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A fleur de peau. Médecins, tatouages et tatoués (1880-1910)
Artières Philippe
ALLIA
6,20 €
Épuisé
EAN :9782844858566
En 1881, le professeur Lacassagne réalisait une enquête consistant à relever et classer les tatouages sur des criminels. Ce document précieux constitue la seule trace qui nous reste de cet art de l'éphémère. Le tatouage, c'est l'autobiographie de ceux qui ne savent pas écrire : première femme aimée, amant disparu, mère adorée, tous se retrouvent inscrits, à fleur de peau. La présente anthologie, présentée par Philippe Artières, offre l'enquête du professeur Lacassagne proprement dite, qui constitue une véritable typologie des différentes sortes de tatouages (soldats, prisonniers, marins, prostituées, etc.), accompagnée de remarques sur les individus qui les arborent, ainsi que plusieurs "vies de tatoués", où l'on apprend les péripéties, le plus souvent criminelles qui se rattachent à ces inscriptions, et enfin la reproduction d'une cinquantaine de tatouages choisis parmi les plus extraordinaires.
Résumé : " Je crois que la normalisation, les normalisations disciplinaires viennent buter de plus en plus contre le système juridique de la souveraineté et que de plus en plus nettement apparaît l'incompatibilité des unes et de l'autre ; de plus en plus est nécessaire une sorte de discours arbitre, une sorte de pouvoir et de savoir que sa sacralisation scientifique rendrait neutre. C'est précisément du côté de l'extension de la médecine que l'on voit en quelque sorte, je ne veux pas dire se combiner, mais s'échanger ou s'affronter perpétuellement la mécanique de la discipline et le principe du droit. Le développement de la médecine, la médicalisation générale du comportement, des conduites, des discours, des désirs, tout cela se fait sur le front où viennent se rencontrer les deux nappes hétérogènes de la discipline et de la souveraineté ". Michel Foucault, " Il faut défendre la société " Cours au Collège de France (1975-1976), Paris, Hautes Etudes, Gallimard / Seuil, 1997. Ce volume est né du colloque " Michel Foucault et la médecine ", organisé, sous la direction de Philippe Artières et Emmanuel da Silva, par le Centre Michel Foucault et l'Institut Mémoires de l'Edition Contemporaine (IMEC) à l'Abbaye d'Ardenne en avril 1999. Il comprend les contributions de Jean Allouch, Bernard Andrieu, Bérenger Cabestan, Adrienne Chambon, Frédéric Chauvaud, Anne Golse, Jurandir Freire Costa, Frédéric Gros, David Horn, Osanu Kanamori, Jean-François Laé, Jacques Lagrange, Guillaume Leblanc, Warren Montag, Frédérico Vasquez Garcia.
Résumé : Février 1971 : des intellectuels dont Michel Foucault, Daniel Defert, Pierre Vidal-Naquet, Gilles Deleuze, fondent le Groupe d'Information sur les prisons pour s'attaquer aux "barreaux du silence". Deux années durant, le GIP a rassemblé magistrats, journalistes, médecins, travailleurs sociaux, détenus, ex-détenus, familles autour d'une volonté commune d'"intolérance active" contre l'intolérable : l'univers carcéral où vivaient alors 20 000 détenus de droit commun. Avant sa dissolution en 1973, cinq brochures du GIP ont paru ; elles restituent la parole brute des prisonniers sans la filtrer, la déformer ni la monopoliser et racontent cette aventure collective au jour le jour. Des textes anonymes où l'on voit des invisibles sortir de l'ombre et s'inventer comme force politique.
Qu'est-ce que faire de l'histoire ? Comment naissent et se construisent les projets de recherches ? Pourquoi décider d'enquêter sur un événement, une pratique, un lieu ? Qu'est-ce qui nourrit le besoin de consacrer du temps et de l'énergie à une question relative au passé ?.... En dévoilant ses Rêves d'histoire, Philippe Artières nous invite dans les coulisses de la discipline historique, à la genèse et au coeur du travail de l'historien. Ces rêves (d'une histoire de la ceinture, de l'anonymat, de la cloison, de l'imposture, des ratages, des routes et des déviations...) sont autant d'expériences qui dessinent une géographie historique inédite. La réflexion, ici, est affaire de plaisir, elle irrigue toutes les pages, déborde d'érudition, de surprises et de rebondissements. Il s'agit pour Philippe Artières d'accorder de l'importance à ce qui est minoré et fragile, de laisser leur part aux doutes, aux dérives, aux déplacements... Il s'agit aussi de faire se télescoper pratiques et disciplines, d'inviter dans la danse celles qu'on n'attendait pas : philosophie, sociologie, cinéma, art, littérature... Enfin, ces Rêves d'histoire témoignent d'une attention particulière au présent et d'une volonté d'inscrire la discipline historique au centre des préoccupations contemporaines. Il y a là un enjeu politique majeur : renouer, face à l'injonction au " devoir de mémoire " et dans le contexte d'un fort recul de l'histoire, avec une pensée critique de ce qui est en train de se passer. " Rêver n'est pas renoncer, bien au contraire. "
Prendre au sérieux l'idée de contemporanéité, faire se télescoper ce qui coexista et se risquer à produire un collage qui donnerait à voir, en un même livre, les écrits d'une carmélite et ceux de criminels, en un même chapitre les lettres de menaces envoyées par d'anonymes anarchistes et les lettres d'intercession écrites au front par les poilus, en une même page les commentaires des théologiens et ceux des graphologues de l'affaire Dreyfus. Produire par ce montage une biographie collective d'un moment de notre histoire sociale et politique. Laïciser Thérèse pour montrer qu'elle fut certes la fille de saint Jean de la Croix et Thérèse d'Avila, mais également, le fruit de la société française des lendemains de la Commune, le véritable monument de papier de la IIIe République. En suivant Thérèse au fil de ses petits papiers, c'est une vie de rien qui se dévoile, une existence comme en dehors de l'histoire et qui pourtant va s'y inscrire par l'écriture. Là est sans doute le plus remarquable à plus d'un siècle de distance: l'extraordinaire destin de la figure de Thérèse Martin ne tient pas dans son exceptionnalité mais dans son caractère profondément ordinaire; elle apparaît comme une passionnante figure pour comprendre l'histoire de l'écriture depuis les années 1880 jusqu'à aujourd'hui. C'est une plongée au milieu des archives minuscules, dans les boucles de l'écriture de la jeune carmélite morte en 1897 que l'ouvrage nous propose, dressant un portrait polyphonique de la petite sainte.
Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.
La Chine est de plus en plus présente dans le monde, mais elle en est en même temps comme absente. Nous n'entendons pas sa voix. Jean François Billeter
Résumé : Nous avons perdu notre foyer, c'est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne. Nous avons perdu notre travail, c'est-à-dire l'assurance d'être de quelque utilité en ce monde. Nous avons perdu notre langue, c'est-à-dire le naturel de nos réactions, la simplicité de nos gestes, l'expression spontanée de nos sentiments. Hannah Arendt.