de coopération, ils sont devenus instruments d'ingérence, de manipulation et de domination. Ce glissement silencieux bouleverse nos institutions, fragilise la confiance et menace la cohésion nationale. Sous les apparences de la modernité, une guerre invisible s'étend. Ce livre décrypte les ressorts de cette influence diffuse qui modèle nos choix, nos comportements et nos convictions, et appelle à une reconquête de la lucidité et de la liberté de penser.
Comment sortir de la crise politique, morale et économique, qui sème le doute sur la pérennité du capitalisme? A une période de grands bouleversements où la finance sert de dogme pour la performance, où l entreprise perd ses points de repère, où les pouvoirs publics n ont plus de marge de manoeuvre, il est temps de réfléchir à un nouveau pacte social dans l économie de marché. Est-il possible d adopter des comportements moins individualistes, pour produire des richesses? La cohésion sociale peut être préservée dans l entreprise par une gouvernance plus démocratique, dans des territoires à taille humaine, en multipliant les collaborations de proximité. Consacré au management des réseaux, cet ouvrage apporte des éclairages sur ces initiatives. Il établit les contours d un nouveau modèle de capitalisme plus respectueux de l aspiration sociale, sans tomber dans l utopie communautariste. Il explique comment entretenir la croissance économique, en réconciliant les enjeux financiers avec le besoin de reconnaissance sociale. Rédigé dans une forme accessible, l'ouvrage est destiné à un large public de managers, de professionnels, de consultants, d'enseignants-chercheurs et d'étudiants.
L'armée appartient-elle au peuple ou est-ce le peuple qui appartient à l'armée ? " Comment l'Algérie qui a défié la puissance coloniale française a-t-elle pu sombrer dans le chaos des années 1990 ? Pour répondre à cette question, il faut remonter le temps pour situer la dérive : celle de la primauté du militaire sur le politique et la confiscation de l'indépendance par l'armée des frontières. Le coup d'Etat contre le GPRA, durant l'été 1962, ouvre une série de violences dont a été victime la volonté populaire et la véritable légitimité historique. L'armée des frontières, qui prendra le pouvoir, étouffe alors la vie politique, fait taire les divergences, écarte les récalcitrants et élimine les opposants. C'est ainsi que les véritables héros de la Révolution algérienne seront emprisonnés, exilés ou assassinés. Leurs noms seront bannis de l'histoire officielle, laquelle sera dédiée à la gloire des nouveaux maîtres d'Alger. Mais la société évolue et les contradictions feront éclater le vernis qui cachait la triste réalité algérienne. Le modèle socio-économique et politique n'arrivait plus à contenir les aspirations des masses à plus d'égalité, de liberté et de bien-être social et implosera en octobre 1988. La révolte du peuple sera détournée à des fins de luttes de clans et de recomposition du régime, au prix de répression et de privation. Le noyau dur du système, l'armée, fera sombrer le pays dans le chaos et la guerre civile. C'est désarmé et résigné que le peuple assiste le 29 juin 1992 à l'exécution en direct, sur la télévision, du président Mohamed Boudiaf, l'un des pères de la révolution algérienne. Cet assassinat politique finira par enlever tout crédit à l'armée qui prétendait sauver le pays du projet moyenâgeux des islamistes et plongera le pays dans l'épisode le plus sombre de son histoire contemporaine. Après une décennie de guerre civile s'ensuivront les 20 ans de malédiction de Bouteflika dont la fin de règne inaugure une nouvelle confrontation entre le peuple et l'armée, incarnée par Ahmed Gaïd Salah, un rôle difficile à tenir pour "un héritier par défaut" du "Système".
Sommes-nous vraiment en guerre contre le terrorisme ? La question mérite non seulement d'être posée d'un point de vue opérationnel mais aussi politique. Si la réponse est oui, encore faut-il préciser de quelle sorte de guerre il s'agit, et si la réponse est non, il importe de déterminer pourquoi nos gouvernements successifs l'affirment. Finalement, il semblerait bien que nous n'ayons guère de stratégie dans la lutte contre le terrorisme. Or, faute de stratégie globale et complètement adaptée à une situation sans précédent, cette "guerre d'un nouveau genre" ne peut être gagnée. Face à la confusion générale sur le sujet, la thèse des deux auteurs de ce livre est que le concept de "guerre au terrorisme" est par nature porteur de son propre échec. Il nous empêche en réalité de comprendre la nature exacte du terrorisme islamiste et de saisir que le salafisme est le carburant du djihadisme. Au bout du compte, dans chacun des camps, il s'agit d'une guerre de l'information, maniant les messages idéologiques, les mots, les perceptions et les images, d'un combat dont les champs de bataille sont les esprits...
En finir avec la monnaie CFA est un désir de plus en plus vivace en Afrique francophone. On assiste aujourd'hui à une véritable sédition monétaire. Une révolte populaire où le passionnel, sinon l'irrationnel l'emporte sur l'analyse avantages-coûts de la monnaie CFA. Sans que nul ne sache par ailleurs, comment quitter le Franc CFA. Cet ouvrage apporte au continent africain dans son ensemble, le modus operandi d'une monnaie commune africaine, fonctionnant comme monnaie unique vis-à-vis du reste du monde. La monnaie unique africaine ici présentée est donc un objet monétaire tout à fait neuf, dans le système monétaire international. Une fois mise en uvre par les Afriques anglophones, lusophones, etc., elle agira comme un pôle magnétique qui videra la zone Franc de ses membres. Il est aujourd'hui difficile de quitter le franc CFA, en solo ou à l'échelle des 15 pays concernés, parce qu'il n'existe pas d'alternative. Lorsque la monnaie unique africaine existera comme rival systémique du Franc CFA sur le continent, l'Afrique francophone va enfin réussir à saborder la dernière monnaie coloniale au monde. Sans la peur du saut dans l'inconnu ; le vertige du saut dans le vide.
Les Trente Honteuses" sont l'histoire des relations entre la France, Israël et le Liban, durant une période qui s'étend de la fin de la guerre d'Algérie (1962) à la fin de la guerre civile libanaise (1990). Mais elles sont aussi, l'histoire des trente années qui ont finalement creusé le tombeau de l'influence française dans le monde arabo-musulman en général. Issu d'une thèse universitaire soutenue en 2015 à l'IREMAM (Institut de Recherches et d'Etudes sur les Mondes arabes et musulmans) d'Aix Marseille Université, il est le premier ouvrage d'un spécialiste qui mette en perspective la politique arabe de la France et les relations franco-israéliennes notamment au travers de la guerre du Liban (1975-1990). Avec une préface d'Alain Chouet, ancien chef du Service de renseignement de sécurité de la DGSE.